Pak-Sak : Regrouper et renforcer les auberges de jeunesse québécoises

15 août 2019 - Par Pierre-Alain Belpaire

« Ma préférée ? Sans doute celle de Lagos, au Portugal. La localisation était vraiment sympathique, dans une petite ville en bord de mer, mais c’est surtout la personnalité du propriétaire qui m’a marqué. Il préparait chaque soir une activité différente ouverte à tous. Exceptionnel… »

Hugo Leblanc-Dufour est un intarissable passionné, un véritable amoureux des auberges de jeunesse. Au cours de ses voyages qui l’ont mené de l’Europe à l’Amérique centrale, le jeune homme en a visité des dizaines. « Sans doute 60 ou 70, estime-t-il. Elles ont évidemment toutes leurs particularités, mais ce qui m’attire dans cette formule, outre le prix, c’est l’esprit, l’accueil, le partage. Séjourner en auberge de jeunesse te permet de vivre des moments inoubliables, de belles rencontres, de riches discussions… Et ça te marque sans doute bien plus que d’admirer la Tour Eiffel ! »

Au cours de ses études en administration à Montréal, le projet d’ouvrir un jour sa propre auberge germe dans son fertile et dynamique cerveau. Son diplôme en poche, il retourne auprès des siens, à Baie-Saint-Paul. « Et là, tout s’est enligné, sourit-il. C’était le bon timing et le bon spot. En quelques mois à peine, tout était réglé et, avec un ami et un autre partenaire, on ouvrait, en juillet 2017, l’Auberge des Balcons. »

Si l’établissement de Charlevoix connait un immédiat et populaire succès (il a franchi récemment le cap des 22 000 nuitées !), le responsable constate, à regrets, qu’il n’existe aucun outil permettant aux voyageurs de trouver, en un seul endroit, toutes les informations sur les auberges de jeunesse de la province. Les quelque 60 établissements du genre que compte le Québec fonctionnent, en effet, « chacun de leur côté, chacun dans leur bulle », déplore-t-il.

Hugo Leblanc-Dufour imagine alors un réseau, baptisé Pak-Sak, qui répondrait tant aux attentes des visiteurs qu’aux besoins des professionnels. Officiellement inaugurée voici quelques semaines, la plateforme compte déjà six membres et plusieurs contacts « avancés » devraient permettre de voir rapidement exploser le nombre d’adhésions. « Dès la fin de la haute saison, je vais aller rencontrer les autres aubergistes, pour leur expliquer le concept Pak-Sak et ses principaux avantages », explique le concepteur. Sa plateforme permet notamment aux propriétaires de ne plus être dépendants des Booking et autres multinationales de réservations en ligne : grâce à des liens directs renvoyant au site Web ou aux réseaux sociaux de l’établissement, on multiplie les réservations directes. « Le fait de se regrouper va également nous permettre de négocier des prix avantageux et de bénéficier de rabais sur différents produits et services. Cela va aussi simplifier les discussions, permettre de poser des questions aux collègues et de profiter de leurs bonnes idées », poursuit celui qui n’exclut pas de rassembler les auberges de jeunesse lors de journées d’échanges et de rencontres.

Gratuite pour les usagers et disponible sur base d’un abonnement annuel « abordable » pour les propriétaires (« Je suis moi-même aubergiste, mon but n’est pas de faire de l’argent en rendant le membership hors de prix ! »), Pak-Sak devra surtout renforcer et réorganiser un secteur de l’industrie hôtelière qui, après quelques décennies sombres, connaît depuis peu un impressionnant regain d’intérêt et de popularité. « Plusieurs auberges ont ouvert leurs portes au cours des 4 ou 5 dernières années. Et je suis persuadé que d’autres suivront sous peu », lance Hugo Leblanc-Dufour. Ultraconnectées, misant davantage sur les produits locaux, impliquées dans leurs communautés et leurs quartiers, les auberges de jeunesse 2.0 sont parvenues à séduire un public plus large que par le passé, composé de familles, de couples, de sportifs ou d’aînés. « Par exemple, à l’Auberge des Balcons, les 20-30 ans ne constituent pas la majorité de notre clientèle, indique le copropriétaire. Le point commun entre nos visiteurs, ce n’est pas leur âge, ce sont leurs valeurs. »

Alors que le Québec connaît des hausses record du nombre de touristes, le reste de l’industrie hôtelière voit d’un bon œil cette renaissance des auberges de jeunesse, croit le fondateur de Pak-Sak. « Nous ne sommes pas en concurrence directe avec les hôtels ou les gîtes, nous n’offrons pas le même produit. Par contre, nous complétons l’offre des destinations, nous amenons dans une région des touristes qui, sans nous, ne l’auraient peut-être pas visitée. Tout le monde est gagnant ! »

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