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Un campus nourricier voit le jour à Gatineau

 
16 septembre 2022 | Par Sophie Poisson
Crédit photo: Regroupement des cuisines collectives de Gatineau

Ses deux campus ayant été désertés par les étudiants pendant la pandémie, l’Université du Québec en Outaouais (UQO) a eu de la difficulté à trouver un entrepreneur privé pour son offre alimentaire. Parallèlement, le Regroupement des cuisines collectives de Gatineau (RCCG) était à la recherche d’un local adéquatement équipé. Jusque-là, il multipliait les arrangements pour occuper différentes salles de la ville et cuisines de partenaires, selon les disponibilités. Les deux acteurs se sont alors alliés et ont créé le 12 septembre un campus nourricier - services alimentaires et éducatifs -, après une semaine de portes ouvertes durant lesquelles des dégustations étaient gratuitement offertes.

« L’accès à une saine alimentation à prix abordable est très important, particulièrement dans le contexte actuel d’inflation, souligne la rectrice de l’UQO, Murielle Laberge, dans un communiqué. Ce partenariat permettra par ailleurs de favoriser l’implication des membres de notre communauté universitaire à des projets de cuisines collectives par et pour nos communautés. »

Situé à la cafétéria du pavillon Lucien-Brault à Gatineau, le nouvel espace allie autonomie alimentaire, inclusion et protection de l’environnement. Sur place, la communauté universitaire et la population du quartier bénéficient de six services alimentaires et éducatifs. Caf’Etcetera est un comptoir de restauration de repas légers presque entièrement végétariens, préparés selon les arrivages des invendus des épiceries et de l’inspiration culinaire des bénévoles du RCCG.

« Depuis cinq ans, on a un projet Collation pour tous pour tous les enfants des écoles participantes qui nous amènent à aller dans deux épiceries de la région où l’on récupère les produits tous les jours de la semaine, explique Josée Poirier Defoy, directrice générale du RCCG. L’an dernier, on a presque atteint les 100 tonnes de nourriture détournée des sites d’enfouissement. On n’a pas d’argent dédié pour le campus nourricier, mais on a des fruits et légumes en quantité industrielle et certains produits de spécialité qui nous permettent de raffiner notre menu. »

Une quinzaine de personnes sont venues manger chaque jour à la cafétéria depuis son ouverture ; un nombre en constante augmentation. À savoir aussi que le regroupement a comme mandat de ne pas concurrencer Moca Loca Café qui est resté ouvert à l’université durant la pandémie et qui propose des boissons, des sandwichs ou encore des viennoiseries.

Des activités complémentaires

Parallèlement, la communauté bénéficie aussi de frigos-partage en libre-service dans les deux campus, dont le contenu vient aussi des invendus des épiceries, est gratuit et accessible à tous. L’an dernier, plus de 78 000 portions de recette ont été mises dans les frigos-partage.

« On a le tri des invendus. On invite alors les étudiants à participer parce qu’une fois qu’on a mis de côté ce dont on a besoin pour nos activités, les bénévoles, qui nous aident à trier et à faire la transformation, ont le premier choix sur ce qui reste », souligne la directrice générale. Elle rapporte avoir des bénévoles issus de tous les milieux qui viennent parce qu’ils s’ennuient, n’ont pas envie de cuisiner pour eux seulement, veulent redonner au suivant, apprendre de nouvelles recettes ou encore arrondir leurs fins de mois.

Le projet de cuisines collectives anti-gaspillage est quant à lui un espace qui permet de démarrer et d’accompagner des cuisines collectives - regroupements de personnes qui transforment les invendus des épiceries et les utilisent pour cuisiner des repas à emporter à la maison.

Consolider ses activités

« Avant, l’association des étudiants de l’UQO était membre du regroupement et on a tenté, d’année en année, de garder des groupes en mouvements, mais c’était difficile de trouver des lieux adéquats pour de grands groupes d’étudiants, donc ici, ce sera possible ! », se réjouit Josée Poirier Defoy.

Le RCCG, qui a quatre employés, offre chaque trimestre une formation en cuisine économique qui a été mise à jour par les nutritionnistes du Centre intégré de santé et des services sociaux de l’Outaouais. Il propose en plus deux ateliers culinaires par trimestre sur différents sujets comme la conservation des aliments.

« Je sens qu’on va être victime de notre sujet parce qu’on a déjà commencé à avoir des demandes qui pourraient nous amener à développer un service traiteur. Le nerf de la guerre pour nous est toujours de trouver du financement pour nos activités. »

Le RCCG est un organisme sans but lucratif qui vise le développement et la consolidation des cuisines collectives dans le but d’aider les individus vivant en Outaouais et étant en situation de pauvreté ou de précarité, à se nourrir adéquatement.

Pour suivre le Regroupement des cuisines collectives de Gatineau :

Mots-clés: 07 Outaouais
Communautaire
Services institutionnels
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