Alexandre Audet : UNE QUESTION D’ATTITUDE

6 février 2019 - Par Héloïse Leclerc

« Tout d’abord, j’ai une anecdote... J’ai retrouvé un cahier de graduation de 6e primaire. À la question "Que vous voulez faire plus tard ?", j’avais répondu "hôtelier" », se remémore, tout sourire, Alexandre Audet. Cet oiseau rare originaire d’Abitibi, fin amalgame de convivialité, d’humilité et de maturité, est directeur général de l’hôtel Quality Inn & Suites Val-d’Or. Il s’est vu récemment décerner par Choice Hotels Canada un prix récompensant l’excellence en matière de leadership d’établissement. Ah oui, détail important : il a à peine 30 ans !

Si son intérêt pour le voyage, le tourisme et l’entrepreneuriat se manifeste à toutes les étapes de son parcours scolaire, Alexandre opte finalement pour un diplôme en comptabilité et gestion au Cégep de l’Abitibi-Témiscamingue, puis pour un bac en administration à Rouyn-Noranda. « J’aurais bien aimé faire un stage à Tourisme Abitibi-Témiscamingue, dans l’optique d’y trouver un emploi par la suite, mais l’organisation n’avait pas les ressources. J’y suis donc allé avec mon deuxième choix, en hôtellerie. J’ai ciblé Le Noranda, qui était — de mon point de vue de l’époque — le plus bel hôtel. »

Ascension fulgurante

Accueilli à bras ouverts, Alexandre est remarqué par Frédéric Arsenault, un des copropriétaires. « Il a tout de suite vu mon potentiel et m’a donné accès à tout. » Le stage se transforme en emploi d’été, puis en poste à temps partiel, comme responsable des fins de semaine et adjoint à l’hébergement. « Je voulais beaucoup... Le plus important, c’est l’attitude et la personnalité. Le reste, ça s’apprend. »

Après l’obtention de son diplôme, son désir de revenir à Val-d’Or l’amène à prendre la relève d’un congé de maternité à l’Office du tourisme et des congrès, où il coordonne réunions et événements. À la même époque, on annonce la construction d’un nouveau Quality Inn. « Je me suis dit : "Wow, un beau défi !" » Avant même l’affichage des postes, Alexandre écrit à l’un des copropriétaires, Fernand Trahan, par ailleurs maire de la ville. « J’ai été appelé un matin. C’était monsieur le maire. Il m’a convoqué à une rencontre. C’était en 2010. J’avais 22 ans. Tout le C.A. était là, et j’ai découvert sur place qu’il s’agissait d’une entrevue pour le poste de directeur adjoint. »

Alexandre saute dans le train deux mois avant l’ouverture en prenant en charge les responsabilités liées à la réception, aux ventes et aux salles de réunion. « J’ai tout mis en place, de A à Z. C’était une super expérience, que de tout décider : ce qu’allait être un check-in chez nous, les normes de service, les uniformes... »

« Le plus important, c’est l’attitude et la personnalité. Le reste, ça s’apprend. »

Quatre ans plus tard, le jeune homme a le sentiment d’avoir exploré tout ce qu’il y a à savoir dans son milieu de travail. Il quitte son poste pour devenir conseiller en développement à la Corporation de développement industriel et commercial de Val-d’Or. Cette expérience de bureau ne lui convient pas du tout, mais il y échappe : le départ du directeur général du Quality Inn ouvre une porte inespérée que « monsieur Trahan » l’invite à franchir. En 2016, avant même d’avoir atteint la trentaine, Alexandre devient DG. « Une grosse partie du travail, je la connaissais déjà. J’ai rencontré chaque responsable de service afin de savoir ce qui avait changé, comment ils voyaient la situation et où on devait aller. »

Leadership humain

Alexandre Audet choisit de minimiser les changements et de concentrer ses énergies sur certains dossiers qui lui tiennent à cœur, comme l’amélioration et la systématisation des pratiques en ressources humaines. Avec son équipe, il élabore une politique de RH et un manuel des employés, peaufine les stratégies d’évaluation et réalise des sondages de satisfaction auprès du personnel. « Par exemple, à la demande de nos employés, on a revu notre offre en assurances collectives. Nous avons enlevé des avantages qu’ils n’utilisaient pas pour offrir des choses qui leur plaisaient davantage. Ça n’implique pas de coûts supplémentaires pour nous, mais leur satisfaction est plus élevée. »

Il en profite également pour augmenter la cadence des réunions, un outil de mobilisation, de mise en commun et d’amélioration continue indispensable à ses yeux. « Pour moi, un leader, c’est quelqu’un qui a de l’écoute et qui laisse de la place aux autres. Reconnaître les employés, ce n’est pas juste leur dire bravo. Ils sont nos yeux et nos oreilles : on doit accueillir leurs commentaires, les consulter et être cohérents avec ce qu’on a entendu. »

Cercle vertueux

Malgré la pénurie de main-d’oeuvre qui sévit au Québec, le directeur général a le sentiment que celle-ci n’affecte pas vraiment son établissement. « Tout le monde veut travailler pour une entreprise qui a du succès. Dans les entrevues d’embauche, les candidats soulignent leur goût de travailler ici et mentionnent l’accueil sympathique qu’ils ont reçu. »

Et cette approche porte ses fruits, puisque l’établissement et son directeur cumulent les honneurs : le prix Hospitalité Platine reçu chaque année depuis 2013, le prix Ring of Honor, le prix de l’Hôtel canadien de l’année (en 2014 et 2018) ou encore le prix Hôtel Quality Inn International de l’année 2014. Alexandre partage le mérite et souligne d’emblée que ces récompenses sont le fruit du travail d’une équipe qui exige beaucoup d’elle-même.

« Chaque année, je retourne au Cégep pour parler de mon parcours et du service à la clientèle. Je dis aux étudiants que leur réputation, ils la bâtissent par leur emploi étudiant, la recommandation d’un professeur et leur engagement dans le milieu. Moi aussi, j’ai eu des petits bouts "oups-ça-c’est- vraiment-pas-pour-moi”, mais j’ai toujours fait la job pareil, j’ai toujours donné mon meilleur. Et ça, ça sert tout le temps. »

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