École secondaire carboneutre : « Nous avons un devoir moral »

18 juin 2019 - Par Marie-Ève Garon

Nicolas Busque, professeur à l’école secondaire de l’Odyssée, a lancé, voici près de 12 ans, le projet Carboneutre. Cette initiative, qui ne visait au départ qu’à réduire l’empreinte carbone de l’école, a maintenant pour objectif de former de véritables écocitoyens. L’établissement d’enseignement, situé à Valcourt en Estrie, récolte aujourd’hui les fruits de son labeur puisque cette mission écoresponsable fait maintenant partie intégrante de son programme éducatif et de son plan stratégique, qui inclut désormais un volet lié à la protection de l’environnement.

« L’idée du projet est venue d’une conversation que j’ai eue avec mon père, qui était alors responsable d’une société de conservation ici, en Estrie, raconte Nicolas Busque. Il m’expliquait qu’auparavant, nous retrouvions beaucoup de chênes sur ce territoire, mais qu’il n’y en avait pratiquement plus et qu’il faudrait en planter à nouveau. Dès lors, j’ai pensé qu’il serait aussi intéressant de calculer la captation des émissions de gaz à effet de serre (GES). »

De cette volonté de réduire la production de GES à l’école est né le projet Carboneutre, qui n’a cessé de s’enraciner dans la philosophie et les pratiques, tant du côté des enseignants qu’auprès des élèves. « On ne se fera pas de cachettes, c’est une démarche extrêmement difficile notamment lorsque le bâtiment n’a pas été conçu dans cette optique-là. » Le temps et l’argent constituent, sans surprise, les principaux défis d’une telle entreprise.

Changer le monde, une action à la fois

Après plus d’une décennie de gestes écoresponsables, le professeur constate que l’école enregistre une réduction de GES d’environ 40 %. « Il y a certaines choses qu’on est en mesure de changer dans nos comportements en tant que professeurs et élèves, mais il y en a aussi sur lesquelles on a moins de pouvoir, surtout dans le cas d’un édifice déjà existant. Carboneutre comporte donc plusieurs facettes : compensation des GES, volet pédagogique, plantation d’arbres, développement de l’écocitoyenneté…

« Pour nos jeunes, le point de vue écologique est très intéressant, mais l’aspect académique est aussi fort stimulant. Ils veulent tout à coup mettre la main à la pâte. » Il y a quelques années, trois étudiantes de l’Odyssée ont ainsi eu l’idée d’instaurer des journées « électricité zéro », des classes jusqu’à la cafétéria. « C’est maintenant ancré dans nos mœurs. » Nicolas Busque reconnaît que le jeu en valait la chandelle puisque les efforts qui ont été fournis sont récompensés. « On a maintenant le vent dans le dos ! »

L’équipe derrière Carboneutre s’est récemment vu remettre une bourse par la Fondation estrienne en environnement et a conclu un partenariat avec les Brigades Culinaires et le Conseil régional de l’environnement pour son projet « Bouffons nos GES ». Celui-ci a pour but de sensibiliser les jeunes au gaspillage alimentaire et à l’alimentation végétarienne. « On se rend compte que, mondialement, le facteur le plus important pour réduire les gaz à effet de serre, c’est la climatisation. Mais on n’a pas toujours le contrôle là-dessus. Par contre, l’alimentation et le gaspillage sont des facteurs sur lesquels on peut exercer un changement. »

Nicolas Busque collabore par exemple avec les Brigades afin d’instaurer de nouvelles pratiques à la cafétéria. « Quand un groupe de huit élèves fait quatre recettes végétariennes, c’est un parcours Montréal-Québec qu’on ne fait pas en voiture. Nous allons mettre beaucoup d’efforts en ce sens au cours des prochains mois. Comme enseignant, je crois que c’est un devoir moral de le faire. »

(Crédit photo : Facebook / Projet Carboneutre)

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