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Les bâtisseurs

Amélie Leduc Dauphinais : Mission connexion

 
12 février 2020 | Par Pierre-Alain Belpaire

« La bonne personne pour continuer à faire grandir le réseau. » En novembre dernier, pour annoncer officiellement l’entrée en fonction de la nouvelle directrice générale d’Ôrigine artisans hôteliers, David Cloutier, président du conseil d’administration du réseau et copropriétaire de l’Auberge des Falaises, a opté pour cette formulation, aussi courte que limpide, pour présenter Amélie Leduc Dauphinais et la tâche qui lui était confiée. Derrière ces quelques mots se cachent de multiples chantiers et de complexes défis. Et la mission, d’apparence simple, s’avère en réalité titanesque.

Diplômée en communication et marketing, Amélie Leduc Dauphinais, « banlieusarde » autodéclarée, originaire de la grande région de Montréal, rêvait depuis toujours de travailler dans le milieu hôtelier ou dans l’industrie touristique. « J’avais de l’ambition, de l’intérêt, mais pas la formation adéquate », précise-t-elle. C’est donc du côté de l’événementiel et dans le monde de la communication qu’elle fourbit ses armes. Après avoir accepté et réalisé divers mandats, elle se joint à l’équipe des ventes et des congrès du groupe Les Affaires. « Mon secteur d’activité était le tourisme. C’est là que j’ai véritablement appris à connaître ce milieu. Et mon réseau de contacts s’est rapidement élargi. »

Un matin, elle tombe sur une annonce qui retient son attention. Un poste de responsable marketing est vacant au sein d’Hôtellerie Champêtre. La jeune femme de carrière y voit l’occasion de conjuguer sa formation et sa passion. « Lorsque Pierre Lalumière m’a engagée, j’avais beaucoup d’attentes : depuis, elles ont été largement dépassées », confie-t-elle. Quatre années ont passé et, après avoir brièvement assuré l’intérim après le départ de Benoît Pigeon, Amélie Leduc Dauphinais revêt désormais un nouveau costume, celui de directrice générale du réseau d’hôteliers québécois indépendants. « J’adore mon travail et j’espère que mon enthousiasme sera contagieux », avance-t-elle.

QUANTITÉ ET QUALITÉ

Et de l’enthousiasme, il en faudra à ses troupes pour relever les défis qui les attendent. À l’aube de son trentième anniversaire, le regroupement hôtelier devra, en premier lieu, accroître sa notoriété et améliorer sa visibilité. S’il a par exemple changé de nom voici déjà plus de deux ans, on doit encore aujourd’hui préciser « dans de trop nombreux cas » qu’il s’agit de l’ancienne bannière Hôtellerie Champêtre, reconnaît la dirigeante. Plusieurs hôtels membres du réseau jouissent en outre d’une plus grande notoriété que le groupe lui-même. Malgré son expertise en matière d’image et de communication, Amélie Leduc Dauphinais admet qu’il n’existe malheureusement pas de solution miracle et que cette quête de reconnaissance et de popularité pourrait prendre plusieurs années. « En renforçant la fierté de nos membres, en augmentant leur nombre, on aura plus de poids », espère celle qui confie, dans un souffle, rêver du jour où flottera un drapeau aux couleurs d’Ôrigine à l’entrée des établissements du réseau.

Pour doper son influence, le regroupement devrait donc croître. Mais pas question, prévient la directrice, de privilégier la quantité au détriment de la qualité ! « Il faudra trouver le bon équilibre entre ces deux critères, précise-t-elle. Les hôtels membres d’Ôrigine sont fiers des hauts standards qui sont les nôtres, et on ne peut pas diminuer nos attentes en matière de qualité. Nous devons continuer à viser des établissements qui se distinguent par leur architecture, leur concept, leur mentalité... Nous pourrions peut-être aller vers plus de variété, en nous tournant par exemple davantage vers les pôles urbains. » Certaines régions du Québec, dans lesquelles la coopérative est pour l’heure absente ou discrète, constitueront également des cibles privilégiées. Bien qu’elle se refuse à définir un échéancier, Amélie Leduc Dauphinais confie que, lors d’un récent exercice comptable, l’objectif de 50 établissements a été avancé, soit le double de ce que compte actuellement le réseau. « Ce serait un beau chiffre. Le pari est grand, mais on ne veut pas brusquer les choses. On souhaite y aller progressivement. »

ESPRIT DE FAMILLE

Services marketing, visibilité accrue, achats groupés... en adhérant à Ôrigine, les hôteliers sont assurés de bénéficier de divers avantages. Mais si elle souhaite attirer de nouveaux éléments, la dirigeante de 33 ans sait qu’elle devra leur promettre plus, leur donner plus. « Je voudrais par exemple que notre plateforme numérique soit plus performante sur le plan des réservations en ligne, illustre-t-elle. Je dois convaincre les professionnels que, en devenant membres, ils auront l’occasion d’aller chercher une clientèle qu’ils n’auraient pu obtenir d’une autre manière. Il faut que les hôteliers rentabilisent leur intégration au réseau. Le rendement financier, les bénéfices, ça reste le nerf de la guerre... »

En Europe, le réseau Logis, qui rassemble quelque 2 300 établissements indépendants, se heurte aux mêmes obstacles, relève les mêmes défis. « Mais on est là dans une autre dimension : la structure, le poids, l’influence, il les a ! » glisse, admirative, Amélie Leduc Dauphinais. Pour apprendre de ce géant, Ôrigine a décidé de collaborer avec lui. Les détails en vue d’un partenariat devraient ainsi être prochainement finalisés.

En se rapprochant de son imposant homologue du Vieux Continent, le jeune acteur québécois pourra observer comment il s’y est pris pour rassembler autant d’indépendants autour d’un projet commun et pour jongler en permanence entre la défense des intérêts collectifs et la protection du caractère unique et authentique de chacun de ses membres. « Il faut leur laisser leur indépendance tout en consolidant l’esprit de groupe, résume la directrice générale. C’est un équilibre très délicat. »

Pour remplir son contrat, Amélie Leduc Dauphinais répète à l’envi qu’elle n’est pas seule et qu’elle pourra compter sur une petite mais efficace équipe. Et pour renforcer et mobiliser tous les acteurs du réseau, elle a entrepris de tous les visiter, de tous les rencontrer. « Disons que mon kilométrage se fait aller ces temps-ci... »

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