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Les bâtisseurs

Mélissa Laflamme : Les têtes hautes

 
10 février 2020 | Par Marie-Ève Garon

Lorsque Mélissa Laflamme a choisi le métier d’enseignante au primaire, c’est d’abord et avant tout parce qu’elle croyait au potentiel de l’être humain. De l’enfance jusqu’à l’âge adulte. Encore aujourd’hui, celle qui occupe depuis près de six ans le poste de directrice générale du Centre de formation professionnelle Fierbourg souhaite donner, à chaque personne, la chance d’exploiter ses forces et d’en être fière.

« En formation professionnelle, ce qui s’avère merveilleux, c’est qu’on travaille avec des adultes de tous horizons, mentionne-t-elle avec cet aplomb réservé à ceux qui incarnent leurs convictions. Des adultes parfois très motivés et engagés dans leur démarche, mais d’autres fois avec une estime d’eux-mêmes fragilisée. » Si la dirigeante endosse sa mission avec autant de volonté, c’est qu’elle espère, quelque part, les aider à devenir de meilleurs citoyens, plus actifs et responsables, qui contribueront au monde de demain. « Être en mesure d’avoir un impact dans la vie des étudiants dans un si court laps de temps : je crois que c’est pour ça que je me lève chaque matin. »

La femme de défis ajoute du même souffle que son implication auprès des élèves, afin qu’ils soient mieux qualifiés et qu’ils se sentent davantage engagés dans leur parcours, est un aspect de son métier qui l’anime profondément. « J’ai besoin de sentir que je contribue à quelque chose qui a des répercussions dans la société. »

Et pour motiver la relève, l’École hôtelière Fierbourg s’est réinventée. En signant un partenariat avec le groupe Restos Plaisirs, en se dotant d’une remorque de cuisine de rue, en étant parmi les premiers à insister sur l’importance de découvrir la réalité du terrain ou encore en invitant des personnalités de l’industrie, comme François Blais (Bistro B), à se joindre à l’équipe professorale, l’institution a osé. Et malgré sa grande modestie, Mélissa Laflamme reconnaît que son école a fait preuve d’audace afin de pallier les conséquences du plein emploi ou la diminution des effectifs dans les classes. « L’attraction et la rétention des élèves et du personnel sont des défis particulièrement importants. Nous devons toujours continuer de trouver des solutions tangibles et des pistes d’action afin de rendre notre milieu plus attractif. »

Selon la directrice, le partenariat entre l’institutionnel et les entreprises devrait être encore plus solide qu’il ne l’est déjà pour que la relève étudiante développe un réel sentiment de fierté et d’appartenance par rapport aux métiers de l’hôtellerie-restauration.

UNE CULTURE DE COLLABORATION

Au fil des ans, sous la houlette de sa dynamique directrice, Fierbourg s’est adaptée à l’évolution du marché du travail en priorisant les projets ancrés dans la réalité. « Notre volonté de nous outiller des nouvelles technologies nous a par exemple obligés à revoir tout le volet technopédagogique. Mais une telle mise à jour ne se réalise pas toute seule. Bien au contraire ! » précise la gestionnaire, qui accorde une grande part du mérite à son équipe. Ses troupes ont accepté de réfléchir et de s’investir afin de ne pas être « en résistance au changement » et pour trouver la meilleure approche qui soit, tant pour l’entreprise et l’institution que pour l’étudiant. « Chacun doit parvenir à faire des gains - surtout l’élève, poursuit Mélissa Laflamme. Celui-ci doit rapidement sentir qu’il peut valider son choix, voir ce qui le passionne et s’il se sentira bien dans ce milieu et pourra y évoluer. »

Si elle devait refaire les choses, Mélissa Laflamme emprunterait la même voie. Elle reste persuadée que la restauration et l’hôtellerie constituent l’un des domaines les plus intéressants sur le plan des perspectives de carrière. « Par contre, ce n’est pas encore suffisamment mis en valeur, notamment dans le cadre de la formation. Si on avait davantage de contacts avec le collégial afin que l’étudiant envisage tout de suite les possibilités de carrière qui s’offrent à lui, on l’inspirerait certainement davantage. »

En 2020, conclut-elle, la meilleure façon d’être heureux dans son métier, c’est d’être fier de soi et de ce qu’on accomplit, et de trouver une entreprise qui partage les mêmes valeurs. « C’est là qu’on découvre le véritable bonheur au travail ! »

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