Nouveautés et tendances chez les producteurs de vins français

 
3 octobre 2007

Trois producteurs de vin français étaient de passage au dernier Mini-salon des nouveaux arrivages tenu à l’École hôtelière de la Capitale, à Québec, le 11 septembre dernier. Organisé par l’Association québécoise des agences de vins, bières et spiritueux, ce salon regroupait des produits présentés par une trentaine d’agences. Les producteurs en avaient beaucoup à dire aux restaurateurs et sommeliers présents.

Le vin au bouchon orange

À la table de Vins Philippe Dandurand, Jean-Marie Suavet, directeur de l’exportation pour S.A.S. Georges Vigouroux, accueillait le visiteur avec trois vins dont le Pigmentum Malbec 2004, en appellation Cahors, l’un des derniers-nés de la maison. Ce produit au look jeune et au prix accessible se veut une réponse aux produits d’Australie et d’Amérique. « On a voulu aller vers un marché plus jeune qui n’a pas l’habitude de consommer les Cahors », explique M. Suavet, qui poursuit en nous montrant le bouchon orange presque fluo qu’on a choisi pour cette bouteille afin qu’elle se démarque des autres produits de l’appellation (voir photo ci-contre).

En ce qui concerne les vins du Nouveau Monde, M. Suavet avait des révélations assez étonnantes à nous faire. Tout d’abord, il nous a assuré qu’il ne considérait pas l’Argentine, autre producteur notoire de malbecs en dehors de Cahors, comme une menace. Il a d’ailleurs annoncé que la maison Vigouroux était en train de préparer un regroupement d’entreprise avec un vigneron argentin. « Nous sommes les deux pays du malbec et on est ensemble », a-t-il clamé haut et fort.

D’ailleurs, M. Suavet nous a signalé que la maison Vigouroux s’était livrée à une expérience qui a fait tomber beaucoup de préjugés au sujet des vins argentins. « Beaucoup de gens nous disaient que les malbecs d’Argentine n’avaient rien à voir avec ceux de Cahors. Nous, on s’est dit : « On va le vérifier ». Nous étions sept ou huit dégustateurs, dont M. Vigouroux et moi, ainsi que des œnologues, qui avons testé des vins haut de gamme et milieu de gamme. Sur la vingtaine d’échantillons dégustés à l’aveugle, personne n’a pris le risque de dire : « Ça, c’est un malbec de Cahors ou encore d’Argentine ». On avait quand même des petites intuitions, mais j’avoue que je me suis trompé quelques fois. Je dirais qu’il y a plus de ressemblance entre nous et l’Argentine qu’entre nous et nos voisins du Sud-Ouest. »

La Belle de Brillet maintenant en produit régulier

En poursuivant notre visite du mini-salon, on pouvait rencontrer Jean-Louis Brillet, président-directeur général de Maison Brillet, maison reconnue pour ses cognacs et ses pineaux. La grande nouvelle pour ce producteur est que sa Belle de Brillet, produit qui n’était disponible qu’en spécialité auparavant, est maintenant un produit régulier à la SAQ. La Belle consiste en une liqueur de poire William et de jeune cognac Brillet. « On doit utiliser dix kilos de poires pour la réaliser », nous a informé M. Brillet. « Ma famille fait du cognac depuis les débuts du 17e siècle, poursuit-il. Nous en sommes présentement à la dixième génération. C’est ma génération qui a créé la Belle de Brillet en 1985. Nous avons utilisé la liqueur de poires pour mettre le cognac à la portée des dames, mais tout le monde l’adore. » Le produit est représenté par Authentic Vins & Spiritueux au Québec.

Sur la photo de droite, on aperçoit Pascal Brouillard, d’Authentic Vins & Spiritueux, en compagnie de Jean-Louis Brillet.

Un producteur qui croit au savoir-faire français

Lorsque nous sommes arrivés à la table de A.O.C. & cie – Châteaux et domaines, nous avons fait la connaissance du vigneron Nicolas Gélis, de Château Montauriol. La maison présentait notamment le Château Montauriol Tradition 2004, un vin fait principalement de cépage négrette (minimum 50 %) assemblée à de la syrah, à du cabernet sauvignon et à du cabernet franc.

Amené à s’exprimer au sujet de la compétition que subissent les vins français de la part des vins du Nouveau Monde, M. Gélis a montré un certain optimisme. « À mon avis, c’est le côté naturel, terroir qui va sauver les vins français. Les vins du Nouveau Monde, avec leur sucre, amènent des gens au vin qui n’y seraient pas venus autrement. À un moment donné, les consommateurs vont s’écoeurer. C’est à nous de faire des vins qui vont rester sur la souplesse », a-t-il affirmé.

On peut voir sur la photo de gauche Louis Letellier, de A.O.C. & cie – Châteaux et domaines, avec Nicolas Gélis, de Château Montauriol.

Mots-clés: 03 Capitale Nationale (Québec)
Alcool
Sommellerie

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