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Modifications du PTET : « Une véritable bombe pour l’industrie »

 
25 mars 2024 | Par Marie Pâris
Crédit photo: Pexels / Life of Pics

Le gouvernement du Canada a annoncé la semaine dernière avoir modifié certaines dispositions du Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET) dans les postes à bas salaire. Selon le Conseil québécois des ressources humaines en tourisme (CQRHT) et l’Alliance de l’industrie touristique du Québec (Alliance), ces modifications risquent d’aggraver la pénurie de main-d’œuvre déjà critique au sein de l’industrie touristique.

Ainsi, à partir du 1er mai prochain, les employeurs des services d’hébergement et de la restauration verront la validité des Études d’Impact sur le Marché du Travail (EIMT) pour le recrutement de travailleurs étrangers temporaires passer de douze à six mois, en plus de perdre la possibilité de combler jusqu’à 30% de leur main-d’œuvre avec le PTET. « Ces changements placeront le secteur dans une position vulnérable à l’aube de la haute saison », notent les deux organismes dans un communiqué conjoint.

« Nous sommes surpris des modifications au PTET annoncés par le gouvernement dans un contexte de rareté accrue de main-d’œuvre, indique Xavier Gret, directeur général du CQRHT. L’industrie touristique travaille d’arrache-pied afin de développer des solutions innovantes afin de soutenir les entreprises touristiques, notamment par l’intégration des demandeurs d’asile dans l’industrie, alors que le gouvernement semble s’inscrire à contre-courant des besoins du secteur. »

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Frédéric Dubé, directeur général par intérim de l’Alliance, ajoute : « Déjà aux prises avec un environnement d’affaires suffisamment complexe, les entrepreneurs touristiques qui ont recours aux travailleurs étrangers temporaires devront revoir leur plan. Considérant qu’environ 10% des entreprises touristiques québécoises ont embauché un travailleur étranger temporaire l’année dernière, la décision annoncée aura des répercussions pour l’industrie touristique qui demeure un des secteurs les plus affectés par la pénurie de main-d’œuvre. »

« On se questionne franchement... »

L’Association Restauration Québec (ARQ) a également réagi, indique « voir d’un très mauvais œil » l’annonce faite par le gouvernement fédéral, « une véritable bombe pour l’industrie, à la veille de la période de recrutement intensive en vue de la haute saison estivale ».

« Les ministres restreindront ainsi l’accès à un bassin de travailleurs important pour certains propriétaires d’établissements qui se verront à nouveau confronter à des problématiques majeures d’exploitation, note l’ARQ dans un communiqué. Qu’on pense, par exemple, à une plus grande limitation des heures d’ouverture possibles de leur établissement faute de personnel, entraînant ainsi des pertes de revenus importantes dans une période de ralentissement économique. Certains pourraient même faire face à la fermeture complète de leur établissement, étant à bout de ressources. »

L’ARQ se questionne également sur les nouvelles conditions rattachées à l’EIMT qui, en plus de voir sa validité réduite de douze mois à six mois, ne pourra être obtenue seulement lorsque que la preuve aura été faite que toutes les autres options ont été explorées sans succès.

« On se questionne franchement sur ce que le gouvernement fédéral entend par "explorer toutes les options possibles" avant de pouvoir faire une demande d’EIMT, ce qui risque de prendre des semaines avant qu’un propriétaire ne puisse déposer son formulaire », explique Martin Vézina, vice-président aux affaires publiques et gouvernementales de l’ARQ.

« Aucune logique »

Même réaction médusée du côté de l’Association Hôtellerie du Québec (AHQ), qui rappelle 25% des hôteliers classifiaient le manque de personnel comme un obstacle majeur limitant la croissance de leurs activités, selon une étude réalisée en février dernier par Aviseo. Près de 20% d’entre eux affirment en outre compter un nombre d’employé inférieur au niveau prépandémique de 2019.

« La pénurie de main-d’œuvre fait encore partie des quatre priorités actuelles de l’industrie hôtelière. Nous ne comprenons pas que l’hôtellerie soit écartée des secteurs prioritaires. Il n’y a aucune logique », regrette Véronyque Tremblay, présidente-directrice générale de l’AHQ.

Maintenir la diversité des solutions disponibles

Le CQRHT et l’Alliance demandent ainsi au gouvernement de réexaminer les changements annoncés avec une considération spécifique pour les secteurs de l’hébergement et de la restauration.

« Les modifications proposées ne tiennent pas compte des réalités et des défis uniques auxquels fait face le secteur du tourisme, peut-on lire dans leur communiqué. La nature saisonnière de l’industrie nécessite une flexibilité et une réactivité accrue que ces mesures ne semblent pas reconnaître. Dans un contexte de rareté de main-d’œuvre dans les secteurs de l’hébergement et de la restauration, le gouvernement du Canada doit maintenir la diversité des solutions disponibles afin de minimiser les effets sur l’offre de services.

Sans une main-d’œuvre suffisante, la capacité de l’industrie à offrir une expérience de qualité aux visiteurs est mise à l’épreuve et pourrait même porter atteinte à la viabilité de certaines entreprises, à la réputation du Canada et du Québec comme destination de calibre internationale et aux retombées économiques de la saison estivale dans toutes les régions. »

Mots-clés: Canada
Lois, règlements et permis
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Ressources humaines
HRI - Général

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