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Les sages

Mario Martel : Grand chef d’entreprise

 
13 février 2020 | Par Marie-Ève Garon

Mario Martel entre dans le café de la basse-ville de Québec et rend tout de suite l’espace lumineux. Une poignée de main franche. Les yeux rieurs d’un gamin. Cette rencontre promet d’être des plus intéressantes.

Du métier de chef à celui d’entrepreneur, l’homme dans la cinquantaine a tracé lui-même sa voie, toujours guidé par ses valeurs. « J’ai fait des choix, parfois déchirants, mais jamais au détriment de ma famille. » Aujourd’hui, il regarde son fils Simon suivre ses pas et ressent une immense fierté. Envers ce talentueux rejeton, bien sûr, mais également envers cette relève culinaire qui, à ses yeux, déborde de talent. « Si on ne devait retenir qu’une seule chose de notre entretien, je voudrais que ce soit celle-ci ! »

Après sa formation à l’École hôtelière de Charlesbourg, Mario Martel devient cuisinier. « Mon but était de toucher à toutes les sphères que le métier pouvait m’apporter. » Dans la vingtaine, ses expériences l’amènent à endosser le titre de chef, notamment au Saint-Honoré, aux côtés de la famille Germain, où il obtient la reconnaissance du milieu et une certaine notoriété. « Cet établissement m’a permis de voyager, de participer à de nombreux concours et de gagner des prix. » Mais Mario Martel rêve de voler de ses propres ailes et d’ouvrir son restaurant bien à lui. Et le Melrose voit le jour.

Rapidement, l’enseigne gastronomique se démarque, et la carrière de Mario Martel progresse à vive allure. En ce début de décennie 90, il contribue également, avec un groupe d’associés dont fait partie Sylvain Boudreau, à la mise sur pied du bistro Le Galopin. « Il y avait du talent dans cette équipe-là ; c’était extraordinaire ! » glisse-t-il avec un enthousiasme contagieux. L’ambition de devenir homme d’affaires fait son chemin lorsque l’occasion de développer un service de traiteur se présente. « Ce fut le début des soupers-croisières sur le Louis Jolliet. Nous nous sommes retrouvés avec près de 80 employés au total. » En 1992, alors qu’il est nommé chef de l’année par la Société des chefs, cuisiniers et pâtissiers du Québec (SCCPQ), l’ascension de sa vie professionnelle coïncide avec la naissance de ses enfants. Le temps est venu de faire des choix.

DÉCIDER D’ÊTRE HEUREUX

Entre 1998 et 2000, Mario Martel devient chef exécutif de l’hôtel Le Concorde. « Bien que j’aie décidé de ralentir, je me suis retrouvé à être autant, sinon plus, occupé que lorsque j’étais chef-propriétaire ! » Aussi difficile qu’elle puisse être, la décision s’impose alors de quitter le domaine de la restauration. « J’avais le sentiment de trahir mon industrie, mais je sentais que ma mission était ailleurs. »

À travers cette passionnante trajectoire, le natif de L’Ancienne-Lorette avait su développer des aptitudes de communicateur à la radio et à la télévision ; il allait désormais pouvoir les mettre à profit. « Comme j’étais assez populaire dans les médias, j’ai profité de cette tribune pour publier un livre : Ma cuisine, un monde à partager. J’en ai vendu plus de 10 000 exemplaires ! » Sans trop s’en rendre compte, il avait cumulé l’expertise nécessaire pour communiquer son savoir-faire. « J’ai lancé l’Entrepreneurchefs, une société qui se spécialise, notamment, dans le développement alimentaire et stratégique. Je suis devenu chef consultant et, rapidement, j’ai été approché par la bannière Metro GP. Tout le bagage que j’avais acquis en restauration, je l’ai insufflé dans le marché de détail, qui était complètement à redéfinir. » Ce mandat de six mois aura finalement duré 13 ans.

Aujourd’hui encore, Mario Martel continue de venir en aide aux entreprises, qui « en ont malheureusement de plus en plus besoin ». Mais, répète-t-il, un problème doit être vu comme une occasion de changement, de faire les choses différemment. « Ça prend absolument de l’engouement, ça prend une certaine passion pour ce métier. Si on les perd, il faut modifier la dynamique afin de retrouver le plaisir de travailler. Pour moi, c’est vital. »

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