L’importation privée

Une solution pour se distinguer

3 octobre 2007 - Par Philippe Lapeyrie

– Mmh, il est délicieux, votre cabernet. Combien coûte-t-il en succursale ?

– Désolé, Madame, mais il n’est pas disponible !

Depuis un peu moins d’une dizaine d’années, une vague de changement a touché toute la sommellerie québécoise. En effet, on trouve dans les restaurants, les bars à vin ainsi que dans certains hôtels de plus en plus de ces vins dits en importation privée. Introuvables sur les tablettes des succursales de la SAQ, on peut les acheter seulement en passant par une des multiples agences en vins, bières et spiritueux du Québec. Ils sont vendus en caisses de six, mais plus souvent qu’autrement en caisses de 12.

« L’exclusivité et la rareté d’un produit qui n’est pas vendu au détail est tout à l’avantage du consommateur. »

Les avantages d’acheter de cette manière sont nombreux, car souvent l’agent met la main sur un petit lot de caisses qui entrent au Québec de façon sporadique. Vous pourrez donc avoir l’exclusivité en achetant tout le lot. Par la suite, vous pourrez le revendre à vos convives le prix que vous désirez, en prenant bien sûr le temps de goûter le produit avant son achat pour l’évaluer.

Certaines agences sont devenues spécialisées en importation privée de vins. C’est le cas de l’agence Rézin, qui a fortement contribué à l’ascension de la vente en importation privée dans les établissements de restauration du Québec. Son dirigeant, le visionnaire et chevronné Jean-Philippe Lefèvre, explique que la diversité accrue de ce type de produits est un atout important pour le consommateur.


M. Lefèvre se spécialise dans la représentation de vins biologiques ou issus de très petits vignerons. Le fruit des récoltes de ces producteurs est insuffisant pour être commercialisé par notre monopole ou est tout simplement tassé du revers de la main par la SAQ en raison de taux de soufre insuffisants dans la bouteille.

L’agence Les Vins Alain Bélanger, fondée il y a deux ans, offre également des vins en importation privée. Presque 100 % des produits de cette agence, fondée par le sommelier émérite Alain Bélanger, ne sont pas disponibles en succursale. M. Bélanger est d’accord avec les propos de M. Lefèvre : « L’exclusivité et la rareté d’un produit qui n’est pas vendu au détail est tout à l’avantage du consommateur. »

Il est alléchant d’acheter un vin que nul autre n’aura en cave, mais ça l’est aussi et surtout pour le consommateur qui a soif d’en apprendre plus sur une nouvelle bouteille.

Toute la sommellerie québécoise connaît et reconnaît aussi le grand homme du vin qu’est Sylvain Denis. Il est entre autres enseignant au secondaire et président-fondateur du salon de vins de Terrebonne. M. Denis a fondé lors du millésime 2005 l’agence Importations Syl-Vins, une maison qui est devenu en moins de deux ans LA référence pour les importations privées. Pas moins de 300 produits composent sa prestigieuse liste référentielle. Cette dernière est constituée de bordeaux, de multiples vins fins bourguignons, de colosses rhodaniens, mais aussi d’eaux-de-vie ainsi que de plusieurs produits du Nouveau Monde.

La liste pourrait défiler encore longtemps, car une pléiade de nouvelles agences ont vu le jour dans les dernières années. Mais, quels sont réellement les avantages et inconvénients à acheter des produits alcoolisés de cette façon ?

Primo : avoir l’exclusivité est quelque chose de très convoité par l’amateur de bonne chère. Certains petits producteurs embouteillent de très petites quantités de vin chaque année. Le produit entrera donc au compte-gouttes sur le marché. Pour le restaurateur, il est alléchant d’acheter un vin que nul autre n’aura en cave, mais ça l’est aussi et surtout pour le consommateur qui a soif d’en apprendre plus sur une nouvelle bouteille. Certaines fiasques de vins sont en vente depuis des décennies à la SAQ et l’épicurien aime bien apprendre tout en consommant d’autres produits lors de son passage dans votre établissement.

Un autre avantage pour le restaurateur est de pouvoir goûter le produit avant son achat. Si vous achetez une dizaine de caisses d’une trouvaille piémontaise, vous ne voudriez pas être coincé pendant des mois avec un produit manquant de « punch »... Demandez donc à déguster le produit avant son achat.

Le seul désavantage important est lié à la rareté du vin. En achetant de petits producteurs qui fournissent les agents seulement une fois ou deux par an, vous devrez faire des changements plus souvent sur votre carte des vins, car le délicieux bourguignon déniché par votre agent ne sera probablement plus disponible quelques semaines après son achat.

Rares sont les désavantages pour le consommateur, mais en voici un. Un client a adoré ce multidimensionnel vin rouge qu’il a déniché avec sa tendre moitié dans cette paradisiaque auberge dans Charlevoix ? Il désire mettre la main sur une fiole pour sa réserve personnelle.

– Celle-ci n’est pas disponible en succursale, désolé, Monsieur !

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