COVID-19 : Les résidences pour aînés face à un défi colossal

 
2 avril 2020 | Par Marie-Ève Garon

Le Regroupement québécois des résidences pour aînés (RQRA) est un organisme à but non lucratif qui rassemble des membres, des gestionnaires et des propriétaires de résidences privées qui gèrent plus de 88 000 unités locatives sur l’ensemble du territoire québécois. La pandémie de COVID-19 affecte particulièrement ce secteur qui regroupe un grand nombre de personnes vulnérables et en perte d’autonomie. Bien que les défis liés à cette période éprouvante s’avèrent nombreux, le président-directeur général et porte-parole officiel du Regroupement, Yves Desjardins, demeure convaincu que la bienveillance de ses membres envers leurs résidents permettra au final de passer à travers cette dure épreuve.

« La semaine du 9 mars, j’entreprenais une tournée annuelle afin de rencontrer des membres de chacune des régions du Québec, mentionne le responsable. Déjà, les gestionnaires des résidences étaient très sensibles à la situation qu’ils voyaient évoluer dans les autres pays. Le fait que le coronavirus touchait particulièrement les aînés devenait de plus en plus préoccupant. » Avant même que les mesures gouvernementales soient émises, les membres recevaient une série de recommandations afin de mettre en place un protocole de contrôle des visites. Devant l’ampleur de la situation, l’inquiétude s’est tout de même installée, notamment face au maintien des mesures d’hygiène et de sécurité. Yves Desjardins reconnaît que le contrôle des allers et venues représente un défi colossal. « Il s’avère extrêmement difficile de faire entendre raison, comme c’est le cas dans la population aussi ! La clientèle des résidences pour aînés fonctionne exactement de la même manière que le reste de la société : plusieurs résidents collaborent, d’autres moins. »

L’isolement en temps de crise

Malgré certains récalcitrants, le dirigeant tient à mettre en lumière le travail effectué sur le terrain non seulement afin de limiter les risques de propagation du virus, mais également dans le but de briser le sentiment de solitude des aînés. « Ce n’est pas facile de couper tous contacts avec les autres. Des gestionnaires ont mis à la disposition de leurs résidents des tablettes électroniques, d’autres vont faire des appels ou organiseront des activités à distance… L’anxiété que cette crise génère est énorme, il faut rassurer la clientèle. » Yves Desjardins rappelle que la plus petite résidence pour aînés au Québec abrite deux unités de location, alors que la plus grande en compte 1 018 ! Les enjeux ne s’avèrent donc pas les mêmes partout. « Au bout du compte, ça complique les choses et plusieurs sont à bout de souffle, notamment dans les résidences comptant peu d’unités puisque les propriétaires travaillent 24/7. »

Huit personnes composent l’équipe du RQRA et six d’entre elles travaillent en permanence à rassurer les membres des 790 résidences faisant partie du réseau qui font preuve jusqu’à maintenant d’une très grande résilience. « On leur demande comment ça va et s’ils vivent des difficultés. On les soutient et on les encourage à demeurer calmes. » La gestion de la pandémie se veut très délicate tant en ce qui concerne les horaires de repas, la disponibilité des équipements et de la main-d’œuvre que la gestion des ressources humaines et des résidents dont certains ne comprennent pas complètement la situation ou sont atteints de déficits cognitifs. « Mais les équipes sont mobilisées et personne n’a l’intention de baisser les bras. »

Yves Desjardins se dit aujourd’hui conscient que l’image des résidences devra être en partie redorée à la suite de cette crise. « L’idée que les aînés propageaient le virus a pas mal circulé. Maintenant, on entend que les résidences ne sont pas des milieux sécuritaires. Il y aura un travail à faire pour redonner confiance, mais il ne s’agit pas de quelque chose d’irréversible. » En contrepartie, le PDG estime que plusieurs personnes demeurant seules voudront sans doute briser l’isolement en choisissant de vivre dorénavant en résidence, comme c’est le cas pour un aîné sur cinq. « Il s’agit d’une crise que personne n’a vécue auparavant. Il faudra voir comment on s’en sortira mais, chose certaine, on doit demeurer positifs ! »

(Photo d’Yves Desjardins fournie par le RQRA)

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