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Le salaire minimum au Québec passera de 13,50 $ à 14,25 $

 
17 janvier 2022
Crédit photo: Tim Douglas / Pexels

Le salaire minimum au Québec passera de 13,50 $ à 14,25 $ l’heure à compter du 1er mai. Le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet, en a fait l’annonce vendredi. La hausse concerne environ 301 000 travailleurs, dont 166 000 travailleuses, dans des secteurs comme le commerce de détail et la restauration. Pour les employés à pourboire, le salaire minimum passera de 10,80 $ à 11,40 $. Le ministre a souligné qu’il respectait ainsi sa cible de maintenir le salaire minimum à environ 50 % du salaire horaire moyen. Celui-ci serait de 28,47 $ selon les prévisions.

Le ministre Boulet estime qu’un salaire minimum à 14,25 $ l’heure est « un bon équilibre » entre les différents facteurs économiques et sociaux qu’il faut soupeser. « Il faut tenir compte de l’impact que la pandémie a pu avoir sur beaucoup de PME au Québec, qui ont eu à affronter des enjeux extrêmement importants en termes de maintien ou d’augmentation de leur croissance économique. Il faut aussi que ce soit suffisamment important pour inciter au travail. En même temps, il ne faut pas que ça provoque de décrochage scolaire. Je pense qu’on trouve un bon équilibre », a commenté le ministre Boulet.

Les grandes organisations syndicales et les organisations de défense des bas salariés, qui revendiquaient depuis quelques années de porter le salaire minimum à 15 $, ont depuis haussé leur demande à 18 $ l’heure. Elles soutiennent que 18 $ l’heure représente un minimum pour vivre dignement. Interrogé à ce sujet, le ministre a dit préférer y aller progressivement. « On y va étape par étape ». De 14,25 $ l’heure le 1er mai 2022, il croit pouvoir le porter à 15 $ l’heure le 1er mai 2023, en tenant compte de la vigueur économique du Québec. L’Ontario a déjà porté son salaire minimum à 15 $ l’heure le 1er janvier dernier.

Le ministre Boulet objecte que le Québec fait tout de même bonne figure au Canada pour ce qui est du revenu disponible, grâce à son filet de sécurité sociale, à ses services de garde subventionnés et au crédit d’impôt pour solidarité, notamment. La rareté de main-d’œuvre dans plusieurs secteurs d’activité économique a déjà entraîné une pression à la hausse sur les salaires. Bien des employeurs ont dû hausser le salaire qu’ils versent à leurs employés ou bonifier leurs conditions de travail d’une autre façon, pour les garder ou pour en attirer d’autres.

« Une claque au visage »

« C’est évident que c’est insuffisant. C’est un peu une claque au visage des bas salariés, a tonné Virginie Larivière, porte-parole du Collectif pour un Québec sans pauvreté, qui est membre de la coalition Minimum18. On est en pénurie de main-d’œuvre. Les employeurs n’arrêtent pas de nous dire qu’il faut que le gouvernement fasse quelque chose pour aider les employeurs à trouver de la main-d’œuvre. Or, le salaire, ça peut être une indication assez claire de ce que ça prend pour inciter les gens à aller travailler. »

La coalition Minimum18 milite justement pour faire établir à 18 $ l’heure le salaire minimum, afin de sortir de la pauvreté. « À 14,25 $, on est loin du compte, même si on a un emploi toute l’année », vu les récentes hausses de prix à l’épicerie, celles de l’essence, du logement et autres, relève Mme Larivière.

« C’est certain que ça va faire mal à des entreprises. On est dans une situation où la majorité des entreprises sont en dessous de leurs revenus normaux » à cause de la COVID-19, a pour sa part rappelé François Vincent, vice-président pour le Québec de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante. Et cela s’ajoute à un endettement moyen de 100 000 $ par PME et aux taxes sur la masse salariale, relève-t-il. « Nous, on pense que le gouvernement devrait aider les petites entreprises, notamment par une diminution des taxes sur la masse salariale ».

M. Vincent se dit tout de même « soulagé » que la hausse n’ait pas atteint 18 $ l’heure, comme le revendique la coalition Minimum18. C’aurait été « catastrophique » pour les PME, croit-il.

Un effet domino

L’Association Restauration Québec (ARQ) se dit satisfaite du maintien de l’écart de 20 % entre le taux régulier et celui au pourboire décrété par le gouvernement, un gain historique obtenu il y a quelques années par l’industrie.

« Cette annonce, bien qu’elle aurait pu être pire avec des hausses plus importantes, demeure très difficile pour notre secteur », a déclaré dans un communiqué Martin Vézina, vice-président aux affaires publiques et gouvernementales. L’ARQ rappelle que la majorité des restaurateurs du Québec ont dû s’endetter ou sont passés à travers leurs économies au cours des mois précédents pour garder leur établissement en vie, maintenir leurs employés au travail dans la mesure du possible, et ce malgré les subventions gouvernementales disponibles.

Si elle estime qu’il reste à proprement dit peu d’employés payés au salaire minimum dans l’industrie, elle souligne que cette augmentation aura un effet domino sur tous les autres salariés de l’entreprise et, par conséquent, sur la masse salariale globale. Les exploitants devront aussi subir aussi l’augmentation des prix des aliments qui découleront de la hausse du salaire minimum sur toute la chaîne bioalimentaire.

Et Martin Vézina de conclure : « Les salles à manger de nos membres sont fermées actuellement, leurs revenus sont à la baisse depuis longtemps, mais on leur demandera d’augmenter leurs dépenses. Dans ce contexte, il est impératif que le gouvernement offre un calendrier clair de réouverture. »

(avec La Presse Canadienne)

Mots-clés: Québec (province)
Rémunération / Salaires
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