Région sous influence

Les Îles-de-la-Madeleine entre terre & mer

Par Camille Brunelle

14 mars 2016 - Par Camille Brunelle

La région des Îles-de-la-Madeleine est réputée pour ses paysages à couper le souffle, ses petites maisons colorées et son terroir qui regorge de produits aux accents de bord de mer. Entre deux bourrasques, je me suis entretenue avec des personnalités influentes du domaine de la restauration et de l’hôtellerie de l’archipel madelinot. Chacun à leur manière, tous les ans, ils façonnent et rendent inoubliable le séjour de plus de 60 000 touristes, de juin à septembre.

L’AVANT-GARDISTE

Johanne Vigneault est une Madelinienne bien enracinée à L’Étang-du-Nord et chef propriétaire du restaurant la Table des Roy. Cette adresse gourmande qui n’a plus besoin de présentation est incontournable pour quiconque veut goûter les Îles dans leur forme la plus authentique. La chef Vigneault possède une grande qualité : la détermination d’encourager l’économie locale et de mettre sur sa table des produits locaux. Elle est une réelle ambassadrice des produits de son terroir et elle fait tout ce qui est en son pouvoir pour faire découvrir ses trésors. Elle ne manque pas de voyager pour s’inspirer et repousser les limites du goût, afin de surprendre des clients de plus en plus exigeants. Dans cet ordre d’idées, elle a ouvert en juillet 2012 Gourmande de nature, une boutique où l’on retrouve des accessoires de cuisine et de petits pots mitonnés avec les récoltes de la saison. Sur place, un grand espace est aménagé pour offrir des ateliers culinaires aux touristes et aux Madelinots, mais aussi pour perfectionner le savoir-faire du personnel de la restauration locale. Johanne Vigneault a à cœur le développement de l’offre touristique et gastronomique de sa région et offre depuis l’hiver 2016 des cours de cuisine professionnelle dans ses locaux, en collaboration avec des chefs et le Groupe Collegia.

Photo : © Louise Savoie


LE RASSEMBLEUR

Agent de développement à l’Association touristique régionale, Jason Bent collabore au développement de la filière bioalimentaire des Îles-de-la-Madeleine. Notamment, il a mis sur pied des activités novatrices d’information et de réseautage sur le tourisme gourmand et coordonné différents projets mettant en vedette les restaurateurs, les producteurs et les artisans locaux. Il vise également à développer l’identité culinaire régionale en faisant appel à une firme québécoise spécialisée en agroalimentaire. Dans le but de susciter l’innovation chez les entrepreneurs madelinots, il alimente une veille en ligne portant sur les tendances dans le tourisme mondial, les stratégies numériques pour se faire connaître, les bonnes pratiques en matière de gestion, etc.

Photo : © L’île imagin’air


LE VOYAGEUR

Propriétaire fondateur du Bistro-Bar Les Pas perdus, Sébastien Cummings est issu d’une famille d’entrepreneurs et de grands voyageurs. Avant-gardiste et soucieux de ne faire absolument rien comme les autres, il a été parmi les premiers restaurateurs des Îles à intégrer des plats végétariens à son menu, dès l’ouverture il y a 18 ans. Il fait partie de ceux qui gardent leur établissement ouvert à l’année, ce qui le force à être d’autant plus créatif et à intégrer le maximum de produits locaux à son menu, même en hiver. Il inspire ses semblables en prêchant par l’exemple : il achète des légumes et des pousses bio cultivés en serre ainsi que de la viande d’animaux exclusivement élevés aux Îles ou des fruits de mer provenant de la côte. Globe-trotter pendant l’hiver, il voyage beaucoup, prend des notes, espionne les meilleures tables et transpose les tendances culinaires à sa réalité. Il insuffle une dose d’originalité et d’exotisme à son restaurant qui a l’archipel tatoué sur le coeur.

Photo : © Martin Fiset


LE VISIONNAIRE

Depuis son arrivée à la barre de La Salicorne il y a 21 ans, Robert St-Onge accentue le lien entre l’entreprise et son milieu. Cette auberge emploie 55 personnes, compte 26 chambres et 100 places assises dans son restaurant. La particularité de son offre réside dans le tourisme d’expérience qui n’inclut pas que des nuitées et des repas, mais aussi une offre de visites et d’activités originales pour découvrir les Îles : des excursions au bord des falaises, des randonnées en kayak, des bains d’argile et des soirées thématiques culturelles. Le menu a été complètement revu et simplifié l’an dernier, sous la direction de la chef Kathy McCartney et les conseils de Johanne Vigneau qui privilégie les produits des Îles, consommés à leur état le plus pur et les recettes d’ici. La Salicorne est une destination en constante évolution, dirigée par des gens allumés et innovateurs, qui repoussent constamment les limites de l’expérience client.

Photo : © Élise Cyr


LE JOURNALISTE ÉPICURIEN

Chroniqueur, critique culinaire, auteur et conférencier, Gil Thériault ne manque pas de cordes à son arc. Natif des Îles, il a écrit un livre où il relate son tour du monde en 52 îles et 52 semaines, nommé Voyage au goût du monde. Sa terre natale fait évidemment partie des endroits dont il fait briller les bonnes tables. Les voyages forment la jeunesse, dit-on ; je dis alors que le voyageur forme la curiosité ! Il contribue sans aucun doute à stimuler les restaurateurs à élever la barre et à surprendre les consommateurs de la région avec ses trouvailles, ses inspirations et ses connaissances du domaine culinaire.

Photo : © Yoanis Menge


LE COUTEAU SUISSE ! (OU LE FOURNISSEUR)

Réjean Vigneau est maître-boucher à la boucherie Côte-à-côte et chasseur de phoque depuis plusieurs décennies. À la tête du seul abattoir des Îles, il va sans dire qu’il est un joueur essentiel pour les restaurants ouverts à l’année qui, grâce à lui, peuvent avoir accès à de la viande locale, fraîche et de qualité. On pense entre autres au wapiti, au sanglier, à l’agneau, au boeuf et au rarissime loup marin. Réjean Vigneau est d’ailleurs le seul détenteur d’un permis de transformation de loup marin du MAPAQ dans la province. Il se rappelle qu’au début, il a fallu gagner la confiance des Madelinots, qui l’ont fait connaître aux restaurateurs, qui ont ensuite mis le loup marin à leur menu. Les touristes ont finalement embarqué et en demandent maintenant sur la « grand’terre » ! Il a été, et est toujours, un intervenant précieux pour la démocratisation de la chasse de cet animal à la chair savoureuse et nutritive. On le consomme maintenant en version fumée, en rillettes, en saucisses ou en pépperettes (un petit saucisson très savoureux à peine plus gros qu’une paille).

Photo : © Gil Thériault


Sur la photo en tête d’article, vue de la terrasse du restaurant Vent du Large.

Photo : © Camille Brunelle

Dans cette édition

Est-ce vraiment la faute d’El Niño ?
On est tous un peu Y
Mathieu Laperle
Emmanuel Renaut
Sirops et arômes à boire
Restauration au Québec
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Équipements et accessoires de bar
La pomme de terre
L’innovation : un enjeu de l’industrie hôtelière à ne pas négliger !
Le Centrexpo Cogeco Drummondville par CCM2 et Bilodeau Baril Associés Architectes
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Le point sur les permis d’exploitation et la Loi sur la formation en hygiène et salubrité



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