Comment choisir ses poubelles ?

Par Piel Côté
1er mars 2014

Il existe de nombreuses options lorsque vient le temps d’acquérir ses conteneurs à déchets ou ses poubelles. Circulaires, rectangulaires, murales ou encore semi-encastrées, il y en a de toutes les formes, mais surtout de tous les prix, pouvant aller jusqu’à 5 000 $ chacune. Mais on peut raisonnablement trouver chaussure à son pied bien en deçà de ce chiffre vertigineux.

Avant même de proposer différents types de produits à ses clients, Francis Phaneuf, représentant pour Sani-Dépôt, explique que la priorité de l’acheteur devra être de vérifier l’achalandage dans son établissement. « Le restaurateur ne sera pas avancé s’il y a 2 000 utilisateurs et que ses employés doivent vider les poubelles cinq fois par jour. »

Après avoir ciblé cette information, le commerçant devra considérer le style de sa clientèle, ce qui n’est habituellement pas une lourde tâche. Si son produit est haut de gamme, alors il optera pour des produits en acier inoxydable, plus esthétiques, sinon, il portera son choix sur un produit fait de plastique, moins cher, celui-là.

Quelle marque choisir ?

Au Québec, trois compagnies se démarquent, et ce, autant pour les produits de plastique que pour ceux en métal. Il s’agit de Bobrick, Frost et Rubbermaid. Les deux premières, aux dires de M. Phaneuf, offrent des produits convenables, de styles similaires. Mais c’est Rubbermaid qui est la plus vendue au Québec. Sa technologie de plastique infusé est certes plus chère, mais elle est surtout plus résistante.

Dans la construction de ce matériau composite qui ne contient aucun trou, chaque microbulle d’air est expulsée, renforçant la poubelle. Mais surtout, cela ralentit considérablement la prolifération bactérienne, puisque celle-ci a moins d’espace pour s’installer. Qui dit moins de bactéries dit aussi moins d’odeurs, et vos clients l’apprécieront. Le plastique infusé est donc un véritable atout pour vos conteneurs à déchets.

Il est également fortement suggéré d’acquérir des doublures pour vos poubelles afin de rehausser l’esthétisme et de simplifier la vie de vos employés. La doublure est un contenant qui est inséré à l’intérieur des poubelles et dans laquelle le sac est inséré. E n plus d’être plus propre visuellement, la doublure a comme principal atout de protéger la poubelle : si le sac est percé, ce ne sera pas toute la poubelle qui sera gommée, mais seulement le contenant intérieur. Votre concierge vous remerciera également quand viendra le temps de faire le nettoyage hebdomadaire ou mensuel de vos bacs à déchets.

Et comme nous parlons de vos employés, ceux-ci vous seront aussi reconnaissants si vous achetez des poubelles qui comportent des canaux de ventilation. « Si votre préposé doit nettoyer 200 poubelles en une heure, il appréciera les canaux qui permettent de supprimer l’effet de succion du sac dans le contenant, surtout si le contenu est compacté », renchérit M. Phaneuf.

Le système de canaux de ventilation permet d’éliminer le phénomène de succion qui gêne le retrait d’un sac à déchets très compact. Sur l’image, le modèle Slim Jim © de Rubbermaid.

Photo : courtoisie de Rubbermaid

Que faire pour les bacs extérieurs ?

Première chose à vérifier : quels sont les règlements municipaux pour l’installation extérieure des poubelles et conteneurs ? Les lois ne sont pas les mêmes d’une ville à l’autre, voire d’un arrondissement à l’autre. Ne vous faites pas avoir, n’allez pas dépenser plusieurs centaines de dollars pour ensuite devoir tout renvoyer à l’expéditeur, faute de ne pas respecter les normes de votre municipalité.

Autre point intéressant qui pourrait s’adresser aux commerçants qui ont des problèmes de vandalisme : délaissez les poubelles en métal. « Une fois martelé, le métal se déforme, alors que le plastique va se replacer », commente M. Phaneuf.

