En avant, la musique !

3 octobre 2007 - Par Marie-Carole Daigle

La musique adoucit les moeurs... Comment faire pour qu’elle réponde
aussi aux attentes de la clientèle ? Voici quelques conseils de pros pour
atteindre ce but sans trop de casse-tête.

Aménager vos aires de diffusion stratégiquement

Il existe plusieurs façons de disperser le son. Au mur, on installera les haut-parleurs à environ 10 et 15 pieds de distance (3 mètres et 4,5 mètres), ce qui permettra à tous d’entendre de la même manière sans que certains soient exposés à un son excessif. Évidemment,
la multiplication des haut-parleurs exige que l’on augmente la puissance de l’amplificateur.

Des enceintes d’environ 30 watts répondront aux be soins de la plupart des salles. Leur puissance est habituellement inscrite à l’arrière. On les fixera à environ 10 pieds de hauteur (3 mètres), légèrement inclinés vers la salle. Beaucoup plus haut, leur son se perdra ; beaucoup plus bas (par exemple à la hauteur des oreilles d’une personne
debout), le son risque d’être trop envahissant.

Si l’endroit se transforme en bar ou en dancing le soir, il n’y a pas vraiment de limites quant à la puissance. « On trouve couramment des resto-pubs où la puissance de l’installation fait 200 et même 300 watts, fait remarquer Jean-Rock Grégoire, technicien spécialisé en installations à Concept audio visuel. On peut alors installer dans le lounge des haut-parleurs plus imposants que dans la sa lle à manger. Pour agrémenter l’ambiance en créant une enveloppe sonore plus présente, on pourra installer au sol deux caissons d’extrêmes graves (sub-woofers) qui, en émettant des basses fréquences, donneront davantage de présence à la musique par-dessus le bruit des conversations. » Nul besoin, dans ce genre d’établissement, de miser sur une installation de 1000 watts qui crachera à 130 décibels !

Et à l’hôtel ?


« Pour doter les chambres d’hôtel de lecteurs, on retiendra les appareils comptant un nombre de fonctions limité, explique Patrick Doss. Les chaînes font souvent faire de petits appareils tout simples sur mesure : des touches Marche et Arrêt (Play et Stop) ainsi que la possibilité de changer de disque, et le tour est joué ! Cependant, un petit
lecteur maison de ce genre ne suffirait pas dans le cas d’une salle équipée d’écrans, car le signal perdrait une trop grande partie de sa qualité en passant d’un moniteur à l’autre. »

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L’intensité du son peut avoir à changer selon l’heure de la journée. Si un groupe de 20 personnes fait soudainement son entrée, il fera à lui seul suffisamment de bruit pour enterrer la musique d’ambiance pourtant
parfaitement calibrée à son arrivée. L’utilisation d’u n microphone à contrôle automatique de gain, communément appelé « AGC » (pour Automatic Gain Control), libère le personnel de la tâche de régler le volume de l’ampli entre deux plats !

Enfin, les besoins peuvent aussi varier selon l’endroit au sein de l’établissement même. « Il est important de prendre un peu de temps, voire de consacrer quelques dollars de plus, à la conception de
l’aménagement », avertit Patrick Doss, chargé de comptes à l a firme
montréalaise Concept audiovisuel. L’acquisition d’un amplificateur multizones permettra d’adapter le son d’une partie de l’établissement
à l’autre. L’architecte peut définir un certain nombre de zones qui auront besoin d’une installation distincte : par exemple, la réception, les toilettes et la section qui donne sur le boulevard doivent souvent être traitées de façons différentes. Il est envisageable aussi qu’un
groupe ayant réservé une salle privée puisse écouter sa propre musique ou prononcer des allocutions que le reste de la clientèle n’entendra pas.

