Plans et devis

Le Hangar

Sous la loupe
17 avril 2011 - Par Ginette Poulin

Ouvert depuis le 20 octobre dernier, Le Hangar est le troisième restaurant du populaire chef Louis-François Marcotte, également propriétaire des restaurants Le Local (sur la rue William), Simpléchic (sur la rue Wellington) et Cabine M (à l’aéroport Montréal-Trudeau). Situé dans le quartier Griffintown, Le Hangar propose une cuisine simple et sans prétention dans un décor inspiré du chic industriel à saveur new-yorkaise. Plusieurs mois de travail auront été nécessaires pour faire de ce projet une réalité. Les pages qui suivent vous offrent un aperçu des étapes qui ont mené au produit final.

Photos : Pierre Beauchemin




« Au départ, l’idée était de déménager les installations de Simpléchic traiteur dans un local plus grand qui nous permettrait d’augmenter notre capacité de production », explique François Courville, vice-président aux opérations et au développement des affaires pour les restaurants Le Local, Le Hangar et Cabine M. « Lorsque nous avons vu toutes les possibilités que nous offrait cet espace, nous nous sommes dit : Tant qu’à faire une cuisine, pourquoi ne pas faire un resto ? Et c’est ainsi que le projet a changé pour finalement inclure une partie restaurant, un comptoir appelé "To go" offrant une sélection de repas à emporter, et une partie épicerie fine, qui propose des produits d’importation privée. »

La firme d’architectes LemayMichaud, primée à maintes reprises pour ses réalisations dans le domaine de l’hôtellerie et de la restauration, a travaillé en étroite collaboration avec l’équipe de gestion du restaurant dans le but de réaliser quelque chose de nouveau qui se distinguerait des autres établissements du jeune chef. « Ma perception était qu’avec Le Local situé tout près, nous devions faire quelque chose de très différent. L’implantation d’une cuisine traiteur est donc devenue une opportunité pour nous d’aménager l’espace de sorte que la cuisine soit une partie intégrante du restaurant », raconte Viateur Michaud, cofondateur et architecte associé de la firme LemayMichaud, qui possède des bureaux à Montréal et Québec. « Nous avons rencontré les employés pour savoir s’ils s’opposaient à l’idée d’être observés, parce qu’avec un concept de cuisine ouverte, les cuisiniers deviennent en quelque sorte une attraction pour les clients. Par la suite, un consultant en cuisine a été engagé pour faire une planification modèle et le processus s’est mis en marche. » Au bout du compte, la cuisine est véritablement devenue la pièce maîtresse du Hangar, puisqu’elle occupe plus de la moitié de la superficie totale du restaurant, soit 2 300 pieds carrés sur un total de 4 500 pieds carrés.

La cuisine inclut des zones de préparation, de production et de finition, ainsi qu’un espace pâtisserie, le côté traiteur et d’immenses chambres froides.


Plan de la boutique, de la salle à manger, du bar (y compris le cellier) et de l’espace lounge du restaurant Le Hangar.

© LemayMichaud Architecture Design


Loupe 1 : Vue sur le bar du restaurant Le Hangar avec son imposant cellier


Loupe 2 : L’espace boutique, situé à l’entrée du restaurant, où les clients peuvent se procurer différents produits d’importation privée ainsi qu’une sélection de repas pour emporter


Loupe 3 : Une partie de la salle à manger où on peut voir les tables faites de plateaux de bois mobiles qui sont fixés à une poutre d’acier de 30 pieds de longueur. On remarque également les grandes ouvertures dans le mur de briques qui permettent d’observer ce qui se passe en cuisine. Ces « vitrines d’observation » étaient autrefois des portes de débarquement pour recevoir de la marchandise.


Loupe 4 : La salle à manger du Hangar avec ses luminaires cylindriques, ses nombreuses fenêtres tout en hauteur et son mobilier moderne au look industriel. Un mariage parfait entre la brique, le bois, le béton et l’acier.


