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Billet de la rédaction
Comme dans une grande roue
Personnalité HRI
Élise Tastet
Personnalité HRI
Laurie et Mélanie Boivin
Personnalité HRI
Louis-Charles Maltais
Personnalité HRI
Hélène Marchand
Personnalité HRI
Hugues Philippin
Personnalité HRI
Véronyque Tremblay
Personnalité HRI
Marc Fortin
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Christina Poon
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Francis Blais
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Jennifer Reynolds
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Tim Moroney
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Jean-Paul Grappe
Personnalité HRI
Stéphane Boudreau
Personnalité HRI
Chrystian Carbonneau
Personnalité HRI
Carl Desruisseaux
 
Billet de la rédaction

Comme dans une grande roue

 
3 février 2022 | Par Robert Dion

L’humain est au cœur des entreprises. Et pour le secteur des HRI, c’est encore plus vrai : ces trois secteurs ont leurs fondements dans le service et les relations humaines. Même si la technologie, l’automatisation ou la robotisation font leur place dans l’industrie, l’humain y sera toujours central et irremplaçable.

Des entrepreneurs, créateurs et artistes ont monté des compagnies, des modèles, des institutions qui sont toujours la base servant à innover de plus belle. Un peu comme dans une grande roue : certains débarquent du manège pendant que d’autres s’y installent, créant une industrie en mouvement constant et en constante évolution.

Encore une fois cette année, nous sommes heureux de vous présenter une sélection de portraits d’acteurs du milieu des HRI qui s’illustrent ou se sont illustrés dans notre champ d’activité. Ils font partie d’un grand groupe, le cœur de notre marché qui, depuis un certain temps, se fait malmener.

C’est avec cette idée qu’il y a 25 ans, presque jour pour jour, j’ai publié mon premier magazine. La publication est devenue un média entièrement dédié au domaine et à ses artisans. Je profite donc de l’occasion pour revenir sur le parcours de ces 25 années d’implication en gardant en tête tous ces créateurs et amis qui sont montés ou descendus de ce manège qu’est l’industrie des HRI que j’ai eu le plaisir de côtoyer.

Robert Dion, éditeur
[email protected]

 
 
Dossier

La ressource des professionnels du Québec depuis 25 ans

 
4 février 2022 | Par Sophie Poisson
HRImag, autrefois appelé Revue HRI et Le magazine Hôtels, Restaurants & Institutions, fête cette année ses 25 ans. L’occasion de revenir sur son histoire…

« En 1997, personne n’offrait une publication axée sur l’intelligence d’affaires de l’industrie, raconte le fondateur et éditeur du média, Robert Dion. Ça a mijoté une bonne année dans ma tête avant que je lance ma propre publication, mais je me suis dit qu’il y avait un vrai besoin. » Le natif de Québec démissionne de la revue Le chef du service alimentaire, dont l’approche était plutôt commerciale, et publie quatre mois plus tard le premier numéro de HRImag. En plus de la restauration, le magazine gratuit traite de l’hôtellerie et des institutions. « Le Québec est un petit marché francophone. Il est donc difficile de faire plaisir à une seule industrie et d’être rentable. Or, "HRI" était un terme d’industrie de plus en plus utilisé – un mot générique qui résonnait », explique Robert Dion. La pomme n’est pas tombée bien loin de l’arbre : son père a œuvré toute sa vie en publicité, et sa famille maternelle a fondé le réseau d’épiceries Provigo.