Maximiser l’espace de la salle de bains

Les salles de bains sont parfois de petits endroits enclavés et les manufacturiers l’ont bien compris. La majorité d’entre eux offrent des modèles de poubelles autoportantes (de 200 $ à 300 $ pièce) que l’on place simplement dans un coin. Toutefois, Francis Phaneuf privilégierait la poubelle-distributrice (environ 500 $), puisqu’elle peut être totalement encastrée ou semi-encastrée dans le mur. Si vous choisissiez tout de même un modèle autoportant, n’oubliez pas de le munir d’un couvercle qui, pour 10 $ ou 15 $ de plus, apportera une touche de propreté supplémentaire.

Enfin, qui parle de poubelles-distributrices parle aussi de papier et il y a de grandes économies à réaliser à ce chapitre. « Il faut éviter les rouleaux, fait savoir M. Phaneuf. Les gens les déroulent sur trois ou quatre pieds. Si vous utilisez des feuilles prédécoupées d’une dizaine de pouces, les clients n’en prennent que deux ou trois. À la fin de l’année, pour le même achalandage, on peut épargner jusqu’à 250 $ », explique-t-il. Pour un établissement hôtelier qui aurait bon nombre de salles de bains sur plusieurs étages, ce choix peut représenter des économies substantielles.

Les poubelles-distributrices, comme le modèle 422-70 de Frost (sur la photo), permettent des économies d’espace et de papier.

Nous compostons, vous compostez, ils compostent !

Le compostage est déjà implanté dans les restaurants et épiceries de certaines régions des États-Unis et du Canada anglais, mais le Québec emboîte aussi le pas, constate Penny Lamarre, directrice des ventes et du marketing chez Durabac. Lorsque vient le temps de choisir des contenants pour la collecte des matières compostables, son principal conseil est d’opter pour un conteneur muni d’une trappe qui communique avec l’intérieur de l’établissement. « En évitant de faire sortir les employés, on épargne du temps et on évite aussi qu’ils profitent de ce moment pour fumer une cigarette ou pour utiliser leur téléphone intelligent hors de la vue des superviseurs », illustre Mme Lamarre.

Au moment de choisir votre conteneur pour les matières compostables, vous devriez considérer quelques critères. Par exemple, le couvercle devrait être particulièrement étanche pour éviter les problèmes d’odeurs et d’insectes. La matière utilisée pour la fabrication doit aussi permettre de manipuler les matières à teneur élevée de liquide pouvant être acides et corrosives. Les contenants en polyéthylène sont particulièrement recommandés dans ce cas.

Certains modèles sont munis d’un plus petit couvercle, ce qui évite que les gros déchets n’y soient placés par inattention.

Quant aux récipients utilisés pour recueillir les matières compostables en cuisine, Susan Antler, directrice du Conseil canadien du compost, recommande de vous attarder à leur facilité d’utilisation.

« Ces matières sont très lourdes, il faut envisager un modèle sur roues », propose-t-elle. De plus, pour des raisons d’entretien, l’utilisation de sacs est recommandée. « Mais attention, il est essentiel d’utiliser des sacs certifiés pour le compostage. Autrement, les matières pourraient être refusées par la compagnie qui assure la collecte. » Il est d’ailleurs primordial de vous renseigner sur les matières qui sont acceptées ou non par la compagnie en question.

Le modèle CPR 2000 de Duraplast est fait de polyéthylène (une résine 100 % vierge de qualité supérieure). Il est offert en capacités de trois ou de quatre verges cubes.

Le compostage en entreprise : pas si compliqué

En 2013, une soixantaine de Rôtisseries St-Hubert compostaient ; la mission pour 2014 sera d’implanter le compostage dans tous les autres restaurants de la chaîne, laquelle compte 114 succursales. Cela démontre bien que le compostage n’est pas une tâche si difficile à réaliser. Après le projet-pilote de 2009, St-Hubert et le consultant en environnement Jean-François Léonard ont mis sur pied un plan de compostage permanent qu’ils appliquent depuis 2010. « Ce n’est pas si compliqué. Il n’y a aucun problème au sein même de la routine des employés, explique M. Léonard. Ils ont déjà la philosophie de base du recyclage, alors il ne faut que dire aux employés de faire des gestes différents et de jeter dans le bon bac. »

Les coûts liés à la gestion des ordures ont à peine oscillé vers le haut. En contrepartie, le volume de déchets a nettement diminué. Ce faisant, St-Hubert s’assure de donner un coup de pouce à dame Nature.

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