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Grève dans deux hôtels : la pénurie de main-d’œuvre au cœur du conflit

 
27 août 2021
Crédit photo: Hôtel Hilton Québec

Les employés de deux grands hôtels syndiqués avec la CSN ont entamé aujourd’hui un débrayage commun pour dénoncer des propositions patronales qui « risquent d’aggraver la pénurie de main-d’œuvre dans un secteur particulièrement à risque », indique la CSN dans un communiqué. Ces mouvements de grève interviennent alors que deux ententes de principe ont été conclues la veille dans des hôtels de la région montréalaise. La CSN appelle les grands hôteliers à s’inspirer des ententes déjà obtenues ailleurs pour mettre fin au litige.

Les syndiqués du Hilton à Québec ainsi que ceux du DoubleTree à Montréal ont donc dénoncé les différentes offres patronales, considérées comme « insultantes en raison de nombreux reculs, notamment sur le plan monétaire, proposés dans le contexte où le secteur hôtelier est particulièrement touché par un manque de main-d’œuvre de plus en plus criant ».

Deux grèves et deux ententes

« Ces propositions constituent une gifle pour les employés de ces deux grands hôtels lorsque comparées aux ententes de principe conclues jeudi aux Comfort Inn Dorval et Pointe-Claire pour lesquelles aucun recul des conditions de travail n’est prévu », souligne la CSN. Celles-ci prévoient des augmentations salariales annuelles de 1,5 %, 2 % et 2,5 %, une bonification du régime d’assurance et une réintégration des employés licenciés depuis le début de la pandémie. Ces ententes, basées sur celle survenue au Suite Faubourg la semaine dernière, seront soumises mardi aux syndiqués pour approbation.

« Cette pénurie de main-d’œuvre dans le secteur hôtelier met énormément de pression sur les gens qui y travaillent », s’inquiète Michel Valiquette, trésorier et responsable du secteur Tourisme de la Fédération du commerce (FC-CSN). Il indique qu’au Québec, certains hôtels ont perdu près des deux tiers de leur personnel depuis le début de la pandémie et que cette tendance met en péril le maintien des activités et la qualité de vie des employés.

« Ce que je constate actuellement, ce sont des gens surmenés qui doivent mettre les bouchées doubles par manque de personnel. Le retour au travail a été pénible pour plusieurs, qui doivent faire de plus en plus d’heures supplémentaires, souligne-t-il. Ce n’est plus agréable pour personne de travailler dans ces conditions. Les employeurs se disent conscients de la situation, mais envoient des signaux contradictoires aux tables de négociation. D’un côté, ils affirment vouloir retenir le personnel à tout prix, mais d’un autre, ils cherchent à sabrer les conditions de travail tout en offrant des hausses de salaire ridicules qui sont loin de couvrir l’inflation. Les employeurs doivent comprendre que s’ils veulent garder leurs employé-es, ils doivent faire preuve de cohérence. »

Hausses de salaire « faméliques »

À Québec, le trésorier du Conseil central de Québec-Chaudière-Appalaches, Louis Hamel, a dénoncé les hausses de salaire « faméliques » proposées par l’hôtel Hilton, ainsi que les baisses de contribution de l’employeur au régime de retraite et d’assurance collective et les reculs sur le plan des jours fériés et des congés de maladie. Il a rappelé que la CSN a annoncé dès le départ que ses membres n’accepteront pas de reculs sur le plan monétaire.

« Au Hilton, on propose deux ans de gels de salaires, suivis de deux augmentations de 1 % par année, a-t-il mentionné. Ce n’est pas nécessaire d’être très fort en calcul pour comprendre qu’on vous demande de vous appauvrir, alors que les premières ententes obtenues dans le secteur de l’hôtellerie permettent de conserver le pouvoir d’achat des salariés et n’offrent aucun recul à leurs conditions de travail. Ils ne démontrent aucune réelle volonté d’en arriver à un règlement et c’est ce qui pousse nos membres vers la grève. »

Au DoubleTree (anciennement Hyatt Regency), au cœur du Quartier des spectacles, l’employeur souhaite pour sa part abolir de nombreux postes, limiter les congés et obtenir des reculs sur le plan salarial, tout en refusant d’alléger la charge des préposées aux chambres, note la CSN. « Ce refus de reconnaître le problème de surcharge relève du mépris envers celles qui effectuent ce travail difficile et comporte un risque pour la santé des travailleuses. »

Mots-clés: Québec (province)
Hôtellerie
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