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Hausse du salaire minimum : « Un plan qui ne tient pas la route », estime l’ARQ

 
16 avril 2020 | Par Marie-Ève Garon

Le gouvernement du Québec a annoncé ce mercredi que le salaire minimum augmentera de 60 cents à partir du 1er mai prochain, pour passer à 13,10 $ l’heure. Cette hausse de 4,8 % permettra d’atteindre, pour la période 2020-2021, la cible d’un ratio de 50 % entre le taux général du salaire minimum et le salaire horaire moyen.

« À première vue, on pourrait réagir négativement à l’effet que la capacité de dépenser des entreprises ne permettra pas d’assurer cette hausse de rémunération, mentionne François Meunier, vice-président aux affaires publiques à l’Association Restauration Québec (ARQ). Mais il faut comprendre que c’est une approche bien théorique parce que, dans les faits, 75 % des restaurants sont fermés. » Selon le gestionnaire, les établissements qui maintiennent partiellement leurs opérations, avec le soutien des différentes subventions gouvernementales, ne peuvent pas payer leurs employés seulement au salaire minimum. « La pression sur les salaires s’avère déjà bien présente. Dans le détail, il y a des offres autour de 17 $ à 18 $ l’heure et on peine à trouver du personnel. Alors, je ne vois pas en quoi nous pourrions célébrer cette hausse à 13,10 $. C’est un plan qui ne tient pas la route ! » Au Québec, 175 000 travailleurs ont récemment été mis à pied. « Il y aura des milliers de faillites. »

En vertu des mesures annoncées, le salaire minimum payable aux salariés rémunérés au pourboire sera à 10,45 $ l’heure, une hausse de 40 cents. Le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet, estime que la confirmation de cette annonce mobilisera les travailleurs pendant la crise sanitaire actuelle. Il s’agit, à son avis, d’un geste concret permettant de favoriser la reprise économique du Québec. « Le gouvernement doit négocier avec toutes sortes de considérations car plusieurs catégories d’emplois dans la transformation alimentaire, l’agriculture, le détail… sont en pénurie de personnel, nuance le vice-président de l’ARQ. Puis, il y a des dizaines de milliers de chômeurs qui viennent notamment du tourisme et de la restauration alors il aurait peut-être fallu qu’on envisage un scénario sans précédent, soit d’avoir des taux de salaire minimum qui varient selon les secteurs. » Comme la réalité actuelle dépasse tous les scénarios envisagés, le responsable croit qu’à l’avenir un changement de paradigme devra s’opérer. « Le contexte a rapidement changé. »

Pour François Meunier, ce débat s’avère en outre déconnecté de la réalité sur le terrain puisqu’une large part des entreprises ont dû fermer leurs portes. Pour les autres, lorsque les opérations régulières reprendront, les employés les plus performants n’accepteront pas de travailler au salaire minimum. Puis, jusqu’à nouvel ordre, la demande pour le personnel avec pourboire se fera rare. « Nous parlons de distanciation sociale pour les prochains mois. Croyez-vous vraiment que les salles à manger, avec des travailleurs à pourboire, vont rouvrir ? Nous, on en doute. Pas dans un horizon à court terme du moins. »

(Avec La Presse canadienne. Crédit photo : Pixabay)

Mots-clés: Québec (province)
Rémunération / Salaires
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