Romy Guenneville-Girard : Seconde jeunesse

16 février 2018 - Par Pierre-Alain Belpaire

« J’ai étudié en communication publique, spécialisation journalisme. Je n’étais pas vraiment destinée à me retrouver ici… »

À la tête de l’Auberge jeunesse Magog-Orford depuis son inauguration en mai dernier, Romy Quenneville-Girard n’avait aucune formation en hôtellerie. « J’ai appris par essais et erreurs, en lisant énormément et en me fiant aux commentaires des visiteurs, glisse-t-elle en souriant. Je suis une autodidacte, une vraie ! »

Fatiguée par deux années d’incessants allers-retours entre son domicile montréalais et une rédaction installée à Granby, la jeune femme décidait, au début de l’hiver 2016, de faire le grand saut, de tout quitter pour atterrir en région. « J’avais entendu parler d’un projet d’auberge de jeunesse à Magog qui avait été lancé quelques semaines auparavant. J’ai postulé. Et voilà ! »

VAGUE D’AMOUR

Si elles ont longtemps souffert d’un déficit de popularité et traîné l’image de lieux bafouant les règles d’hygiène les plus basiques, les auberges de jeunesse se sont remises en question et ont entrepris une impressionnante métamorphose au cours des dernières années. La révolution n’a pas échappé au public, toujours plus nombreux à fréquenter leurs chambres et dortoirs.

« On est submergés par une véritable vague d’amour, glousse Romy Quenneville-Girard. Depuis son ouverture officielle, notre auberge ne désemplit pas. » Majoritairement composée de Québécois, la clientèle de l’établissement magogois est âgée en moyenne d’une quarantaine d’années. « Pour certains, c’est une première expérience en auberge de jeunesse. Ils arrivent parfois avec quelques préjugés ; à nous de leur prouver que ces stéréotypes sont désormais infondés ! »

En améliorant leur image, les auberges de jeunesse ont mis un point d’honneur à ne pas perdre leur identité. Prix « raisonnables », aires communes aptes à provoquer les échanges et rencontres et ouverture d’esprit définissent toujours ces établissements. « On joue vraiment sur un autre tableau que le reste de l’industrie hôtelière. Ce n’est pas pour rien que les hôtels de l’Estrie nous ont soutenus et accueillis à bras ouverts. »

QUESTION D’ATTITUDE

Les auberges de jeunesse ont un autre point en commun : elles se partagent une clientèle éclectique, colorée, curieuse. « Le plus beau public possible ! », s’exclame la jeune femme de 27 ans. Et contrairement à ce que la dénomination pourrait laisser croire, il semble n’y avoir aucune limite d’âge pour profiter de ces lieux. « Nous avons récemment accueilli un couple dans la soixantaine. À peine arrivés, ils placotaient avec les autres visiteurs. Fréquenter une auberge de jeunesse, c’est une question d’attitude plus que de profil ou de génération », résume la directrice générale.

Malgré les bons débuts de son auberge, Romy Quenneville-Girard sait qu’il lui reste encore bien des montagnes à déplacer, bien des défis à surmonter. « Chaque semaine, on améliore les chambres, on travaille aux aires communes, on amène de petits détails qui font de grandes différences, illustre-t-elle. On doit aussi rassurer certaines personnes qui ont conservé l’ancienne image des auberges de jeunesse. Ce que je leur réponds ? De venir vérifier par elles-mêmes ! »

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