Avec le slogan « La ressource des passionnés », la publication vise les indépendants, mais l’intention est aussi de plaire aux chaînes. HRImag veut aider l’industrie que Robert Dion décrit comme « autodidacte et centrée sur elle-même par manque de temps et de ressources ». « Je persiste en disant qu’il y a encore trop de monde qui ne connaît pas les ressources leur permettant d’évoluer, dont notre publication ! Sans vouloir dire qu’on est les meilleurs, on est quand même la ressource principale de l’industrie au Québec pour acquérir de l’information et/ou des compétences. »

L’ancien vice-président aux affaires publiques et gouvernementales à l’Association Restauration Québec (ARQ), François Meunier, décrit le média comme un besoin : « Dans ce marché qui vit de la publicité, on se retrouve avec beaucoup de publireportages. HRImag est le seul média à occuper cette place sur le marché québécois, en offrant de l’information de grande qualité, écrite par des journalistes parmi lesquels on retrouve régulièrement des experts comme Christian Latour (professeur en techniques de gestion de services alimentaires au Collège Mérici qui gère le wiki HRI) et François Pageau (professeur de gestion de la restauration à l’Institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec). » L’ARQ collabore elle-même avec le magazine depuis ses débuts, en offrant du contenu ainsi que des activités comme des conférences et un sondage annuel sur les tendances de l’industrie.

« Être précurseurs et non juste informateurs »

À sa création, HRImag se présentait exclusivement sur papier, à raison de dix publications annuelles. Au fil des ans, le chiffre est tombé à huit, puis à six. En 2007, alors que la crise du papier se faisait déjà sentir, de premiers articles étaient publiés en ligne. « C’est ce qui nous a permis de survivre », signale le fondateur. Davantage d’information a ainsi circulé, et l’industrie est devenue plus professionnelle, ce qui a amené le magazine à changer de slogan pour « La référence des professionnels ».

« Le défi a toujours été d’être plus compétents que les lecteurs… parce que nous ne sommes pas des exploitants, mais notre réseau de contacts l’est ! Voyager avec des restaurateurs et des hôteliers depuis le début m’a permis de m’imprégner de leur vision et de leurs besoins. De là, on a créé des dossiers Tendances qu’on publie avant tout le monde, à l’automne. On est rendus assez loin dans l’expertise pour être précurseurs et non juste informateurs », affirme Robert Dion. Il cite des dossiers sur les ressources humaines et le développement durable, thèmes abordés par HRImag avant qu’ils ne se retrouvent partout ailleurs. Il évoque aussi l’organisation du premier salon virtuel des HRI en 2015 et des déplacements pour visiter des foires commerciales hors Québec – notamment en Europe et aux États-Unis. « On ne fait pas que dire qu’on est là : on investit dans l’industrie ! » souligne-t-il.

Si le chiffre d’affaires de HRImag a changé au fil des ans, la rentabilité est restée sensiblement la même, tout comme la taille de l’équipe. « Le fait d’être une petite entreprise nous permet d’évoluer au rythme des idées. Notre modus operandi consiste à écrire des articles assez intéressants pour que les lecteurs viennent et voient nos annonceurs, ce qui nous permet de gagner notre vie. Pour les annonceurs, on a toujours développé des produits qui évoluaient avec leurs besoins. On n’est pas juste des vendeurs de publicité : on est des créateurs de concepts de mise en marché », précise Robert Dion.

En janvier 2021, l’homme d’affaires a lancé Détaillant Alimentaire, un média qui s’adresse aux gestionnaires des services spécialisés d’épicerie et aux exploitants des commerces de proximité en alimentation du Québec. « À cause de la pandémie, on a vu beaucoup de petites entreprises avoir des besoins de communication pour faire rayonner des marques, des concepts et des produits hors du giron des grandes chaînes. Comme pour HRImag il y a 25 ans du côté du service alimentaire, le marché du détail a explosé. Il y avait donc un besoin », raconte l’éditeur. Il crée alors la maison d’édition VRTKL.media, qui gère désormais HRImag et Détaillant Alimentaire.

