Isabelle Marquis : « Les erreurs coûtent plus cher que par le passé »

16 avril 2018 - Par Pierre-Alain Belpaire

Experte en marketing alimentaire, Isabelle Marquis interviendra à différentes reprises durant le SIAL montréalais (2-4 mai). « C’est l’une des rares occasions de réunir tous les acteurs de l’industrie », souligne la consultante qui se réjouit notamment d’y découvrir les tendances de demain et de débattre avec les visiteurs de l’importance d’oser et d’innover.
 
 
HRImag : Isabelle Marquis, en matière d’innovation, les professionnels québécois des HRI sont-ils de bons élèves ?

De façon générale, ce sont des précurseurs plutôt audacieux. Mais certains sont plus frileux que d’autres, restent accrochés à leurs vieilles habitudes.

Les trois secteurs (hôtellerie, restauration et milieu institutionnel) innovent-ils de la même manière ?

Les restaurateurs sont sans doute plus à l’aise. Depuis quelques années, l’industrie hôtelière innove davantage, en misant notamment sur les spécificités régionales et l’ancrage local. Le milieu institutionnel peut apparaître comme le maillon de la chaîne qui freine le plus et ce, même si certains acteurs se démarquent et amènent de nouveaux concepts.

Note-t-on une différence entre les villes et les régions ?

Lorsqu’on quitte la ville, on remarque que les professionnels innovent surtout dans les ingrédients et les textures qu’ils utilisent. Ils vont plus rapidement oser introduire des champignons, des fromages, des fruits et légumes fournis par des producteurs locaux. En ville, les professionnels montrent plus d’audace en termes d’expérience globale, d’ambiance, de concept.

L’innovation est-elle réservée à la jeune génération ?

Non. Les jeunes professionnels et ceux qui ont davantage d’expérience ne vont simplement pas innover de la même manière. Les nouveaux venus vont foncer, exploiter à fond leur concept, ils sont prêts à révolutionner l’image de leur marque ou de leur établissement. Ceux qui évoluent dans l’industrie depuis plusieurs années vont sans doute chercher plus de stabilité, un meilleur équilibre entre les nouvelles offres et leurs classiques. Ils ne veulent pas prendre le risque de perdre leurs acquis en brusquant le consommateur.

Vaut-il mieux révolutionner intégralement son concept ou innover prudemment ?

L’idéal, c’est de réussir à surprendre le client sans lui faire perdre tous ses repères. On ne doit pas non plus le décevoir en retirant du marché certaines valeurs sûres, puisque même si plusieurs aiment et recherchent la nouveauté, l’attachement aux classiques est indéniable.

En matière d’innovation, a-t-on le droit à l’erreur ?

Oui, mais les erreurs coûtent plus cher que par le passé, à cause notamment de la concurrence accrue et du pouvoir des médias sociaux. Il est donc d’autant plus important de bien réfléchir et de prendre le temps de connaitre sa clientèle avant d’innover ou d’effectuer des changements. Il est également essentiel aujourd’hui de se préoccuper de l’expérience avant et après le repas et non juste pendant, de façon à bâtir une relation durable avec ses clients.

(Photo fournie par le SIAL)

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