keyboard_arrow_up
 

Les bâtisseurs

Richard Scofield : À ailes déployées

 
14 février 2020 | Par Marie-Ève Garon

Discuter avec Richard Scofield, c’est réaliser pleinement la place que peut occuper la restauration dans la vie et la trajectoire d’un véritable passionné.

« Je suis né dans une famille de restaurateurs. À 24 ans, j’achetais ma première franchise de Pizzédélic », confie celui qui a grandi dans la métropole. Même si l’expérience ne s’avère pas des plus concluantes, le jeune homme persévère dans cette voie jusqu’à ce qu’il ressente le besoin d’expérimenter autre chose. « La chaîne Pizzédélic éprouvait beaucoup de difficultés à cette époque-là. Comme ça ne s’est pas très bien terminé, j’ai choisi de quitter complètement ce domaine pendant quelques années, pour aller vers un autre secteur. »

C’est par l’entremise d’une petite annonce que le futur gestionnaire renouera avec le milieu. En 2004, au début de la trentaine, il se joint en effet aux Rôtisseries St-Hubert, comme directeur général d’une succursale. « Il s’agissait d’un restaurant express corporatif, précise-t-il. Rapidement, la direction m’a approché pour que je dirige un deuxième établissement. » Dès lors, tout s’enchaîne. Et l’ascension de Richard Scofield au sein du Groupe St-Hubert s’avérera pour le moins fulgurante. L’année suivante, on lui confie un territoire, puis il est nommé responsable du concept « express ». Plus tard, il devient directeur des opérations des franchises. « C’est là que je suis passé du côté des restaurants avec service. » En 2011, on lui offre le poste de vice-président des opérations. Et quatre ans plus tard, il atteint les sommets et s’installe dans le siège de président de la division Restauration du Groupe.

L’OCCASION DE VOIR GRAND

Avec le recul, le dirigeant constate que son succès, bien qu’il ne l’ait guère anticipé, en est un de persévérance, d’écoute et d’ouverture. « Il est important de s’entourer des bonnes personnes, de les laisser prendre leur place et faire ce dans quoi elles excellent. On doit aussi être capable de remettre en question son propre travail, poursuit-il. Il faut toujours penser plus loin et envisager différemment des solutions, plutôt que d’accepter le statu quo ou de trouver des excuses quand ça ne fonctionne pas. »

S’il est convaincu que « sa » bannière, pour laquelle il éprouve une grande fierté, doit continuer de miser sur ses produits emblématiques, Richard Scofield demeure un gestionnaire qui n’a pas froid aux yeux. Le décideur croit en l’importance d’innover et de se réinventer tout en restant fidèle à son identité. « On ne s’est jamais positionné comme une marque pour laquelle le prix représente le facteur numéro un ; c’est davantage la valeur du produit qui prime. Par exemple, quand on a voulu développer l’offre de homard, il y a quelques années, j’ai dit à mon équipe R&D : "Ne m’arrivez pas avec un plat à 13 $, parce que ce ne sera pas bon !" On a finalement lancé un produit autour de 18 $. » Malgré énormément de réticence, notamment dans les rangs des franchisés, la réussite a été immédiate. « En quelques jours à peine, on a été en rupture de stock. » Mais pour Richard Scofield, pas question de s’enorgueillir de ces victoires. Le dirigeant estime que, quand la qualité est là et que le produit est bon, le prix devient secondaire. « Par contre, le client doit toujours en avoir pour son argent. La fidélité à une marque est si difficile à créer, aujourd’hui ! »

UNE NOUVELLE ÈRE

Bien qu’il demeure optimiste envers cette industrie qui traverse de fortes turbulences en matière de main-d’oeuvre, le président se dit très préoccupé. La solution, glisse-t-il, c’est de tenter de saisir ce qui motive les employés d’aujourd’hui, au-delà de la question financière. « La difficulté réside dans le fait de vouloir comprendre les nouveaux besoins des employés avec des gestionnaires qui n’ont pas été formés pour ça. À partir de maintenant, il faut penser et agir différemment ! »

Et ces nombreux défis, c’est dans un nouveau costume que Richard Scofield les relèvera, lui qui a accepté le poste de président du Groupe St-Hubert, occupé auparavant par Pierre Rivard. « Le rôle que j’endosserai au cours des prochaines années sera de m’assurer que St-Hubert ne change pas, pour qu’on n’oublie jamais d’où on vient. C’est difficile d’entrer dans la famille, mais une fois que tu y es, c’est pour longtemps ! »

© HRI 2012-2020 Tous droits réservés.
HRImag est un média francophone (site Web et magazine papier) qui offre de l'information de pointe sur l'industrie des HRI (hôtels, restaurants et institutions).