Hôtels du Grand Montréal : « La pente sera difficile à remonter »

 
17 juillet 2020 | Par Laurence-Michèle Dufour

L’Association des Hôtels du Grand Montréal (AHGM) compile, de façon mensuelle, les résultats de ses membres pour dresser un portrait de la performance de l’ensemble de son réseau. « Cette fois-ci, les chiffres sont assez éloquents, reconnaît d’entrée de jeu Eve Paré, présidente-directrice générale de l’association. Il arrive qu’on puisse y lire plusieurs choses, mais là c’est plutôt clair. La perspective de rentabilité est de plus en plus éloignée »

Les chambres disponibles sont inventoriées que l’hôtel soit ouvert ou non pour obtenir un portrait plus fidèle de la situation. « Il y a donc peu de fluctuation de ce côté, analyse la dirigeante. C’est par le nombre de chambres occupées en juin que l’on constate l’hécatombe : 73 053 contre 472 410 à pareille date l’an dernier. La grande majorité des visiteurs sont d’ailleurs des militaires ou encore des acteurs de la santé ou de la sécurité publique. »


(Source : AHGM. Capture d’écran du site de TourismExpress)
 

Le scénario est très similaire à ceux des mois d’avril et de mai. Les frontières toujours fermées, les bureaux désertés et les festivals annulés ne sont que quelques exemples des facteurs qui contribuent à ralentir cette reprise d’activités dans la métropole pour le mois de juin. La densité de population des centres urbains ne semble pas attrayante pour le tourisme en temps de pandémie, que ce soit ici ou ailleurs.

« Il est certain que l’on espère que les Québécois auront envie de visiter Montréal cet été, mais la pente sera difficile à remonter, déplore Eve Paré. Après avoir été enfermés plusieurs mois pendant le confinement, il est à prévoir que les gens ressentent le besoin de s’éloigner des grands centres et privilégient les régions. »

La relance des activités des restaurants et des bars — plus tardive à Montréal que dans le reste de la province — ainsi que celle des musées notamment pourraient contribuer à une très légère amélioration de la situation pour le mois de juillet.

La réouverture des frontières sera également à surveiller, mais la mise en quarantaine d’une période de 14 jours, qui demeure obligatoire pour les gens provenant de l’extérieur du pays, pourrait en décourager plusieurs. Les assurances voyages ne couvrant pas les frais inhérents aux annulations possibles engendrées par la COVID-19 pourraient avoir le même effet.

Certains hôtels profitent de cette pause forcée pour avancer des travaux de rénovation qui normalement cohabiteraient mal avec l’achalandage élevé de la saison estivale. D’autres se voient contraints de suspendre leurs activités.

Bien que la prolongation du programme de subvention salariale permette aux établissements ouverts de souffler un peu, les autres formes de prêts, plutôt que d’effacer les pertes, ne font que repousser le problème en augmentant l’endettement. « L’année 2020 sera difficile, juge Eve Paré. Il est possible que l’on perde des joueurs si aucune autre aide n’est apportée. Pas nécessairement des faillites, mais à tout le moins des changements de vocations pour certains. »

(Crédit photo : Life Of Pix / Pexels)

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