Le plaisir de s’informer

L’évolution de HRImag est passée par plusieurs étapes, dont l’une a été de mettre la coordination et la rédaction entre les mains de journalistes professionnels. Pierre-Alain Belpaire a su établir les bases des normes éditoriales du média, avant d’être remplacé à son départ pour la Belgique, après six ans à la tête de la rédaction. Rédactrice en chef de HRImag depuis 2020, Marie Pâris (anciennement cheffe de la section Gastronomie au Voir et directrice du Guide restos Voir) en profite pour apporter sa touche personnelle : « On a parfois tendance à se dire que la presse professionnelle doit être sérieuse. Mais même si les professionnels viennent s’informer, on peut être intéressant, agréable à lire, voire drôle. Je veux que les journalistes de mon équipe se fassent plaisir avec leurs plumes et leurs styles, que ça se retrouve aussi dans les titres et les illustrations. »

Le média élargit sa présence en disposant dès 2022 de bureaux à Montréal en plus de ceux de Lévis, et il agrandit son répertoire de pigistes. Il veut ainsi non seulement couvrir l’actualité, mais aussi faire un pas de côté pour traiter de sujets qu’il sera le premier à aborder, en s’inspirant de visites sur le terrain ou encore de discussions avec les acteurs de l’industrie. L’invitation est aussi lancée à ceux qui veulent prendre la parole, par exemple par une lettre ouverte ou une tribune.

Marie Pâris, qui a aussi créé le compte Instagram HRImag et le balado du média, veut mettre plus d’efforts sur le multimédia. « J’aimerais qu’on s’appuie davantage sur les réseaux sociaux pour atteindre les jeunes, notamment les étudiants. Pourquoi ne pas aller sur d’autres plateformes pour s’adresser à ceux qui n’ouvrent pas forcément un magazine papier ? Il s’agit aussi de se servir de tout ce que la technologie peut nous apporter pour notre site web, par exemple en insérant des capsules vidéo. On a de la pertinence parce qu’on a 25 ans, mais il faut aussi montrer que nous sommes capables de nous renouveler au fil des ans. » Bref, HRImag a déjà 25 ans dans le rétroviseur, mais se souhaite encore au moins autant de belles années dans le futur.

 
 
Personnalité HRI

La relève familiale

Élise Tastet

Faire parler des restos

 
21 février 2022 | Par Marie Pâris

Si Élise Tastet adore cuisiner des festins à la maison, elle est bien la seule de sa famille. Sa mère, avec qui elle a grandi, n’aime pas ça du tout, et son père, le critique culinaire du Devoir Jean-Philippe Tastet, l’emmenait quasiment tout le temps manger au restaurant. « On était à L’Express plus souvent que chez lui, se souvient la jeune femme. À trois ans, je jouais à faire le service au Byblos ; à 7 ans, je mangeais du boudin au Toqué ! Tous les restaurateurs me connaissaient. » Pour autant, elle n’a jamais voulu travailler en restauration. Elle étudie en histoire de l’art, puis en communication, travaille en publicité et dans le web. Lors d’un stage, elle se rend compte à quel point « tout le monde utilise Internet sans savoir vraiment comment ça fonctionne » ; de là lui vient l’idée de lancer un blogue sur les restaurants avec son père, ce dernier s’occupant du contenu et elle, de la partie web.

Le critique du renommé quotidien tique évidemment sur le terme de « blogue », un support plutôt mal vu dans les salles de rédaction, mais il accepte finalement de tenter l’aventure. Tastet.ca fait ainsi ses premiers pas en ligne en 2013, pendant qu’Élise fait sa maîtrise en commerce électronique à HEC. Mais entre le père et la fille, la vision de la restauration, et donc de la critique, n’est pas la même : si Jean-Philippe est concentré sur l’assiette – de la présentation aux techniques culinaires –, Élise prend en compte le décor, l’ambiance ou encore le service. « On a eu plusieurs différends là-dessus, raconte la trentenaire. Et aussi sur le choix des sujets : mon père écrivait des poèmes sur le jambon de Bayonne, et ainsi de suite ; bref, les articles ne marchaient pas. J’essayais de lui faire comprendre qu’il fallait tenir compte de ce que les gens voulaient lire… Un jour, il a débarqué du projet. Je pouvais enfin faire ce que je voulais ! »

