Famille Stafford : LE CHARME DISCRET DE LA PERFECTION

12 février 2019 - Par Pierre-Alain Belpaire

Lorsque Steve Stafford met la main, en 1979, sur le Manoir Hovey, une magnifique auberge lovée sur les bords du lac Massawippi à quelques encablures du charmant village de North Hatley, tout le Québec a encore en mémoire le terrible incendie qui a ravagé quelques mois auparavant le Ripplecove Inn d’Ayer’s Cliff, également propriété de la famille Stafford. La catastrophe a alors coûté la vie à 11 touristes ontariens. Une telle tragédie aurait poussé plus d’un hôtelier à abandonner l’industrie. Les Stafford, eux, décident de poursuivre leurs efforts et leurs rêves. Et tandis que son frère, Jeffrey, reconstruit le Ripplecove, Steve s’attèle à faire du Manoir Hovey l’une des adresses les plus respectées et réputées de la scène nationale, voire internationale.

En juillet 2016, l’établissement des Cantons-de-l’Est trône en tête du classement des meilleurs hôtels et auberges du Canada établi par le prestigieux Travel + Leisure. Il parvient, en outre, à accrocher une superbe 19e position au niveau mondial. « Pour une petite propriété perdue dans la campagne québécoise, c’est assez exceptionnel », lance fièrement Jason Stafford, directeur général du Manoir.

Fils du propriétaire, Jason Stafford a grandi dans cet idyllique domaine et a, au fil des ans, occupé bien des fonctions au sein de l’hôtel familial. « J’ai même donné des cours de ski nautique, se souvient-il. Mon épouse est aujourd’hui responsable des ventes et du marketing, et nous vivons sur la propriété. Mon père habite juste à côté. Ma belle-sœur, qui travaille également avec nous, réside à quelques centaines de mètres. Je suis souvent à l’étranger pour promouvoir le Manoir Hovey ; le fait de le savoir en de si bonnes mains me facilite largement la tâche. »

Rénover, repenser, améliorer

Alors que certains hôteliers, chefs ou restaurateurs québécois semblent se plaire à attirer les projecteurs, le clan Stafford, lui, préfère l’ombre, voire l’anonymat. « On n’aime pas trop faire parler de nous, résume simplement le directeur. La véritable vedette, c’est le Manoir ! Et puis, mettre en permanence l’accent sur notre famille, ce serait cacher l’importance de tous ceux qui travaillent ici et nous aident à atteindre un tel niveau. » Et de citer par exemple les extraordinaires prouesses effectuées en cuisine par le chef Roland Ménard et ses équipes, qui ont transformé les assiettes servies aux clients en de gourmandes cartes de visite. « La gastronomie, c’est la base de notre philosophie, souligne Jason Stafford. Le respect du produit, la valorisation du terroir, c’est aussi cela que nos visiteurs viennent chercher. Cela ne nous a pas empêchés de diversifier notre offre et de proposer par exemple un service plus casual au bistro Tap Room. »

Au fil des ans, les Stafford ont multiplié les investissements et apporté plusieurs modifications à leur prestigieuse demeure, tout en respectant, évidemment, son cachet et son charme historiques. Un projet d’agrandissement devrait ainsi être prochainement mis en oeuvre ; il aboutira à la création d’un tout nouveau pavillon. Car si d’aucuns se satisferaient des trophées et honneurs récoltés, la direction du Manoir Hovey refuse quant à elle de se reposer sur ses lauriers. Chacun travaille, rénove, repense et améliore sans cesse un produit déjà très performant.

« Si un hôtelier pense que tout est parfait dans son établissement, c’est qu’il se trompe, affirme tout de go Jason Stafford. On essaie de ne pas trop regarder les classements et palmarès, de ne pas trop se mettre de pression sur ce plan : il serait quasiment impensable de rester au sommet durant 10 ou 20 ans. Mais on essaie de travailler plusieurs aspects, comme le service ou l’expérience que l’on offre à la clientèle. Il y a toujours moyen de faire mieux. »

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