Insécurité alimentaire : La Cantine pour tous mise sur la force du collectif

 
7 février 2020 | Par Pierre-Alain Belpaire

Lors de la récente tenue des Grands Prix DUX, le projet La Cantine pour tous s’est vu décerner les honneurs dans la catégorie « Institutions ». Le jury tenait ainsi à saluer une « collaboration positive entre les acteurs du milieu alimentaire ». Imaginé, dans un premier format, en 2010, repensé en 2016, l’organisme se donne en effet pour mission de rassembler d’autres organisations et entreprises ayant à cœur le bien-être et la sécurité alimentaires de leurs clientèles.

La mise sur pied progressive de cet important réseau comptant aujourd’hui deux douzaines de membres (dont trois en dehors de Montréal) permet à ses responsables de développer les services offerts et de désormais déployer des programmes à l’échelle provinciale. « Et on ne veut pas s’arrêter là : on a la ferme volonté d’encore augmenter le nombre de membres, assure Thibaud Liné, directeur général de La Cantine pour tous. Notre objectif est simple : assurer la sécurité alimentaire des populations les plus vulnérables, en commençant évidemment par les enfants et les aînés, mais en essayant d’exclure le moins de gens possible. »

En grandissant, en mûrissant, en passant au fil des ans d’« organisme montréalais » à « regroupement québécois », le collectif s’est vu obligé de relever de nouveaux défis. Il lui faut ainsi utiliser son expertise acquise au niveau local sur un territoire bien plus vaste. « Pour y parvenir, on commence toujours par des projets pilotes, on identifie nos actions et, surtout, on documente nos résultats concrets, poursuit le dirigeant. On ne peut pas crier qu’il y a un problème sans offrir de solution potentielle. »

Si, malheureusement, elle se fait souvent discrète dans les médias, l’insécurité alimentaire n’en demeure pas moins un terrible problème dans le Québec contemporain. De nos jours, à travers la province, 10 % des citoyens en souffrent. Et selon diverses estimations, un quart des aînés québécois auront besoin d’ici dix ans de services alimentaires adaptés, rappelle l’organisme sur son site Web. « Ce sont des chiffres terribles, reconnaît Thibaud Liné. Je pense que les experts et les preneurs de décision en sont de plus en plus conscients et qu’aux différents niveaux (municipal, provincial, fédéral), on se préoccupe toujours un peu plus de ces questions. »

Son organisme relativement jeune (« Nous sommes encore tout nouveaux sur la carte ») ne dispose pas encore de la médiatisation offerte à d’autres acteurs. Mais Thibaud Liné ne s’en formalise nullement. « Ce n’est pas un concours de popularité, lance-t-il. Les gens qui bénéficient de nos services savent que nous sommes là, c’est l’essentiel ! » Et le responsable de rappeler que ce prix DUX permettra sans doute d’aller chercher un peu plus de visibilité et de se faire connaître d’un plus grand public. « Surtout, ça démontre l’intérêt que l’industrie porte à notre projet, ça prouve qu’ils nous font confiance, se réjouit-t-il. Ça permet au passage de parler d’une problématique, observée au quotidien sur le terrain, à des gens qui y sont peut-être moins sensibles, qui en savent un peu moins sur cette réalité. »

Fort de cette belle reconnaissance et de la réponse croissante du milieu et du grand public, Thibaud Liné et ses troupes entendent redoubler d’efforts pour rassembler encore davantage d’acteurs et d’organismes du milieu et « proposer un projet commun et cohérent. Ce n’est pas l’éducation culinaire contre l’offre alimentaire, ce n’est pas tel projet contre telle initiative : il faut parvenir à une vision commune, à un programme alimentaire universel. »

(Photo prétexte pixabay)

Pour suivre La Cantine pour tous :

Mots-clés: Québec (province)
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