Ontario : Les livreurs foodora, entrepreneurs dépendants, peuvent se syndiquer

 
26 février 2020 | Par Pierre-Alain Belpaire

Les livreurs et livreuses de foodora sont des entrepreneurs dépendants et ont, à ce titre, le droit de se syndiquer, a estimé ce mardi la Commission des relations de travail de l’Ontario (CRTO). La société les considérait jusqu’ici comme des « indépendants », « ce qui lui permettait d’éviter certaines obligations en tant qu’employeur, et empêchait les travailleurs et travailleuses de se syndiquer », rappelle, dans un communiqué, le Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes.

« Cette décision prouve que le vent est en train de tourner en faveur des milliers de travailleurs et travailleuses de l’économie des petits boulots en Ontario, et d’ici peu, ces gens auront le droit de se syndiquer, estime Jan Simpson, présidente nationale du STTP. Le syndicat est fier de participer à cette contestation du pouvoir des grandes entreprises dont les activités reposent sur des applications mobiles et de redessiner l’avenir du monde du travail où les droits, la sécurité et le respect des travailleurs et travailleuses sont à l’avant-plan. » « Cette décision établit un précédent historique en faveur des travailleurs et travailleuses à statut précaire, déclare pour sa part Ryan White, du cabinet d’avocats Cavalluzzo LLP. Elle donne raison au STTP, qui soutient depuis le début que foodora exerce un contrôle beaucoup trop grand sur le travail des livreurs et livreuses pour que ceux-ci puissent être déclarés entrepreneurs indépendants. »

Dans les rangs des premiers concernés, la décision de la CRTO semble avoir été plutôt bien accueillie. « Nous sommes des travailleurs et travailleuses, point à la ligne, et nous avons le droit de nous syndiquer afin d’obtenir les droits et le respect qui nous sont dus », résume ainsi le livreur Ivan Ostos.

La compagnie foodora a, elle aussi, immédiatement réagi, dans un communiqué intitulé : « Les affaires continuent comme d’habitude ». « Nous avons reçu la décision de la Commission – nous la révisons et évaluons les prochaines étapes à prendre avec les livreurs à Toronto et à Mississauga. Nous respectons le processus de la Commission sous la Loi sur les relations de travail, assure David Albert, directeur général de foodora Canada. Nous continuons à nous axer sur la croissance de foodora et à agir dans le meilleur intérêt de nos trois parties prenantes : les clients, les restaurants partenaires et les livreurs. Tant que la liste des électeurs n’est pas confirmée et que les votes sur la demande de syndicalisation ne sont pas comptés, nous ne pouvons pas spéculer pour l’instant sur la question de savoir si le vote va pencher en faveur du STTP et ce que cela pourrait signifier pour l’avenir de notre entreprise. Pour l’instant, nous opérons comme d’habitude. »

En guise de conclusion, l’entreprise assure qu’elle « continuera à agir de bonne foi et à réfléchir à la manière d’avancer d’une façon mutuellement bénéfique pour offrir la meilleure expérience possible à tous ».

(Sur base de communiqués. Crédit photo : pixabay)

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