Donald Desrochers : « JE N’AVAIS RIEN À PERDRE »

20 février 2019 - Par Marie-Ève Garon

Début 2018, 12 ans après ses premiers pas au sein des Hôtels Marineau, Donald Desrochers en devient propriétaire et directeur général. « Mon premier réflexe n’avait pas été de me dire : "Allez, je l’achète !” avoue l’entrepreneur. Dans ma tête, un jeune de 30 ans issu de la classe moyenne n’achète pas une chaîne d’hôtels à 7,9 millions... Mais tout le monde me posait la question : "Ça fait 12 ans que tu es là, pourquoi tu ne l’achètes pas ?” »

Poussé par sa fougue, le jeune homme avait alors entrepris les démarches qui l’ont conduit à réaliser ce rêve un peu fou de posséder le plus important groupe hôtelier indépendant de la Mauricie. En plus d’être trésorier de Tourisme Mauricie et vice-président de l’Office de tourisme, foires et congrès de Shawinigan, Donald Desrochers siégeait alors à plusieurs conseils d’administration. « Ce sont des éléments qui ont rassuré les banquiers », estime-t-il. Grâce à un programme de mentorat qui lui avait permis de bénéficier d’une dizaine d’heures de consultation gratuite, le gestionnaire avait également monté son plan d’affaires et s’était outillé pour faire face aux obstacles qui allaient se dresser sur sa route. « Je me suis dit que je n’avais rien à perdre », se souvient-il.

La force de l’équipe

La vision rassembleuse de Donald Desrochers lui a été bénéfique : ses anciens collègues, devenus ses employés, ont ressenti un profond soulagement de le savoir aux commandes du navire. « Même si je suis celui qui fatigue un peu parce qu’il veut toujours changer les choses et les habitudes ancrées depuis 50 ans, j’ai senti que l’équipe se disait : "On le connaît : c’est un des nôtres !” » L’incertitude a rapidement fait place à une synergie où chacun peut contribuer au succès de l’entreprise.

Tôt dans le processus, le jeune directeur a compris l’importance d’être bien accompagné. « J’ai acheté seul, mais si aujourd’hui ça fonctionne, c’est parce que j’ai une bonne équipe. Quand on a 30 ans, on doit assumer le fait de ne pas tout savoir. Comme quelqu’un me l’a déjà rappelé : seul on va plus vite, mais en groupe on va plus loin ! » C’est dans cet esprit que le nouveau propriétaire s’est entouré de mentors dans son conseil d’administration et qu’il a fait tomber peu à peu les barrières hiérarchiques. « Nous sommes en train de créer un écosystème. »

Contre vents et marées

Mais tout ne fut pas aussi simple. Dans ses nouvelles fonctions, l’homme d’affaires a dû affronter bien des défis ; la pénurie de main-d’oeuvre fut sans conteste le plus périlleux. « C’est horrible : on se vole littéralement nos employés ! On l’a vu venir, mais c’est la première fois qu’on a de la difficulté à recruter des serveurs. » Donald Desrochers a dû relever ses manches et adapter ses conditions d’embauche à la réalité du marché. « Ça nous pousse à être créatifs et beaucoup plus flexibles. »

Le gestionnaire est également fier de ne pas avoir abandonné face à l’adversité au cours des 12 mois qu’aura duré le processus transactionnel. « Il y a des gens qui vont croire en toi, mais il y en a encore plus qui vont essayer de te décourager, regrette-t-il. Ce qui est important, c’est de se lever le lendemain et de foncer. On ne doit jamais abandonner. »

C’est dans cette philosophie que Donald Desrochers puise sa motivation à regarder vers l’avenir pour réaliser des rêves qui peuvent sembler, de prime abord, inaccessibles. Comme celui de voir les Hôtels Marineau devenir « la » référence de l’autoroute 55. « Vise la Lune pour atteindre les étoiles... », glisse-t-il.

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