La seule expérience qu’Élise Tastet a, à ce stade, c’est une bonne connaissance des réseaux sociaux. Elle a d’ailleurs lancé une petite entreprise de conseils dans le domaine pour les PME, qu’elle gère alors en même temps que Tastet.ca et sa maîtrise. Son père parti, elle se met donc elle-même à écrire. Petit budget oblige, elle commence par chroniquer sur les restaurants qu’elle a déjà visités et qu’elle connaît bien. « Comme tout le monde râlait contre les blogues, j’essayais de garder une certaine rigueur, de faire les textes de façon à ne pas mettre juste mon expérience en avant, précise l’entrepreneure. J’ai aussi utilisé mon réseau de restaurateurs pour faire des entrevues et des portraits. C’était compliqué les premières années, mais je suis devenue passionnée de la restauration – obsédée, même. J’étais au courant de tout ce qui ouvrait ! »

« Une femme, jeune, avec un père connu »

L’entreprise n’a pas encore de bureau, et Élise Tastet travaille de chez elle, accompagnée d’une stagiaire. Une fois par semaine, son conjoint l’emmène au restaurant : elle choisit alors l’adresse avec soin, car si l’expérience est positive elle sera l’occasion d’en faire un article. Au fil du temps, elle s’inscrit à différents programmes d’accompagnement des entrepreneurs – Montréal inc., Femmessor, etc. – afin de peaufiner son modèle d’affaires et elle met l’accent sur l’optimisation pour les moteurs de recherche (SEO). Le site passe rapidement de 25 000 visiteurs uniques annuels à 2 millions. « Je n’ai pas senti de bienveillance pour autant, note-t-elle. J’étais une femme, jeune, et en plus mon père était connu ; on m’a d’ailleurs souvent dit que je réussissais parce que j’étais la fille de Jean-Philippe. Mais peut-être que ça m’a encore plus poussée à montrer que je pouvais y arriver… À la fin, j’ai gagné les gens du milieu parce qu’ils ont vu à quel point je travaillais. »

Le site recense aujourd’hui 1 200 restaurants. Sa fondatrice reçoit tous les jours des messages, courriels et textos de restaurateurs qui lui demandent de figurer sur Tastet.ca, mais qui également lui reprochent qu’on y parle toujours des mêmes établissements. « Si on parle de ces restos, c’est que les gens les aiment, explique Élise Tastet. Et puis, beaucoup de restaurateurs nous feedent de l’information, des visuels, etc. C’est sûr que ça nous aide. » Tastet embauche ses premiers employés en 2018, et la jeune directrice doit apprendre à gérer l’entreprise en même temps que l’expansion du site, les attentes du lectorat et celles des restaurateurs. « J’avais 27 ans. C’était beaucoup. J’ai tout donné à cette entreprise… » La femme d’affaires confie être passée trois fois proche de l’épuisement professionnel.

Les visites des restaurants et bars sont désormais assurées par des employés grâce à un budget mensuel de 2000 $. La rédaction accepte aussi les invitations, mais ne garantit pas un article pour autant ; il faut que l’établissement entre dans les critères Tastet, listés sur le site. Élise Tastet a alors le sentiment d’être devenue « une vendeuse de publicité » à force de ne se consacrer qu’à ça. C’est pourtant un aspect qu’elle connaît moins, et qui de surcroît ne l’intéresse pas. « Là, j’ai dû me rappeler pourquoi j’avais lancé le site à l’origine, et où j’y trouvais du plaisir : c’est quand je fais découvrir un endroit cool aux gens. Ma paie, c’est quand un lecteur m’écrit pour me remercier de lui avoir fait découvrir un lieu. »

