Hôtel Le Concorde

Décollage réussi avec Jean-Guy Sylvain

12 mars 2015 - Par Marie-Carole Daigle

En avril 2014, l’entrepreneur Jean-Guy Sylvain devenait, avec deux partenaires, le propriétaire très attendu d’un hôtel emblématique de la Capitale nationale : Le Concorde. Comment un homme d’affaires somme toute peu connu ici s’est-il retrouvé à faire l’acquisition de ce joyau de notre industrie hôtelière ? Faut-il parler de chance, de flair, d’audace ?

« Premièrement, c’est carrément une question de travail, affirme d’emblée Jean-Guy Sylvain. En affaires, il faut travailler énormément, avancer pas à pas, puis aller vers plus gros. Car ce n’est pas mon premier hôtel, mais mon vingtième ! » Jean-GuySylvain est effectivement propriétaire, en tout ou en partie, des hôtels Universel et Ambassadeur à Québec, des hôtels Royal Versailles et Universel à Montréal, de même que de l’Universal Palms Hotel et du complexe Aztec RV Resort en Floride.

« Deuxièmement, il faut s’entourer de gens qui croient en toi et qui te suivent dans tes aventures en te donnant ce que tu veux. Et cela vaut tant à l’étape du financement qu’une fois le travail commencé. Ensuite, il faut être ouvert aux nouvelles idées », énumère-t-il.

Une question de chance ?

Dans le cas de l’acquisition du Concorde, Jean-Guy Sylvain se serait-il simplement trouvé au bon endroit au bon moment ? « Pas du tout, assure l’intéressé. J’ai acheté 20 hôtels dans ma vie, et c’est vrai qu’il peut sembler incroyable d’avoir payé 16 millions pour un commerce qui vaut cinq fois ce prix. Mais la raison pour laquelle j’en suis actuellement copropriétaire, c’est tout simplement parce que j’ai pu être prêt avant les autres. Nous avons réussi parce que nous avons pu finaliser la transaction rapidement. En tout, il aura fallu sept jours entre celui où j’ai quitté la Floride pour m’intéresser au projet et la date de l’acquisition. Les autres acheteurs potentiels étaient encore à la recherche de financement... Moi, je me suis dit dès le départ qu’il serait inutile de faire une offre en demandant au vendeur de patienter pendant que je cherche des fonds. Ce n’est pas une question de chance, mais parce que j’ai couru plus vite que les autres. »

Une question de flair ?

« En hôtellerie, le flair, c’est surtout d’offrir le bon produit sur le bon site, souligne Jean-Guy Sylvain. Or, cet hôtel occupait déjà l’emplacement idéal. En deuxième lieu, il faut cependant savoir exploiter le lieu en question, vérifier si le bâtiment se prête à ce que l’on veut en faire. Dans mon cas, j’ai dû dénicher de bons partenaires en restauration, car je n’ai aucune expérience dans le domaine. »

Une question d’audace ?

Devenir propriétaire de l’un des joyaux de l’industrie touristique du Québec… est-ce d’abord le rêve d’une personne qui carbure à l’audace ? « Ce n’est pas un rêve : c’est une follerie ! » rétorque Jean-Guy Sylvain avec son franc parler habituel. Une « follerie » quand même bien planifiée. « J’ai en effet étudié à fond le dossier avant de m’embarquer. Il faut toujours y mettre le temps nécessaire. C’est d’ailleurs ce que j’ai fait dans tous les commerces que j’ai lancés ou redressés. »

En route vers le septième ciel

Le nouveau patron du Concorde tient à redonner ce bijou du centre-ville aux Québécois. « Je veux que tout le monde ait la chance d’y séjourner. Je ne suis pas venu ici pour créer un hôtel cinq étoiles. Ce que nous voulons, c’est le rendre aussi bon qu’un quatre étoiles et le vendre au prix d’un trois étoiles. »

Jusqu’ici, la formule semble marcher : « Il y a six mois, nous avons pris cet hôtel déserté par les clients, et il est maintenant "sur le bord" d’être rentable ! (NDLR : L’entrevue a été faite en novembre 2014.) Il y a quelques semaines, un dimanche à 19 h 30, je n’ai même pas pu obtenir de place au bistro-bar Le Ciel, qui n’était pourtant ouvert que depuis un mois ! » illustret-il, visiblement ravi.

S’il s’agit d’un rêve, il est incontestablement éveillé et… non terminé. « À 62 ans, je dois me pincer le soir pour me dire que c’est vrai, confie Jean-Guy Sylvain. En fait, j’ai déjà ma récompense, juste à constater que les clients reviennent et à voir à quel point tout le personnel est dévoué. Ça me procure une fierté sans prix. Il faut encore veiller de près sur tout ce qui se fait, mais chaque jour, nous avançons d’un pas. Réussir à mener Le Concorde là où j’ai envie de le mener, ce serait l’un des beaux succès de ma vie. »

Photo : © Caroline Grégoire

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