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Chef à domicile, un métier de plus en plus prisé

 
8 juin 2022 | Par Sophie Poisson
Crédit photo: Roland Bambach de Calibré Cuisine / Rachel Duquette de Chef à domicile

Rachel Duquette et Roland Bambach sont deux chefs à domicile qui ont commencé leur carrière il y a plus de dix ans. Si à l’époque le métier était peu connu, la concurrence est aujourd’hui plus présente ; mais la demande l’est encore davantage !

Rachel Duquette, agente administrative au Centre de santé et services sociaux de Beauce après un début de carrière comme cheffe de restaurant, a accepté en 2010 de retourner en cuisine pour des événements d’amis. « J’avais toutes mes fins de semaine de libres, mes enfants étaient rendus grands, raconte-t-elle. J’avais le potentiel et je voyais bien qu’il y avait de la demande. Comme je ne voulais pas vendre de la nourriture transformée dans un local où j’allais avoir des frais fixes, j’ai décidé d’aller cuisiner chez les gens. »

Elle a d’abord créé un site internet pour se faire connaître, mais c’est le bouche-à-oreille qui l’a vraiment aidée. Sa page Facebook, Chef à domicile, compte aujourd’hui 4500 abonnés et est le moyen de communication privilégié de ses clients québécois et ontariens. Quant à la plateforme MiumMium qui regroupe différents chefs à domicile, elle lui apporte plutôt une clientèle étrangère : d’Israël, de Suisse…

Rachel réalise des menus sur-mesure. « Les clients veulent souvent découvrir de nouvelles recettes à partir des ingrédients qu’ils ont à la maison. En Beauce, il y a entre autres beaucoup de producteurs de sirop d’érable et d’argousier, des chasseurs qui peuvent avoir du chevreuil... D’autres clients veulent revivre une expérience vécue lors d’un voyage et me demandent de cuisiner un plat qu’ils ont découvert à ce moment-là », témoigne la cheffe.

Développer son offre de services

Quant à Roland Bambach, il était habitué à remplacer son père, propriétaire de deux restaurants et d’une boulangerie, lors de ses congés. Lorsqu’il est arrivé au Québec sans parler français, il s’est servi de cette expérience professionnelle pour cuisiner lors d’événements organisés par sa femme et ses amis. Sur place, les invités l’embauchaient pour leurs propres événements à venir.

Le Belge a ainsi commencé à être chef à domicile. Un métier devenu officiel lorsqu’il s’est enregistré après avoir obtenu sa résidence permanente en 2008. Il a alors trouvé un local commercial pour cuisiner et les demandes se sont multipliées. « Elles étaient tellement nombreuses que j’ai dû en refuser plusieurs… Il fallait que je trouve une solution pour ne pas perdre de clients. Je me suis donc lancé dans le prêt-à-manger en 2015 », se réjouit Roland Bambach.

Installé au Vignoble Château Fontaine à Saint-Hyacinthe, il a une certification C1 qui lui permet depuis 2019 de proposer ses services aux restaurateurs : faire leurs grosses productions, développer des recettes ou encore concevoir leur menu. Il fait aussi de la transformation de fruits pour des producteurs locaux, notamment de camerises et bleuets.

Être imaginatif avec la pandémie

2019 marque le début de l’année sans solde que Rachel Duquette a prise à l’hôpital pour se consacrer pleinement à son emploi de cheffe à domicile. Si tout se passait bien au début, l’arrivée de la pandémie a entraîné une série d’annulations de contrat. La cheffe s’est alors mise à faire les courses et les repas de la semaine pour des docteurs. Elle reprenait du service à chaque fois qu’il y avait des réouvertures. Pour respecter les mesures sanitaires, elle était parfois amenée à préparer tout le menu avant l’arrivée des invités.

Elle a aussi organisé des cours de cuisine gratuits en direct sur Facebook, pour faire des muffins et des sushis. Elle a ainsi gagné en visibilité et a été contactée par des entreprises qui souhaitaient la même offre adaptée au corporatif. Parallèlement, le Groupe Canam à Saint-Gédéon-de-Beauce - spécialisé dans la conception et la fabrication de composants métalliques pour l’industrie de la construction en Amérique du Nord - lui a offert de remettre sur pied sa cafétéria, ce qui l’a amenée à mettre définitivement fin à son emploi à l’hôpital.

Durant la même période, Roland Bambach a aussi été contraint de mettre sa carrière de chef à domicile entre parenthèses et il a développé des coffrets-repas dont le contenu change chaque semaine. Il se sert aujourd’hui des éléments utilisés lors d’événements de chef à domicile pour remplir les boîtes, ce qui lui permet de maximiser son travail. Avec de plus en plus de clients fidèles qui lui donnent carte blanche, il délaisse les menus sur-mesure de chef à domicile, ce qui lui fait gagner du temps et facilite la gestion lorsqu’il a deux ou trois événements par semaine.

Embaucher pour limiter la concurrence

« Quand je n’étais pas disponible comme chef à domicile, on me demandait des références, rapporte Roland Bambach. S’il y a une demande, une offre va se créer, donc j’ai ciblé moi-même des personnes qui ont du charisme et sont capables de faire le travail. » Avant la pandémie, son équipe comptait huit personnes, contre quatre aujourd’hui. Le chef espère ajouter un ou deux autres employés afin de pouvoir avoir une boutique au vignoble où se retrouveraient son prêt-à-manger et/ou ses coffrets-repas. La pénurie de main-d’œuvre rendant difficile la croissance de sa compagnie, il est prêt à en vendre la moitié à un chef exécutif.

« C’est incroyable la quantité de demandes que je reçois, je n’ai jamais eu ça dans toute ma carrière ! Les gens sont plus habitués à manger dans le confort de leur maison, mais ils veulent encore retrouver l’expérience du restaurant. » Roland Bambach évoque aussi des prix intéressants pour les clients qui paient les produits au prix d’achat, notamment les bouteilles de la Société des alcools du Québec. Seuls des frais de représentation s’ajoutent.

« Quand je suis chef à domicile, je ne fais pas que cuisiner, je fais aussi le service. J’ai beaucoup de contacts avec les clients et c’est extrêmement valorisant. Ils me mettent sur un piédestal et c’est ce qui donne beaucoup de carburant et le goût de continuer. J’adore ce que je fais ! », sourit le chef.

Les clients de Rachel Duquette doivent réserver trois mois à l’avance pour l’avoir comme cheffe à domicile. Son conseil pour réussir dans le métier ? S’adapter à la clientèle – âge, classe sociale, présence d’animaux, etc. « Un jour, je suis arrivée dans une ferme et la vache n’allait pas bien, mon souper était presque prêt mais j’ai dû tout mettre sur pause en m’assurant que ça resterait bon. Les invités m’ont ensuite proposé de les rejoindre ; il n’était pas question de refuser et de dire que je suis gênée. Il faut être de bonne humeur, même si ça ne te tente pas. Tu donnes un spectacle ! »

Mots-clés: Québec (province)
Restauration
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