En 2019, son père revient dans l’entreprise, cette fois à titre de rédacteur-correcteur. Élise Tastet en profite pour se pencher sur la question de l’intelligence artificielle, un domaine qui la fascine. « Mon objectif, c’est de prendre nos 2,5 millions de lecteurs, nos 1200 restos et notre grille de critères, afin d’être capable de mettre en lien chaque resto avec la bonne personne, décrit l’entrepreneure. Si toutes nos adresses sont techniquement de “bonnes adresses”, elles ne le sont pas automatiquement pour tout le monde. Mon père et moi, on n’aime pas les mêmes lieux – lui déteste quand on ne s’entend pas parler, par exemple. » Elle retourne donc à HEC faire une spécialisation en intelligence artificielle, et devient candidate à l’incubateur Next AI, qui aide à intégrer l’intelligence artificielle dans les entreprises. Le programme commence le 16 mars 2020…

Toronto et intelligence artificielle

Quand la pandémie frappe, l’entreprise compte six employés. En plus de suivre l’incubateur à distance, Élise Tastet doit mettre à pied tous ses collaborateurs et reprendre elle-même leurs tâches. « J’écrivais trois articles par jour, se souvient la jeune femme. Comme les restos étaient fermés, j’ai écrit sur d’autres choses, notamment l’agriculture et l’alimentation ; on a fait des recettes de chef, etc. J’ai bossé jusqu’au bout. On a réussi à doubler nos ventes et à garder nos lecteurs, c’était fou. » Tastet.ca traverse finalement la crise, et avec succès. L’équipe au complet reprend du service, comptant à ce jour 12 employés à temps plein ainsi que 6 stagiaires et pigistes. La rédaction fait notamment un grand ménage du contenu en 2021 pour le recentrer sur les restaurants.

L’équipe crée enfin une application merchant, qui permettra aux restaurateurs d’entrer l’information de base concernant leur établissement et de mettre à jour des infos pour ressortir automatiquement dans le moteur de recherche du site – comme « take-out » et « salle privée ». Cette application devrait permettre de décharger l’équipe éditoriale de toute l’information quantitative concernant les restaurants et de se limiter aux ajustements qualitatifs. Tastet prépare un nouveau site, qui pourra soutenir les fonctionnalités d’intelligence artificielle, et le lancement de Tastet Toronto. « Ça a toujours été ça mon grand rêve : que n’importe quel épicurien puisse découvrir des adresses locales… », explique l’entrepreneure.

Alors que 2021 s’annonçait déjà bien chargée, Élise Tastet a eu la surprise de tomber enceinte. Une nouvelle vie qui lui a finalement permis de prendre du recul : « Le congé de maternité, quand t’as une entreprise, c’est très utopique ! Ça a été une année très rock’n’roll, mais mon fils m’a forcée à avoir une différente perspective de mon entreprise, et à arrêter de travailler 100 heures par semaine… » Aujourd’hui, la maman de 32 ans n’est plus « la Élise de 23 ans follement passionnée de la restauration et dingue des chefs, qui vit juste pour son site ». Si elle reste admirative du secteur et très intéressée par l’alimentation et les humains derrière, sa perspective a évolué. « J’aime encore l’industrie, mais pas pour les mêmes raisons… Et non, je n’ouvrirai jamais de restaurant ! »

 
 
Personnalité HRI

La relève familiale

Laurie et Mélanie Boivin

La passion de génération en génération

 
21 février 2022 | Par Léa Villalba

Bercées depuis leur plus tendre enfance dans le monde de la restauration, les jumelles Laurie et Mélanie Boivin reprennent peu à peu l’affaire familiale, Restaurants Le Subtil, fondée en 1986. Désireuses de perpétuer les valeurs de leurs parents, elles souhaitent aussi amener un vent de fraîcheur et de modernité à cette entreprise qui leur tient à cœur.

