Le gouvernement du Québec dévoile sa Politique de souveraineté alimentaire

19 mai 2013 - Par Ginette Poulin

Le 16 mai dernier, à Baie-Saint-Paul, la première ministre du Québec, Pauline Marois, et le vice premier ministre et ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, François Gendron, dévoilaient la première Politique de souveraineté alimentaire du Québec.

Essentiellement, cette politique s’articule autour de quatre axes, soit l’identité des aliments du Québec, l’occupation dynamique du territoire, la valorisation du potentiel économique du secteur et le développement durable. De plus, elle vise à atteindre trois grands objectifs :

  • Assurer à l’ensemble des Québécois un approvisionnement en aliments de qualité, à juste prix et bons pour leur santé.
  • Accroître la proportion d’aliments du Québec consommée par les Québécois.
  • Développer un secteur bioalimentaire prospère, rémunérateur, générateur d’emplois, respectueux de l’environnement et contribuant à l’occupation dynamique du territoire québécois.

Pour Mme Marois, le concept de souveraineté alimentaire est bien adapté à la réalité québécoise. « Nous lui avons donné une couleur reflétant les aspirations et les attentes des artisans de notre secteur bioalimentaire, explique-t-elle. Pour nous, la souveraineté alimentaire c’est d’abord la capacité de l’État québécois à définir sa propre politique agricole et alimentaire suivant les intérêts de sa population. La souveraineté alimentaire privilégie la production locale ainsi que l’accès à la terre et aux ressources pour y parvenir, sans exclure les échanges et les exportations, poursuit la première ministre. Je souhaite qu’ensemble, nous travaillions pour qu’au moins 50 % des produits consommés par les Québécois soient des produits de chez nous. C’est toute l’économie du Québec qui y gagnera. »

D’ailleurs, Mme Marois a profité du dévoilement officiel de la Politique de souveraineté alimentaire pour confirmer la mise en œuvre d’une stratégie d’achat local propre aux établissements publics, et ce, d’ici décembre 2013. En collaboration avec les acteurs de l’industrie bioalimentaire québécoise, cette stratégie visera à accroître la place des aliments d’ici dans les établissements institutionnels québécois. Pour ce faire, le ministère s’attaquera à quatre fronts, soit : la distribution, la formation, les liens d’affaires et les appels d’offres dans le secteur public.

« Emprunter la voie de la souveraineté alimentaire, c’est se doter d’outils qui permettront aux entreprises bioalimentaires québécoises d’accroître leur place au sein du secteur institutionnel. Par cette stratégie d’achat local, elles pourront assurer pleinement l’approvisionnement de nos écoles, de nos hôpitaux, de nos garderies et des autres organismes gouvernementaux de façon à répondre aux attentes des consommateurs », indique la première ministre.

Des actions concrètes pour préserver la zone agricole

D’ici juin prochain, le ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation entend déposer deux projets de loi modifiant la Loi sur l’acquisition de terres agricoles par des non-résidents et la Loi sur la protection du territoire et des activités agricoles. Ces modifications permettraient de resserrer les critères d’accès et de nous prémunir contre d’éventuelles hausses de prix des terres que pourraient provoquer des demandes d’acquisition de terres agricoles par des intérêts étrangers. D’autres modifications pourraient aussi mieux protéger les terres agricoles de l’étalement urbain, favoriser leur mise en valeur et simplifier certains aspects d’ordre administratif.

« Bien que le phénomène de spéculation et d’accaparement des terres demeure marginal encore aujourd’hui, on ne peut se permettre de rester inactifs devant l’intérêt manifesté par les investisseurs pour cette ressource. Notre zone agricole ne couvre que 4 % du territoire et seulement la moitié de cette zone est propice à l’agriculture ; il faut donc prendre tous les moyens nécessaires pour nous assurer de demeurer propriétaires de nos terres. Puisque notre démarche implique des modifications législatives, il faut maintenant espérer que nous pourrons compter sur l’appui des partis d’opposition », affirme le ministre Gendron.

Une bonification de l’aide financière et des services d’accompagnement sur mesure pour la relève agricole

Le gouvernement du Québec annonce également une bonification de l’aide financière accordée à la relève dans le but d’appuyer davantage le transfert et le démarrage des entreprises agricoles par des jeunes qui possèdent la formation et les compétences nécessaires pour y parvenir. D’une part, l’élargissement du mandat du Fonds d’investissement pour la relève agricole (FIRA) aidera l’ensemble des jeunes entrepreneurs, incluant ceux en démarche d’acquisition de la ferme familiale. D’autre part, le Programme d’appui financier à la relève agricole de la Financière agricole du Québec (FADQ) sera enrichi de 3,8 millions de dollars par année.

Par ailleurs, des conseillers en relève du MAPAQ joueront un rôle central d’accompagnement global des jeunes entrepreneurs agricoles tout au long de leur projet. Ils seront ainsi en mesure de suivre l’évolution de la situation de l’entreprise au cours des cinq premières années, une période déterminante pour sa survie. Ce service permettra également de favoriser une meilleure coordination des ressources régionales œuvrant auprès de la relève.

Les entreprises serricoles québécoises bénéficieront de tarifs d’électricité adaptés

La production serricole en climat nordique engendre des coûts énergétiques plus élevés par rapport aux concurrents, ce qui limite la compétitivité des entreprises québécoises. Le mazout est encore un combustible largement utilisé pour chauffer les serres. Comme son coût est élevé, la saison de production est limitée. Pour aider les entreprises à réduire leurs coûts de chauffage, le tarif biénergie DT d’Hydro-Québec sera offert aux exploitations agricoles. Cette mesure cible la conversion du chauffage au combustible (mazout et huiles usées) vers le chauffage électrique pour les exploitations agricoles déjà admissibles aux tarifs domestiques. Les serres utiliseront ainsi une énergie plus verte, ce qui permettra de réduire les émissions de gaz à effet de serre et contribuera au développement durable de notre agriculture.

La production serricole exige également l’utilisation de l’éclairage de photosynthèse en période hivernale pour pallier le faible taux d’ensoleillement. En offrant une option d’électricité additionnelle adaptée aux particularités de leur mode d’opération, Hydro-Québec permettra aux entreprises d’accroître leur période de production. L’objectif de cette mesure est d’augmenter l’efficacité des entreprises et, surtout, d’assurer l’approvisionnement à l’année de nos épiceries, au bénéfice des consommateurs québécois.

Dans l’ensemble, ces mesures tarifaires pourraient permettre aux entreprises une économie pouvant aller jusqu’à 25 % de leur facture d’électricité.

« Aujourd’hui, nous amorçons une démarche qui donnera un nouveau souffle au secteur bioalimentaire. Cette nouvelle ère s’annonce emballante et porteuse pour notre avenir collectif », conclut M. Gendron.

Rappelons que le secteur bioalimentaire représente un apport économique considérable. Il compte pour 7 % du PIB total du Québec et génère quelque 475 000 emplois.

Pour plus ample information sur la Politique de souveraineté alimentaire, visitez le www.mapaq.gouv.qc.ca/PolitiqueSA.

Photo : © Eric Labont, MAPAQ

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