Logis Hôtels : « Le combat face aux acteurs mondiaux n’est absolument pas terminé ! »

14 novembre 2019 - Par Marie-Ève Garon

L’Association Hôtellerie Québec (AHQ) tenait son congrès annuel ce mardi 12 novembre à Drummondville. Lors de cette rencontre d’échanges et de partage entre les professionnels de l’hôtellerie, plusieurs sujets d’actualité ont été abordés : hébergement collaboratif, pénurie de main-d’œuvre, technologie au service de l’humain, tourisme d’affaires…

Parmi les conférences proposées, Karim Soleilhavoup, directeur général de la chaîne européenne LOGIS, a fait le point sur l’utilité et le rôle d’un réseau au service de l’industrie de l’hôtellerie-restauration indépendante. Avec 2 400 hôtels, 2 000 restaurants, 47 000 chambres et un volume d’affaires de deux milliards, LOGIS se situe au premier rang des chaînes d’hôtels indépendants en Europe et deuxième à travers le monde. En juin dernier, la coopérative québécoise Ôrigine artisans hôteliers a d’ailleurs conclu un premier accord commercial avec le leader français afin de consolider son positionnement non seulement au Québec, mais également à l’international.

« Ce qui s’avère très étonnant, c’est de constater que tant en France et en Europe qu’au Québec, nous avons un contexte de marché et des enjeux qui sont similaires, note le dirigeant. 82 % des hôtels français sont indépendants de sorte que le développement touristique se retrouve entre les mains de ces hôteliers. » Selon Karim Soleilhavoup, la principale difficulté réside dans le fait que seuls, ces indépendants deviennent anonymes et invisibles, d’où l’importance d’un travail de fédération dans le but de faire le poids devant les géants de l’industrie, comme les OTA, par exemple. « Le combat face à ces acteurs mondiaux n’est absolument pas terminé », assure-t-il.

L’indépendance garante de l’avenir hôtelier

Le directeur constate par ailleurs que certaines bannières européennes changent peu à peu leur stratégie en procédant à la « déstandardisation » de leurs établissements. AccorHotels en est un exemple, avec la marque Ibis qui déploie un nouveau modèle hôtelier adapté à l’environnement local. « Aujourd’hui, cet avantage qu’ont les indépendants à l’égard de la "déstandardisation" doit être renforcé afin d’arriver à le maintenir, notamment face aux bannières. » En ce sens, le conférencier se questionne à savoir de quelle manière les indépendants peuvent et doivent reprendre le leadership ? « On va être clair, Airbnb a donné une gifle aux hôteliers, mais également au produit en tant que tel. À nous maintenant de continuer d’optimiser la notion de destination et de repenser notre approche globale. La restauration, par exemple, représente un argument de différenciation extraordinaire pour créer de la préférence. » La qualité de la restauration s’avère d’ailleurs le principal critère des millénariaux en matière d’hospitalité.

Logis Hôtels mise également à 100 % sur l’activité locale, entre autres, en tant que moteur économique dont les bannières peuvent difficilement tirer profit à cause du processus industriel existant. Selon le gestionnaire, cette dimension est portée par les indépendants. « Attirer les talents dans son entreprise passera d’ailleurs à l’avenir par un véritable engagement social et environnemental, avec des preuves tangibles. »

L’essentiel en outre pour un hôtelier, d’ici 2025, serait de demeurer indépendant, d’incarner la culture de son propre établissement et de s’unir à un réseau. « L’indépendance est garante de la non-standardisation. Pour un client, c’est le seul moyen d’avoir une expérience renouvelée et différente à chaque passage. »

(Crédit photo : Pexels)

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