Restauration/Hôtellerie : Les partis dévoilent leurs priorités

28 septembre 2018 - Par Pierre-Alain Belpaire

À quelques heures du dénouement de cette (longue) campagne électorale, HRImag s’est adressé aux quatre principaux partis politiques pour qu’ils définissent leurs priorités, tant au niveau de l’industrie hôtelière qu’en ce qui concerne l’univers de la restauration.
 
 

Parti Libéral du Québec

 
En matière de restauration, le PLQ rappelle que « dès cet automne 2018, un comité consultatif pour réviser les processus de contrôle des boissons alcooliques en prévision de l’abolition du système de timbrage et de marquage débutera ses travaux avec des partenaires gouvernementaux. Le 12 juin 2020, le système de timbrage et de marquage des boissons alcooliques sera aboli. De plus, le nouveau régime de permis d’alcool devrait être mis en œuvre, ce qui inclura notamment la possibilité de consommer une boisson alcoolique sans commander un repas dans un restaurant. »

Au niveau de l’hôtellerie, les troupes de Philippe Couillard se félicitent d’avoir fait adopter voici peu le projet de loi 150 à l’Assemblée nationale, qui « prévoyait notamment des mesures pour lutter contre l’hébergement illégal et assurer le respect des obligations fiscales des exploitants. Nous avons un souci d’équité et souhaitons favoriser la saine concurrence qui est autant au bénéfice des exploitants que des clients. Nous sommes engagés à poursuivre nos actions en ce sens. »

Pour lutter contre la pénurie de main-d’œuvre, « principal défi économique du Québec », les libéraux entendent continuer d’agir sur quatre plans : l’éducation, la participation, l’automatisation et l’immigration. « Pour aller encore plus loin en matière d’éducation et de formation de la main-d’oeuvre, dans un second mandat, le chef du Parti libéral du Québec, Philippe Couillard, rendra la formation technique et professionnelle plus accessible et attrayante sur l’ensemble du territoire et l’adaptera aux besoins en main-d’œuvre des régions afin que des travailleurs puissent être formés et qualifiés dans des domaines qui contribueront à la vitalité et au développement économique de ces milieux. »
 
 
 

Coalition Avenir Québec

 
Pour soutenir l’industrie hôtelière, la CAQ entend assurer une meilleure régionalisation de l’immigration. « La CAQ a déjà mis de l’avant l’idée de modifier la pondération dans la grille de sélection des immigrants afin d’accroître l’avantage accordé aux demandeurs détenant une offre d’emploi validée à l’extérieur des grands centres urbains, nous indique-t-on. Une bonification du programme d’aide à l’intégration des immigrants et des minorités visibles en emploi (PRIIME) est également proposée. »

Un gouvernement dirigé par François Legault accélérerait donc l’arrivée au Québec de candidats immigrants ayant déjà un emploi garanti, notamment en région. Pour cela, les caquistes souhaitent améliorer le processus de sélection, faciliter le recrutement à distance et soutenir les candidats immigrants de façon personnalisée dans leur intégration du marché du travail, une fois au Québec.

Pour aider l’industrie de la restauration, la Coalition Avenir Québec entend, ici aussi, s’attaquer au défi de la pénurie de main-d’œuvre. Elle souhaite également mettre l’accent sur les aliments d’ici. « Il faut les mettre de l’avant, faire en sorte que les Québécois profitent de leur propre ressource. Les mesures que nous présentons sont concrètes et vont permettre de développer notre industrie agricole et de mieux appuyer nos producteurs. La CAQ veut augmenter la production de fruits et légumes en serre au Québec pour approvisionner les cuisines d’établissement public, mais aussi pour offrir davantage de choix aux Québécois qui désirent acheter local. La CAQ veut diminuer l’importation de produits alimentaires et favoriser l’essor de l’agriculture d’ici. »

La Coalition Avenir Québec se tournera vers la Financière agricole pour qu’elle soutienne les projets de production maraîchère. « Nous voulons aussi réserver une partie de son Fonds d’investissement agricole aux projets visant l’accroissement de la production biologique, dont la production maraîchère biologique intensive. »
 
 
 

Parti Québécois

 
En matière d’hôtellerie et de restauration, les deux priorités du Parti Québécois sont l’allègement réglementaire et l’achat local, indique l’attachée de presse du parti.

« Nous avons déposé le rapport "Priorité PME", qui inclut 16 mesures visant à faciliter la vie des entreprises. Entre autres, nous comptons mettre fin à la culture du racket chez Revenu Québec, donner le droit à l’erreur, et placer l’allègement réglementaire directement sous la responsabilité du premier ministre. »

Le PQ promet de « ramener la Politique de souveraineté alimentaire, qui vise à augmenter la part de produits québécois dans nos assiettes. Le secteur HRI sera un partenaire important pour arriver à cet objectif, et nous ferons en sorte qu’il en bénéficie au maximum. »
 
 
 

Québec solidaire

 
En matière d’hôtellerie, Québec solidaire s’engage à « mettre au pas Airbnb pour protéger le parc locatif et assurer une équité fiscale avec les petits commerçants du secteur du tourisme, qui font face à une concurrence plus que déloyale ». Pour y parvenir, un gouvernement dirigé par Manon Massé restreindrait la conversion de logements résidentiels en logements Airbnb dans les zones commerciales et obligerait les intermédiaires de location en ligne à percevoir des taxes aux occupants afin de les reverser à l’État québécois. La loi Airbnb devrait, enfin, « limiter à une seule le nombre d’attestations de classification pouvant être délivrées par personne physique à Montréal et Québec ».

Puisque « l’État québécois a un rôle important à jouer dans l’alimentation des citoyens » et que « la gastronomie et l’alimentation sont centrales dans l’économie et la culture du Québec », Québec solidaire souhaite « donner un coup de main à la relève de la restauration et aux entrepreneurs déjà établis en facilitant l’accès à nos produits locaux. Un gouvernement solidaire soutiendra la mise en place de marchés locaux et de circuits courts partout au Québec afin de réduire les intermédiaires et de faciliter, enfin, le passage des aliments de la ferme à nos assiettes. »

QS promet également d’aider restaurateurs et producteurs à « tourner le dos aux pesticides » et de rendre les produits biologiques plus accessibles. « L’avenir est là. C’est ce que les consommateurs demandent de plus en plus. Pour y arriver, un gouvernement solidaire fera la promotion des fermes écologiques, soutiendra la mise en marché des produits biologiques et offrira un soutien technique et financier aux producteurs agricoles pour faciliter le passage du conventionnel au biologique. »
 

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