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Hausse des loyers en RPA : « La pandémie, un prétexte pour s’enrichir »

 
26 janvier 2021 | Par Marie Pâris

Le réseau de résidences privées pour aînés Château Bellevue avait annoncé récemment une augmentation de ses loyers, allant dans certains cas jusqu’à 450$ de plus par mois - soit une hausse de 20 %. Le groupe, qui possède des résidences à Valleyfield, Saint-Nicolas, Amqui, Pont-Rouge, Shawinigan, Thetford Mines et Val-Bélair, justifiait les plus fortes hausses par un « rattrapage étant donné que les coûts de ces unités étaient de loin inférieurs aux unités comparables ».

D’autre part, le Regroupement québécois des résidences pour aînés (RQRA), le Groupe Maurice ont commencé des démarches pour faire adapter la grille de loyers générique de la Régie du logement. « Le modèle actuel doit être revu, avance pour sa part Frédéric Lepage, président du Groupe Château Bellevue. La grille de fixation de loyer ne tient aucunement compte de l’augmentation réelle des coûts des salaires des employés des résidences, ni des autres frais, par exemple alimentaires. Les aînés doivent par ailleurs être mieux soutenus pour s’offrir ces services qu’ils demandent. »

Selon le Groupe Château Bellevue, revoir la grille de fixation des loyers permettra de pouvoir payer les employés des résidences pour aînés (RPA). Si ces derniers reçoivent actuellement 4$ de l’heure supplémentaires de la part du gouvernement, ce soutien financier est appelé à prendre fin. « Nous espérons que le gouvernement prend acte de la nouvelle réalité des RPA et de leurs résidents, et revoit le modèle afin que nous puissions offrir un service de qualité à nos aînés, de manière accessible. Il y a urgence », ajoute Frédéric Lepage.

Le Réseau FADOQ et QS montent au front

Le Réseau FADOQ s’oppose vivement à cette révision de la grille de fixation des loyers, et il a interpellé à ce sujet la ministre des Affaires municipales et de l’Habitation Andrée Laforest. Le Réseau craint notamment que les RPA puissent ainsi faire passer des hausses de loyer significatives contre lesquelles les locataires n’auront pas de recours. « La ministre Laforest semble prendre le parti des RPA lorsqu’elle affirme que cela leur prend plusieurs années avant d’être rentables, indique Gisèle Tassé-Goodman, présidente du Réseau FADOQ. C’est faux, les RPA sont rentables. À preuve, le Groupe Maurice a été avalé par Ventas, qui a une capitalisation boursière de 24,3 G$ US. Si les RPA veulent être prises au sérieux, elles devront ouvrir leurs livres pour démontrer qu’elles ont de la difficulté à boucler leur budget. »

Le Réseau a ainsi demandé au gouvernement du Québec de limiter les augmentations des loyers dans les RPA pour « protéger les aînés d’abus financiers », et a à cet effet lancé une pétition sur le site de l’Assemblée nationale, qui recueille des signatures jusqu’à la fin du mois. « Il y a une responsabilité sociale quand on héberge des aînés dans une résidence privée qui est accréditée par le gouvernement, ajoute Gisèle Tassé-Goodman. 60 % des personnes de 65 ans et plus ont des revenus de moins de 30 000 $ par année. Les aînés ont une capacité limitée à absorber des hausses de loyers démesurées. »

De son côté, Québec solidaire a demandé au gouvernement du Québec de mettre en place un moratoire sur les augmentations de loyer dans les RPA : « Le marché des RPA au Québec est de plus en plus contrôlé par de grands propriétaires immobiliers. Ces entreprises sont très profitables, elles peuvent se permettre de donner une pause à nos aînés au lieu d’utiliser la pandémie comme prétexte pour s’enrichir encore davantage, affirme Gabriel Nadeau-Dubois, porte-parole du parti, dans un communiqué publié par Québec solidaire. Le gouvernement doit les rappeler à l’ordre et leur interdire d’augmenter les loyers de nos aînés tant que la pandémie ne sera pas terminée. Les loyers en résidences sont déjà très élevés. Bien des aînés n’ont pas les moyens de subir une augmentation. Et faire déménager des aînés en pleine pandémie, ce serait tout simplement inhumain ! »

Rétropédalage au Château Bellevue

Ce lundi, le Groupe Château Bellevue annonçait finalement qu’il avait décidé de reconsidérer les hausses proposées à ses résidents afin de mieux tenir compte de la situation actuelle. « Nous avons écouté nos résidents et nous en sommes venus à la conclusion que nous avions fait une erreur pour certaines parties de la hausse projetée. Nous allons donc revisiter les baux pour cette année, incluant ceux qui ont déjà été signés, pour s’assurer que nos résidents puissent faire face aux difficultés actuelles », a annoncé Frédéric Lepage.

Tous les résidents recevront ainsi une communication du Groupe afin de discuter du renouvellement de leur bail « en tenant compte des hausses normales prévues dans l’industrie, au niveau du loyer et des services ». Le Groupe indique également que des mesures seront prises pour accompagner les résidents connaissant des difficultés afin de tenir compte de leur réalité. Un processus de révision de la gestion des baux est également lancé.

« Nous estimons que la hausse moyenne dans l’ensemble des Châteaux sera aux alentours de 2,1 % pour la portion immobilière, et de 3 à 5 % en moyenne selon les services rendus aux résidents, a conclut le président du groupe. La portion des nouveaux services que nous souhaitions inclure dans les baux, comme la télémédecine pour tous et l’internet haute vitesse pour tous deviendra pour sa part optionnelle. »

(Avec communiqués / Crédit photo : Château Bellevue St-Nicolas)

Mots-clés: Québec (province)
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