Drive-in : Miser sur la nostalgie pour oublier la pandémie

 
8 mai 2020 | Par Pierre-Alain Belpaire

Depuis ce vendredi matin, 11h, les clients des restaurants Le Canadien (Notre-Dame-du-Bon-Conseil) et Le Vieux-Saint-Charles (Drummondville) se voient offrir la possibilité d’effectuer un joli bond de quelque 60 ans en arrière en dégustant leurs mets préférés. Le propriétaire des établissements a en effet décidé de miser sur un concept de drive-in.

« J’ai acquis le Vieux-Saint-Charles voici deux semaines à peine, précise Laurent Proulx, mais du côté du Canadien, on n’a pas cessé les opérations depuis le début de la crise. C’est une entreprise très résiliente : les propriétaires précédents n’ont jamais arrêté en 30 ans, même pendant la crise du verglas. »

Au cours des dernières semaines, les commandes effectuées au comptoir du Canadien n’ont guère diminué. Mais à défaut de pouvoir s’asseoir dans la salle-à-manger, le maître des lieux a rapidement constaté qu’au lieu de rentrer immédiatement chez eux, nombre de clients s’installaient dans leur véhicule, vitres baissées, pour dévorer leur repas. Et l’entrepreneur d’alors imaginer relancer la mode des drive-in, très populaire dans les années ’50 et ’60.

« Le défi était principalement technique », poursuit Laurent Proulx. En quelques décennies, les voitures ont en effet fortement évolué et les fenêtres actuelles ne peuvent accueillir les cabarets d’antan. « Il a donc fallu développer des plateaux qui pouvaient s’accrocher aux portières modernes, évidemment sans les abîmer. Un de mes amis, un "patenteux" mais aussi un "vrai gars de char", a accepté de me préparer ça. »

Les drive-in du Canadien et du Vieux-Saint-Charles ont donc ouvert leurs portes ce jour. Les stationnements des établissements ont été aménagés afin de respecter les mesures de distanciation physique et les deux adresses peuvent accueillir respectivement une quarantaine et une cinquantaine de véhicules. « Ça doit rester sécuritaire, insiste le propriétaire. On limite également les contacts : une serveuse passe prendre la commande à l’auto, amène la nourriture sur le cabaret et le client règle par paypass. That’s it ! C’est de la livraison à la voiture. »

À grand renfort de musique rétro (« Les clients ont juste à syntoniser leur poste de radio »), Laurent Proulx entend offrir à sa clientèle une grande bouffée de nostalgie mais aussi l’occasion d’effectuer « une belle sortie de couple ou de famille » en ces temps quelque peu particuliers. « On connaît notre clientèle, explique-t-il. Nombre d’entre eux sont des baby-boomers, qui ont connu la belle époque des drive-in. On ne fait pas ça pour l’argent : on est privilégiés, les restaurants roulaient encore assez bien malgré la crise. Non, on fait vraiment ça pour offrir un peu de plaisir à nos visiteurs. On est une business du bonheur après tout ! » Il souligne également que l’initiative lui a permis de rappeler près de 40 % des serveuses des deux restaurants. « On est tellement heureux de les retrouver ! »

Bien conscient que la météo peu clémente des prochains jours pourrait refroidir certains clients, Laurent Proulx s’attend néanmoins à une « très belle réponse » de la part du public. La formule drive-in sera offerte tant et aussi longtemps que le gouvernement maintiendra la fermeture des salles à manger. « Voire plus... »

(Crédit photo : gracieuseté Laurent Proulx)

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