Quand Hollywood débarque au Jatoba

19 juillet 2019 - Par Pierre-Alain Belpaire

Une histoire d’une qualité « très moyenne et souvent farcie de blagues faciles ou stupides », selon La Presse. Un « scénario bâclé » et des « gags qui tombent à plat », si on se fie à la critique du Journal de Montréal. Malgré d’excellents résultats lors de son lancement sur Netflix au cœur du mois de juin, le film Murder Mystery, mettant notamment en vedette le duo Jennifer Aniston/Adam Sandler, n’aura guère convaincu les observateurs et experts du septième art.

« À mes yeux, c’est plus un navet qu’autre chose », estime, à son tour, Guillaume Rudloff. Mais si le directeur des opérations du Jatoba a tenu à visionner ce film, c’est que l’établissement montréalais a servi de lieu de tournage aux équipes américaines durant deux journées de l’été 2018. « Et si le résultat est décevant, ce furent deux superbes journées », s’empresse-t-il de préciser.

Plusieurs mois avant que les caméras ne se mettent à chauffer, le réalisateur et le producteur, en mission de repérage, tombent sous le charme du Jatoba. Convaincus que les lieux conviendront à leur prochaine œuvre, ils s’empressent d’entamer avec les dirigeants de l’établissement d’honnêtes mais âpres négociations. « Ils tenaient à occuper pleinement le restaurant durant deux jours, à en prendre possession. Pour nous, ça signifiait deux journées de fermeture complète, explique Guillaume Rudloff. Ils ont négocié avec le sourire. Et ils avaient le budget qui les aidait à négocier : on parle tout de même d’un film à 15 millions de dollars. On a embarqué, on s’est entendus sur les montants et on leur a loué l’espace. »

Les 15 et 16 juillet 2018, une opaque bâche recouvre la vitre principale du restaurant, permettant aux équipes de tournage d’évoluer dans une certaine tranquillité et, surtout, à l’abri des regards curieux qu’un aussi prestigieux casting aurait inévitablement attirés. Entre les murs, des dizaines de techniciens et d’assistants entourent la poignée d’acteurs. Les employés du Jatoba ont reçu leur congé. Seuls deux responsables restent sur place et se relaient pour aider la troupe hollywoodienne. « On les a guidés sur de petits détails techniques : comment régler les lumières ? comment gérer les frigos ? Mais on est restés un peu en retrait. Chacun sa job après tout », note le directeur, confiant avoir tout de même eu l’occasion de saluer « très rapidement, très sommairement » les acteurs.

Après ces quelques heures bien remplies, le personnel du Jatoba a repris sa place en salle et en cuisines tandis que les équipes du film poursuivaient, sous d’autres cieux, leur sympathique tournage et que leurs habiles techniciens entamaient le processus de montage. Un travail ô combien délicat qui, pour le restaurant de la Place Phillips, s’est avéré fatal : les scènes tournées entre ses murs ont finalement été coupées. « On figurera peut-être dans le dvd, lance Guillaume Rudloff. Mais en toute franchise, ce n’est pas une très grande déception, on savait que ça faisait partie du jeu. On a vécu une belle expérience, c’était une opportunité qui ne se refuse pas. Et on n’a pas perdu d’argent dans cette aventure. Au contraire. »

S’ils doivent donc, cette fois-ci, se contenter de la traditionnelle photo-souvenir, les responsables du Jatoba ne ferment nullement la porte à d’autres producteurs ou réalisateurs intéressés à venir poser leurs caméras dans leur restaurant. « Mais il faut que les retombées soient positives. Une mention dans le générique final, c’est sympa mais ça ne remplit pas les caisses. Ce qui est certain, c’est que si on a d’autres demandes, on les analysera avec grand plaisir. »

(Photo fournie par le Jatoba)

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