Hôteliers et cyclistes : Un rapprochement gagnant-gagnant

 
3 juillet 2020 | Par Laurence-Michèle Dufour

Dans cet été post-confinement, le vélo, qui gagnait en popularité depuis quelques années déjà, deviendra un allié de choix pour les déplacements de courte et de longue distances. Certains pourraient même opter pour ce moyen de transport afin de voyager et ainsi découvrir le plaisir de sillonner nos grands espaces à la force du mollet. « En ce moment, il y a une pénurie de vélo chez les vélocistes », explique, au bout du fil, Annick St-Denis, directrice générale chez Vélo Québec.

En cette année 2020, la Route verte célèbre en outre son 25e anniversaire. Pour l’occasion, Vélo Québec a lancé dernièrement la 10e édition de son guide La Route verte du Québec, qui cartographie les 5 300 kilomètres du réseau. Cet outil s’avère idéal pour planifier toutes sorties à vélo et répertorie notamment près de 500 établissements d’hébergement touristique et campings certifiés Bienvenue cyclistes !.

Cette certification, facile à obtenir, ne nécessite pas d’investissement particulier, outre les frais d’adhésion annuels, proportionnels au format de l’entreprise (de 135 dollars à 385 dollars, un rabais s’appliquant pour une adhésion de deux ans ou pour une adresse unique comportant des complexes multiples). Depuis 2006, c’est près de 200 établissements hôteliers et quelque 150 gîtes et auberges qui se sont graduellement greffés à l’association. La tendance semble plus marquée dans les hébergements comportant moins de 50 unités : ce phénomène s’expliquerait par la popularité des itinéraires plus éloignés des grands centres urbains.

Pour posséder la certification, les établissements doivent offrir :

  • Une pompe et de l’outillage pour les réparations mineures. « Rien d’extravagant, précise Annick St-Denis. Vélo Québec fournit une liste des différents formats de clés Allen et autres clés à molette les plus souvent requises. »
  • Des renseignements sur les réseaux cyclables et les services aux cyclistes. Aucune formation précise n’est requise pour le personnel, il doit simplement être capable d’orienter les usagers vers une boutique de vélo à proximité par exemple. L’établissement s’engage également à contacter l’association touristique officielle de sa région afin d’avoir sous la main toutes les cartes pouvant être pertinentes pour les cyclistes.
  • Un emplacement fermé et verrouillé pour les vélos pendant la nuit afin de permettre aux cyclistes de dormir l’esprit tranquille.

« Et pourquoi pas une douche à vélo pour les établissements situés à proximité de centres où les adeptes de vélo de montagne, qui gagne aussi en popularité, pourraient se rendre avec leurs montures souvent souillées ? On encourage évidemment les détenteurs de la certification à se démarquer par des petits plus, poursuit Annick St-Denis. On a entre autres senti un intérêt marqué pour une forme de forfaitisation. Il serait par exemple intéressant de proposer un circuit entre établissements, sous forme de partenariat, qui offrirait le transport de bagages. »

Selon un sondage réalisé en 2017, près de 765 000 cyclotouristes consomment plus de 1,6 million de nuitées chaque année au Québec. Majoritairement âgés de 55 à 74 ans, ils dépensent plus que les touristes d’agrément.

La force du réseau

Que ce soit à travers son guide tiré à 54 000 exemplaires, son site Web à jour ou une présence accrue dans les différents salons d’ici et d’ailleurs, Vélo Québec assure une grande visibilité à sa banque d’établissements.

« C’est cette visibilité qui amène les hébergements à se certifier et qui leur permet d’accéder, par le fait même, à une clientèle nouvelle », précise Annick St-Denis. En plus d’assurer un suivi aux établissements sous forme d’infolettres, l’association souhaite partager de plus en plus de portraits de ces différents propriétaires afin d’encourager et de stimuler la créativité du réseau. Vélo Québec entend également continuer à accueillir de nouveaux collaborateurs.

En raison de la crise sanitaire, les destinations voyage seront évidemment plus limitées cet été. Si la tendance se maintient, le tourisme intra-Québec devrait atteindre son apogée. Multiplier les options pour attirer la clientèle locale apparaît, dans ces conditions, une excellente avenue.

(Crédit photo : Jo_FRS / Pixabay)

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