Enfin, un brin de planification en matière de câblage peut permettre d’économiser beaucoup de beaux dollars par la suite. « Il faut prendre
la peine de bien planifier l’infrastructure intérieure, les fils, par exemple, signale Patrick Doss. Il vaut mieux bien y penser dès le début et miser sur la quantité et la qualité au moment même où l’on fait la tuyauterie
et le câblage électrique de l’établissement. Sinon, on va devoir payer cher plus tard pour faire rouvrir les murs ! »

Terrasses et bon voisinage

Sur le plan technique, une terrasse nécessite une installation similaire à celle qui se trouve à l’intérieur, mais on voudra que celle-ci participe à
l’agrément de la clientèle sans créer de désagréments dans le voisinage ! Comme le but n’est pas de diffuser la musique dans la rue mais à l’intention des clients installés sur la terrasse, une solution toute
simple consiste à installer les haut-parleurs de façon à diriger le son vers l’intérieur. Ce faisant, il faut cependant prendre soin d’éviter que le son se réverbère sur le vitrage de l’établissement ou qu’il chevauche l’ambiance sonore qui règne à l’intérieur. « Une installation au plafond ou inclinée peut souvent s’avérer préférable à une installation murale standard », explique Jean-Rock Grégoire. Si l’on tient à cette dernière, on peut limiter le bruit en diminuant la hauteur de l ’installation.
Bref, la simplicité n’est pas nécessairement la meilleure piste à suivre. Encore une fois, le microphone AGC s’avère une précieuse ressource, car
il permet d’adapter le volume de la terrasse en fonction du bruit ambiant.

Toutes les musiques ne sont pas égales !

On peut dépenser une fortune pour offrir un environnement
sonore à sa clientèle et... passer complètement à côté du
but ! À preuve, cette tentative ratée de séjour de détente dans un hôtel de villégiature des Laurentides, relaté par Ève et Julien. Quelques minutes à peine après avoir commencé à savourer le plaisir d’avoir
quitté le bureau quelques heures à l’avance, ils ont eu la mauvaise surprise de constater que la terrasse et tous les sentiers de promenade de l’établissement – de même que
les salles intérieures – étaient dotés de haut-parleurs « pour
créer de l ’ambiance », leu r expliqua un employé d’hôtel appelé à la rescousse. Le problème, c’est que le système était branché sur un simple
poste de radio diffusant aux cinq minutes... le bulletin de
circulation du centre-ville de Montréal !

« Il est vrai que l’environnement sonore est l’un des éléments
le plus souvent négligés quand on cherche à créer une formule qui incite les gens à revenir », expl ique Richard Gastmeier, président de la société ERG Music/Symphonex. Certes, on peut retenir une solution qui saute aux yeux, soit embaucher un disc-jockey à temps plein et s’équiper d ’une sonothèque contenant des milliers de titres qui assurera de pouvoir répondre aux demandes des clients. Mais il existe aussi des services spécialisés et moins coûteux.

« Notre entreprise permet d’automatiser le programme
musical diffusé dans un établissement, explique Richard Gastmeier. Pour cela, l’établissement doit se procurer le matériel de diffusion et un logiciel qui, selon l’installation, peuvent coûter entre 1000 $ et 5000 $. » L’entrepreneur peut ensuite préparer sa programmation
musicale ou vidéo sur mesure, ce qui lui permet notamment de diffuser jusqu’à quatre programmes musicaux distincts simultanément, c’est-à-dire dans quatre zones différentes. L’installation d’un
tel système permet quand même de passer en tout temps au mode disc-jockey manuel. Il offre aussi la flexibilité d’interrompre la musique
pour faire une annonce, par exemple pour préciser qu’un cocktail en particulier est offert à prix réduit jusqu’à une certaine heure de la soirée.

Des entreprises, comme Symphonex, proposent ensuite des abonnements mensuels qui permettent, moyennant une quarantaine
de dollars par mois, d’accéder à une vaste musicothèque de plus de 100 000 titres divisée en centaines de catégories musicales. Il suffit
de télécharger les morceaux pour lesquels, précisons-le, les
droits d’auteurs sont réglés.

Quand on sait que le karaoké représente une industrie de
10 milliards de dollars de par le monde, l’accès à une banque
de chansons en version karaoké constitue également un attrait
à considérer. Un restaurateur peut s’attirer non seulement
la fidélité d’une nouvelle clientèle, mais également un bon achalandage et une augmentation de ses revenus en organisant des concours de
karaoké les soirs où l’affluence est moindre.

Dans cette édition

L’importation privée
Petit guide d’achat des téléviseurs
Sudoku-thème Lambrusco, numéro de septembre 2007
Dire oui à la souveraineté alimentaire ?
Que dit-on de votre entreprise sur Internet ?
thewhitehotel
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Chef de l’année passionné et engagé
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