Loupe 5 : La partie lounge du restaurant, qui se trouve derrière la salle à manger et juste à côté du bar.

L’art de créer quelque chose d’intemporel avec des choses simples

Le Hangar porte bien son nom puisqu’il se trouve à l’intérieur d’un vieil entrepôt qui date des années 1900. Les quatre grandes ouvertures qui donnent sur la cuisine étaient d’ailleurs des portes de débarquement pour la marchandise. « Il faut savoir utiliser les éléments architecturaux qui sont déjà là, mentionne François Courville. Le bâtiment est tout en hauteur, c’est pourquoi nous avons choisi un mobilier où les gens seraient assis plus haut. » En effet, les tables sont à 36 pouces de hauteur, comparativement aux tables standards de restaurant qui sont à 30 pouces, et les chaises sont à 24 pouces au lieu de 18 pouces. « On est assis plus haut, ce qui donne une tout autre perception spatiale de l’endroit, explique Viateur Michaud. On voit mieux la cuisine, et la relation serveur/client n’est plus la même, puisque nous sommes presque à la même hauteur. C’est beaucoup moins formel. »

La brique, le bois, le béton et l’acier sont des éléments importants du décor du Hangar. Dans un espace presque entièrement ouvert, avec une grande fenestration qui amène une luminosité exceptionnelle, le choix du mobilier, des accessoires et des équipements est capital. « Les gens n’aiment pas se sentir coincés et être asservis à un espace fixe, raconte M. Michaud. Au centre de la salle à manger, les tables sont ni plus ni moins de grands plateaux de bois fixés sur une poutre d’acier de 30 pieds de long. On peut adapter l’espace au besoin en les déplaçant ou tout simplement en les retirant. De cette façon, la poutre devient comme un standing bar, ce qui permet de créer un effet dynamisant qui donne une tout autre personnalité au resto ! »

Une série de luminaires suspendus en forme de cylindres métalliques, qui semblent littéralement descendre du plafond, contribuent à maintenir l’aspect industriel. Leur revêtement crée également une continuité avec les comptoirs de la cuisine, les pattes de chaise ainsi que les bases de table, tous en acier inoxydable.

On ne doit pas faire la même chose deux fois

« Créer un nouvel espace dans un bâtiment déjà existant, c’est très intéressant, affirme M. Michaud. Bien sûr, il faut parfois faire face à des contraintes de structure ou d’espace, mais l’important, c’est d’accompagner le client dans ses demandes et de bonifier les éléments de base de l’endroit pour en faire quelque chose d’unique. Dans le cas du restaurant Le Local, sur lequel nous avions travaillé, et celui du Hangar, l’important était de bien déterminer les besoins et de créer un nouvel espace qui permettrait aux clients de voir la différence entre chacun des établissements de Louis-François », conclut-il.


Plan des cuisines de production et de préparation, des aires d’entreposage et de réfrigération, ainsi que les toilettes du restaurant Le Hangar.

© LemayMichaud Architecture Design


Loupe 6 : À gauche, l’aire de préparation de la cuisine. À droite, les nombreuses surfaces de cuisson qui permettent de répondre tant aux besoins du restaurant que du service traiteur.


Loupe 7 : Une partie de la cuisine de production du restaurant, avec le comptoir où les cuisiniers font le montage des assiettes.


Loupe 8 : Des toilettes toutes en couleurs, dont le design est inspiré d’un des nombreux hôtels où François Courville a séjourné.

Fiche technique

Le Hangar, 1011, rue Wellington, Montréal
www.resto-lehangar.com
- Propriétaire : Louis-François Marcotte
- Architectes : LemayMichaud Architecture Design
- Superficie totale du restaurant : 4 500 pieds carrés
- Superficie totale de la cuisine : 2 300 pieds carrés
- Nombre de places assises : 70

X