Monde du vin : Les tendances pour 2014

Par Jean-Sébastien Delisle
1er mars 2014

Qu’est-ce qui fera bouger le monde du vin en 2014 ? Quelles orientations prendront les producteurs, les consommateurs et la SAQ ? Que devront surveiller les restaurateurs et les hôteliers cette année pour bonifier leur offre en matière de vins et de boissons alcoolisées ? Je vous livre, sans ordre précis, le fruit de mes réflexions et de mes recherches sur le sujet. À boire en 2014.

Et vive les bulles !

La démocratisation des vins effervescents se poursuivra à vitesse grand V cette année. Les consommateurs continueront d’acheter du champagne, cela va de soi ! Mais si nous considérons les pas de géant réalisés par les autres régions productrices au chapitre de la qualité et surtout au chapitre du prix, les solutions de remplacement qui s’offrent à nous sont légion. Les restaurateurs et hôteliers auront l’embarras du choix pour offrir des bulles de qualité à prix abordable. Surveillez les cavas, les crémants, mais aussi les bulles ontariennes et new-yorkaises, pour ne mentionner que celles-là.

La curiosité et la découverte à l’honneur

Les amateurs de vin seront de plus en plus enclins à sortir de leur zone de confort pour s’aventurer hors des sentiers battus. E t pour cause ! Les vins n’ont jamais été aussi bons, quels que soient la région ou le cépage utilisés. Ne soyez pas surpris si l’on vous suggère un vin rouge issu de Freisa du Piémont, un vin blanc issu de Furmint de Hongrie, un cabernet franc de New York ou encore un « scotch whisky » de la Nouvelle-Écosse. Osez suivre ce conseil original quant à un vin de Washington et laissez-vous tenter par cette nouveauté peu connue de Géorgie… Ce sont vos papilles qui vous remercieront !

Les producteurs du Nouveau Monde proclament 2014 l’année du chardonnay

Sur tous les blogues, de la bouche de tous les acteurs du monde du vin, on proclame le retour en force du chardonnay. Les vignerons, particulièrement ceux qui travaillent ailleurs qu’en Europe, s’entendent pour dire que les vignes plantées sont arrivées à maturité et que les clones utilisés sont enfin les bons. À preuve, lors du Jugement de Montréal l’automne dernier, quatre chardonnays australiens ont raflé les quatre premières places, devant des régions beaucoup plus prestigieuses comme la Bourgogne. Ajoutez à cela que les vins seront plus secs, plus craquants et moins boisés. Un grand retour qui se confirme.

La mixologie prend de l’ampleur

Phénomène plutôt récent, mais ô combien intéressant, l’art de concocter des « drinks » prendra une plus grande place cette année. Que ce soit dans les médias, les bars, les restaurants et les hôtels, on parle presque d’un incontournable. Qui plus est, les créations des mixologues seront dorénavant proposées en accord avec des plats et seront peut-être issues des nombreuses microdistilleries qui poussent comme des champignons chez nos voisins du Sud.


Peu de nouvelles offres dans les vins d’entrée de gamme à la SAQ

La SAQ n’a pas « gelé » ses achats de vins vendus sous la barre des 15 dollars, mais c’est tout comme ! Il faudra sans doute s’en remettre à nos bons vieux classiques dans cette catégorie d’offre, aux vins auxquels on s’en remet depuis longtemps. Pourquoi ? Peut-être est-ce en raison de la difficulté à trouver ces vins vendus autour de deux euros… ou trois dollars ! Mais c’est surtout parce que l’objectif de la SAQ pour la rentabilité est d’augmenter la facture moyenne du consommateur, donc de faire passer l’acheteur d’une bouteille de 15 dollars à une bouteille de 17 dollars. Quand on y pense, c’est logique : il aurait été impensable que notre société d’État incite à consommer plus, ce qui est socialement beaucoup moins acceptable, convenons-en !


Les vins américains sont en train de changer

Ils nous ont séduits avec leur excès de bois. Puis nous nous sommes lassés. Ils nous ont impressionnés un temps avec leur volume alcoolémique élevé. Puis nous nous sommes lassés. Ils ont donné de la gourmandise à leur vin en y laissant volontairement du sucre résiduel. Et nous sommes en train de nous lasser à nouveau… Ce qui préoccupe maintenant les producteurs californiens, c’est la recherche de l’équilibre, des vins moins costauds et plus digestes. Bien plus agréables à table et beaucoup moins « bonbons ». Et ils ne sont pas seuls : les deux autres États de la côte ouest, soit l’Oregon et Washington, évoluent dans ce sens. Je m’y suis rendu en novembre et je peux vous dire qu’une nouvelle vague se prépare… À surveiller de très très près !

Jean-Sébastien Delisle est sommelier, enseignant, importateur et il offre les services suivants : conférence, formation, conseils d’achat, évaluation de cave, accords mets et vins.
jsdelisle@symbiosevins.com 418 906-7677

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