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Trudeau annonce un programme d’alimentation scolaire de 1 milliard $

 
2 avril 2024 | Par La Presse Canadienne
Crédit photo: Le Club des petits déjeuners

Le prochain budget fédéral comprendra le financement d’un programme national d’alimentation scolaire qui visera à fournir des repas à 400 000 enfants de plus par an à travers le pays, a fait savoir lundi le premier ministre Justin Trudeau. M. Trudeau en a fait l’annonce à Toronto en compagnie de la ministre des Finances, Chrystia Freeland, et de la ministre de la Famille, Jenna Sudds, dans le cadre de la tournée prébudgétaire du gouvernement libéral.

Ottawa prévoit consacrer 1 milliard $ au cours des cinq prochaines années au programme alimentaire national. Même si l’éducation ne relève pas de la compétence fédérale, un programme national permettrait à Ottawa de s’associer avec les provinces et les territoires, dont bon nombre effectuent déjà le travail aux côtés de groupes communautaires.

Le premier ministre a affirmé dans un communiqué que ce programme « permettra d’atténuer la pression que ressentent les familles, d’investir directement dans l’avenir de nos enfants et de veiller à ce qu’ils soient heureux, en bonne santé et en mesure d’atteindre leur plein potentiel ».

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Au cours de la dernière année, la Colombie-Britannique, le Manitoba et la Nouvelle-Écosse ont alloué des fonds aux cantines scolaires, mais des organisations sur le terrain ont plaidé en faveur d’un partenaire fédéral. « Nous y parviendrons en travaillant de concert avec nos partenaires provinciaux, territoriaux et autochtones et en élargissant l’accès aux programmes alimentaires scolaires partout au pays, a déclaré Mme Freeland. Et nous voulons commencer dès l’année scolaire 2024-2025. »

Une promesse libérale

Le gouvernement libéral promet depuis longtemps de lancer un tel programme, et le premier ministre Trudeau a fait campagne sur ce sujet lors des élections de 2021. Les néo-démocrates ont poussé le gouvernement libéral à tenir cette promesse avant le budget fédéral, que Mme Freeland doit présenter le 16 avril.

« Aucun enfant ne devrait aller à l’école le ventre vide, et aucun parent ne devrait avoir à endurer et à se sentir coupable parce qu’il n’a pas les moyens d’acheter des aliments sains et nutritifs, a déclaré lundi le chef du Nouveau Parti démocratique Jagmeet Singh. Nous n’accepterons pas de promesses vides dans le prochain budget. Les familles canadiennes ont besoin de ce programme, et elles en ont besoin maintenant. »

Le Bloc québécois, qui avait fait adopter en octobre dernier une motion demandant au gouvernement d’en faire davantage afin de lutter contre l’insécurité alimentaire, s’est réjouit de l’annonce.

« Alors que les banques alimentaires croulent sous les demandes, le gouvernement fédéral n’avait tout simplement pas le choix de finalement livrer le milliard de dollars promis sur cinq ans, a commenté Sylvie Bérubé, la porte-parole du Bloc en matière de famille, d’enfants et de développement social. Le gouvernement doit maintenant s’assurer de transférer rapidement l’argent au Québec et aux provinces afin que les organismes de soutien alimentaire puissent répondre à la demande dans les écoles. »

Les groupes communautaires et de défense applaudissent

L’annonce de lundi sur la création d’un programme national d’alimentation scolaire a été accueillie favorablement par les groupes communautaires. « Ces programmes peuvent améliorer l’apprentissage et la santé mentale des enfants et réduire leur risque de développer une maladie chronique, notamment une maladie cardiaque et un accident vasculaire cérébral », a déclaré Doug Roth, PDG de la Fondation des maladies du cœur et de l’AVC.

Le Club des petits déjeuners, qui fait pression sur le gouvernement pour la création du programme depuis 2017, a également salué cette annonce. « Cette avancée significative marque un tournant dans l’engagement du pays en faveur du bien-être de tous les enfants alors que 1 sur 3 est à risque d’aller à l’école le ventre vide », a déclaré l’organisation de nutrition scolaire.

Tommy Kulczyk, le président et chef de la direction du Club des petits déjeuners, ainsi que Judith Barry, la cofondatrice et directrice des relations gouvernementales, étaient d’ailleurs présents aux côtés de Justin Trudeau lors de l’annonce.

Selon Statistique Canada, 18% des ménages en 2022 ont déclaré avoir souffert d’insécurité alimentaire au cours des 12 mois précédents.

Élargir les initiatives fédérales

Le gouvernement libéral a donné peu de détails sur ce à quoi ressemblerait un programme national d’alimentation scolaire et sur la manière dont les fonds fédéraux seraient répartis à travers le pays. La ministre Sudds a déclaré plus tard que bon nombre de ses homologues provinciaux étaient enthousiasmés par la perspective du programme national et comptaient sur l’aide du gouvernement fédéral pour élargir leurs propres initiatives.

Elle a également déclaré que le gouvernement fédéral adopte une approche flexible avec le programme, afin qu’il réponde aux divers besoins des différentes régions. « Les besoins sont différents, c’est certain, selon les régions du pays. Il peut s’agir du petit-déjeuner, du déjeuner ou des collations. Nous compterons sur nos partenaires pour engager ce dialogue sur ce qui serait le plus utile dans ces circonstances spécifiques. »

Lors d’une conférence de presse, plus tard lundi, Pierre Poilievre a qualifié le programme de « bureaucratie alimentaire fédérale » et a imputé la responsabilité de l’insécurité alimentaire au prix du carbone imposé par le gouvernement libéral.

« Mon plan de gros bon sens est de supprimer la taxe sur le carbone afin de réduire le coût de la nourriture pour tout le monde afin que nous puissions inverser la malnutrition causée par les huit années de Justin Trudeau », a-t-il déclaré.

Avant la dernière augmentation de la taxe sur le carbone lundi, Statistique Canada estimait que la tarification du carbone avait augmenté le prix des aliments d’environ 0,3 % depuis sa création.

Mots-clés: Canada
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