Felipe del Pozo : DANS LA TÊTE DE L’ENTREMETTEUR

7 février 2019 - Par Marie-Ève Garon

Felipe del Pozo évolue dans le milieu des relations de presse depuis maintenant 30 ans. Une éternité dans ce domaine ! L’arrivée des médias sociaux et des influenceurs a diversifié les façons de communiquer... au point de parfois brouiller les cartes. Pour sortir du lot, le pionnier Felipe a misé sur l’authenticité, la confiance, la rigueur et la sincérité et bâti une carrière à son image. Et c’est sans doute ce dont il est le plus fier.

« Les relations humaines représentent la partie la plus importante de mon métier, confie le Chilien d’origine. Il y a tellement d’éléments qui entrent aujourd’hui dans la chaîne des relations de presse qu’il est primordial de mettre l’accent sur ces relations humaines. C’est beaucoup plus profond qu’un achat publicitaire. » Loin de vouloir juger ou critiquer la manière dont les autres exercent leur métier, Felipe del Pozo porte toutefois un regard lucide sur un monde où l’instantanéité prédomine. « Il y a beaucoup d’improvisation et de laisser-aller en ce moment. On a l’impression que tout est facile. »

Derrière les projecteurs

C’est par la porte du show-biz que Felipe a fait son entrée dans le domaine des communications, pendant les années fastes de la musique au Québec. « J’ai débuté au cours de la décennie 1990, comme assistant pour la maison de disque Trafic, cofondée par Daniel Lavoie. » À ses yeux, ce fut la meilleure école !

Après avoir assisté aux premières loges à maints événements culturels, le relationniste constate l’essoufflement du milieu de la musique et décide de s’adapter. C’est donc dans l’univers de la restauration et de l’hôtellerie qu’il débarque à l’aube des années 2000. « L’animateur de radio Denis Fortin avait ouvert le Club Pinokkio et le Radio Lounge MTL. Ses associés possédaient alors des restaurants. Je crois qu’ils ont été parmi les premiers à engager un attaché de presse à temps plein. Ils avaient mesuré toute l’importance de ce rôle ! »

Selon le dynamique quinquagénaire, les métiers de journaliste, de critique ou de relationniste demandent du temps, de l’expérience et, surtout, beaucoup de rigueur. « Je remarque que les "nouveaux spécialistes” des réseaux sociaux vont utiliser du visuel et des textes interchangeables. Moi, j’essaie de faire comprendre à mes clients l’importance de personnaliser le message pour que le contenu soit à l’image du contenant », indique-t-il. Chacun de ses clients est un artiste à sa façon ; son mandat est de le mettre en valeur.

Tenir parole

Comme les relations publiques ne sont pas une science exacte, Felipe a toujours construit sa crédibilité sur la transparence et la franchise. « S’il y a des agences de presse qui vous promettent des choses, c’est qu’elles ne disent pas la vérité. C’est impossible de prévoir les retombées avec précision, car il y a trop d’incertitude », confie celui qui compare l’attaché de presse à un caméléon.

Sous ses allures de rock star, Felipe del Pozo est un bourreau de travail, un esprit rigoureux qui ne laisse rien au hasard. Du photographe au chef, chaque maillon de la chaîne a son importance. Quant au respect des délais, il est, à ses yeux, non négociable. Ce sont ces qualités, entre autres, qui l’ont mené à développer sa notoriété. Et qui lui ont permis de compter aujourd’hui une fidèle clientèle, séduite par ses valeurs autant que par son talent.

Après trois décennies de carrière, le poids de l’expérience n’est sans doute pas non plus étranger au succès de l’attaché de presse. Ça, et la maîtrise de soi. « Lorsque je travaillais au Point J avec Julie Snyder, elle m’avait lancé en blague : "Felipe, je te déteste parce que toi, tu es toujours calme !" »

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