Nicolas Delrieu : FULGURANTE ASCENSION

15 février 2019 - Par Marie-Ève Garon

Originaire de Saint-Martin, dans les Caraïbes, Nicolas Delrieu est devenu entrepreneur à 13 ans : il présentait des tours de magie à la clientèle touristique de son coin de pays. « Une fois par semaine, je ramassais les mégots de cigarette sur la place qui fait face à la Baie-Orientale, se souvient l’homme d’affaires passionné d’aviation. Les restaurants du coin me permettaient alors de faire de la magie dans leur établissement. C’était donnant-donnant. Ce fut ma première affaire ! »

Avant même d’avoir franchi le cap de la vingtaine, Nicolas Delrieu ouvrait son premier restaurant sur l’île, Le Moulin Fou. « La première chose que j’ai faite, c’est d’installer une mezzanine et une salle de bain pour que je puisse y vivre, se remémore-t-il. Tout était à faire puisque ce n’était au départ qu’un local avec quatre murs en béton. J’étais sur place en tout temps. J’y ai beaucoup appris. » Au cours des huit mois que durera l’aventure, l’entrepreneur fait ses classes et remet en question son désir de poursuivre dans cette profession. « J’ai finalement vendu, j’ai quitté Saint-Martin et je me suis dit : "La restauration : plus jamais !" »

Pourtant, dès son arrivée au Québec en 2010, ce fils d’une professeure d’anglais et d’un rugbyman retrouve rapidement le chemin des cuisines et des salles à manger. Le Duc de Lorraine, au sein duquel il gravira peu à peu les échelons, lui permet de redécouvrir une industrie qui l’avait laissé amer. « J’ai été serveur à temps partiel comme la plupart des étudiants. Je suis passé à temps plein, je suis devenu gérant, puis le propriétaire m’a proposé de prendre des parts. Et je m’y suis remis peu à peu. » Il n’en fallait pas plus pour lancer la carrière du gestionnaire !

À la conquête des sommets

Le Speakeasy, restaurant de style clandestin, est le premier concept que Nicolas Delrieu et son associé, Cédric St-Onge, ont élaboré. « C’est l’originalité des projets qui m’allume ! » Toutefois, faire connaître un endroit caché représentait un défi beaucoup plus grand que prévu. « Quand on a ouvert, on n’a pas fait d’invitations aux médias. À mes yeux, ça ne servait à rien. Je suis arrivé ici avec une autre mentalité, et ça nous a causé du tort au début », avance-t-il humblement.

Mais le Caribéen a appris. Il estime aujourd’hui que, pour être un bon gestionnaire, il ne faut pas être trop autoritaire ni se penser au-dessus des autres. « Plus l’équipe est soudée, mieux ça va aller. À vouloir trop imposer son avis et à ne pas écouter les gens autour, on n’avance pas. » C’est dans cette optique que Nicolas Delrieu envisage la relation qu’il entretient avec son personnel, dont il mesure toute l’importance. « En janvier, on a par exemple fermé nos restos cinq jours pour partir à Cuba avec les membres du personnel qui le souhaitaient. C’est très important pour souder les équipes. »

Au cours des cinq prochaines années, l’entrepreneur envisage de poursuivre sur la voie du développement. Il se dit fier des équipes en place dans ses établissements (*), puisqu’elles lui permettent de continuer à concrétiser ses projets les plus fous. « C’est un peu comme une drogue. On prépare par exemple l’ouverture d’un bar dans le sous-sol du Speakeasy, on commence les travaux cet hiver. Et comme à chaque fois, je me demande "Mais pourquoi je fais ça ?” »

Depuis son retour dans la restauration, le jeune homme poursuit son autre rêve, son autre objectif : être pilote d’avion. « J’ai toujours eu dans l’idée que, avant 35 ans, je serais pilote. J’en ai 28 ... » À le voir aller, on lui donne de grandes chances de réussir.

(*) Outre le restaurant Speakeasy, Nicolas Delrieu et ses associés possédaient, fin 2018, Chef’s Table, Tô Comptoir asiatique et Freeze Brothers.

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