« J’ai toujours su que c’est ce que je voulais faire dans la vie, mais j’ignorais quand ça allait arriver », explique Mélanie Boivin. Dès leur plus jeune âge, elle et sa sœur se sont impliquées au sein des Restaurants Le Subtil. Après avoir fait des études techniques en gestion de commerce, Mélanie a commencé à travailler à temps plein dans l’entreprise familiale. Pour sa sœur Laurie, ce fut un peu différent. Bien qu’elle ait fait les mêmes études en gestion de commerce, elle se destinait à une carrière en droit. « Quelques jours avant mon entrée à l’université, nos parents nous ont parlé de la possibilité de reprendre leur commerce. Alors, j’ai décidé de me lancer », se souvient la jeune femme de 26 ans.

Laurie et Mélanie partagent depuis longtemps une fibre entrepreneuriale très forte et l’envie de travailler ensemble. « Ça nous a toujours parlé d’avoir notre propre entreprise, d’être notre propre patron ; on l’avait en nous », raconte Laurie. Les deux sœurs travaillent ensemble, plus assidûment depuis l’ouverture d’une troisième succursale dans le quartier Saint-Romuald de Lévis, en 2017. Leurs parents sont toutefois toujours présents pour les épauler. Mélanie gère essentiellement les ressources humaines et les opérations dans les restaurants et en salle, aux côtés de son père. Laurie, quant à elle, se consacre surtout à l’administration, avec l’aide de sa mère. « Ils se retirent progressivement pour nous laisser prendre les rennes, mais on travaille vraiment tous ensemble », poursuit-elle.

Une famille tissée serré

« Ça fait tellement longtemps qu’on travaille ensemble qu’on n’a même pas besoin de se parler », explique Laurie. D’après elle, la collaboration familiale est un atout : « On est plus efficaces dans les projets. » Cependant, certains défis ont aussi coloré leur carrière en famille, par exemple le fait de faire une distinction entre le personnel et le professionnel. « C’est difficile de ne pas tomber dans l’émotif, de ne pas le prendre personnel », confie Laurie. En effet, en plus de travailler ensemble à longueur de journée, la famille Boivin se côtoie aussi beaucoup après les heures de travail.

« On est tissés serré : on passe nos fins de semaine ensemble, on se voit énormément », mentionne Mélanie. Une psychologue d’entreprise qui menait une recherche sur l’entrepreneuriat familial a contacté la famille Boivin pour les aider dans ses enjeux. Elle leur a notamment donné plusieurs outils de communication pour réussir à séparer famille et travail.

Nouvelle gamme et nouvelle offre

Dès leur arrivée, les sœurs Boivin ont voulu rafraîchir l’entreprise. Elles ont actualisé l’image de marque, amélioré le site web et numérisé l’ensemble du service. Les deux jeunes entrepreneures ont aussi très rapidement voulu développer les commandes en ligne et le service à emporter. Voilà qui s’est avéré une bonne façon d’atteindre une nouvelle part de marché : « La clientèle nous le réclamait, mais ça prend beaucoup de temps. On voulait que ça colle au concept du resto », indique Mélanie.

Depuis peu, et moyennant un investissement d’un demi-million de dollars dans leur nouvelle cuisine centrale, les Restaurants Le Subtil offrent une gamme de nouveaux produits. De la confiture de pommes aux cretons maison en passant par une vinaigrette balsamique ou encore des soupes, Le Magasin poursuit l’offre de restauration saine et rapide, valeurs des Restaurants Le Subtil, mais à emporter. « Ce ne sont pas des repas, mais bien du prêt-à-manger. On veut simplifier le quotidien de notre clientèle, souligne Mélanie. C’est vraiment l’extension de l’expérience en restaurant. On veut amener le fast food santé à un autre niveau. »

Mélanie et Laurie Boivin prévoient d’améliorer encore davantage l’offre à emporter et envisagent aussi d’ouvrir une nouvelle succursale, sans pour autant en dévoiler le lieu…

 
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