Vincent Arsenault : « La restauration, un géant à protéger »

4 décembre 2017 - Par Pierre-Alain Belpaire

Vincent Arsenault a été nommé, le 14 novembre dernier, président du conseil d’administration de l’Association des restaurateurs du Québec. Après avoir entamé sa carrière voici 23 ans comme franchisé Giorgio, l’homme est devenu propriétaire du Tomate Basilic voici 13 ans. Particulièrement concerné par les dossiers de la relève et de la formation, Vincent Arsenault intervient comme professeur en gestion de la restauration au sein de l’ITHQ depuis six ans. « Ce poste de président du C.A. de l’ARQ, c’est une fierté mais surtout une incroyable responsabilité », résume le restaurateur de 47 ans.
 
 
HRImag : Vincent Arsenault, outre votre expérience de restaurateur, vous disposez également d’une formation universitaire en gestion des ressources humaines. Cela risque de vous être plutôt utile dans l’actuel contexte de pénurie de main-d’œuvre…

Malheureusement, oui. C’est un enjeu énorme, incontournable. Et pas seulement pour les prochains mois ou la prochaine année, mais sans doute pour les cinq ou dix prochaines années.

On l’a encore constaté mercredi dernier : tout le monde s’accorde désormais sur ce problème. Mais maintenant que les chiffres sont connus de tous, n’est-il pas temps de passer à l’étape suivante, celle des solutions concrètes ?

Je tiens à préciser un point : cela fait au moins dix ans que du côté de l’ARQ, on tire la sonnette d’alarme, qu’on se préoccupe de ce dossier. Mais effectivement, pour la première fois, les différents acteurs (industrie touristique, hôteliers, restaurateurs, écoles…) parlent d’une même voix, se réunissent autour d’une même table.

D’autres événements du genre sont-ils prévus ?

Bien sûr. Il y a un momentum, il faut en profiter. En janvier prochain, les différents acteurs se retrouveront pour évoquer la suite. Mais cette première rencontre, c’était déjà un signe encourageant, un message fort.

Un message envoyé à qui ?

Au gouvernement. On montre ainsi aux élus qu’on prend notre place, on se présente comme un interlocuteur inévitable. Si vous prenez la restauration au Québec – et uniquement la restauration ! -, c’est 12 milliards de ventes annuelles. Et 4,3 milliards en aliments achetés chaque année. Il faut que notre industrie soit perçue par le gouvernement comme ce qu’elle est vraiment : un géant à protéger et à aider.

Comment qualifieriez-vous votre rapport avec le gouvernement ? Est-il meilleur que par le passé ?

Disons qu’on nous écoute de plus en plus attentivement et que le dialogue est de plus en plus intéressant. Pourquoi ? Car on a été capables de leur démontrer, concrètement, l’ampleur de nos problèmes.

Revenons-en aux solutions : quelle serait la piste à privilégier selon vous ?

Il faut revaloriser notre travail, redorer l’image de la restauration. Souvent, on insiste sur les aspects négatifs de notre quotidien : les horaires, les salaires, les faillites, les marges faibles… Mais on compte 20 000 établissements au Québec. Pourquoi ne parle-t-on presque jamais de ces 20 000 passionnés ? Il faut raconter les belles histoires, parler des rêves des jeunes étudiants, évoquer les réussites. Oui, des jours difficiles, il y en a. Comme dans toutes les industries. Mais notre force à nous, c’est qu’on donne du plaisir au client. On l’oublie trop souvent.

Vous êtes restaurateur mais aussi professeur. La formation doit sans doute faire partie des pistes que vous privilégiez...

Évidemment ! Il existe actuellement un fossé entre nos restaurants et nos écoles, qu’il faudra gommer rapidement. Il va falloir aller parler aux jeunes, améliorer notre marque de commerce. Notre industrie va également devoir s’améliorer en termes de ressources humaines.

L’ARQ compte aujourd’hui plus de 5 500 membres. Peut-on vraiment imaginer parler d’une seule voix si on considère les réalités différentes que vivent ces milliers de professionnels ?

Oui, c’est possible. Mais il faut se rappeler en permanence qu’il n’existe pas une recette universelle. Pour mieux comprendre le quotidien de nos membres, nous avons d’ailleurs mis sur pied des événements en région. On ne peut pas se permettre de ne représenter que les restaurateurs montréalais.

Vous avez pris la relève de Claude Gauthier voici quelques jours. Comment s’est déroulée la transition ?

J’étais déjà membre du C.A., tout s’est donc passé en douceur, sans problème. L’une des forces de l’ARQ, ce sont ses équipes permanentes. Quand vous avez un type comme François Meunier à vos côtés, quand vous côtoyez des personnes compétentes, vous savez que vous êtes parfaitement outillés pour avancer, que vous avez une vraie crédibilité.

Quelles sont les forces de l’équipe constituant l’actuel conseil d’administration de l’ARQ (*) ?

Ce sont des restaurateurs, qui connaissent leur industrie. Ce sont des professionnels aguerris, qui ont fait leurs preuves. Ils représentent différents types de restaurants : franchisés, familiaux, … Et surtout, ils viennent de Gaspésie, de Trois-Rivières, de Gatineau, … et représentent parfaitement les régions. Vous allez voir : on va faire du bon travail. Du très bon travail.
 
 
(*) Le C.A. de l’ARQ compte dans ses rangs : Ludovic Delonca (Groupe Europea), Martin Lévesque (Club de golf Pinegrove), Claudine Roy (Brise-Bise et Auberge sous les arbres), Nathalie Lehoux (Restaurants Pacini inc.), Hugues Philippin (Chic Alors !), Tony Di Lemme (À la Vieille Cheminée), Tony Priftakis (Buffet des Continents), Lucie Normandin (Franchises Cora Inc.) et Alain Mailhot, président-directeur général de l’ARQ.
 
 
Pour suivre l’ARQ :
- Sur le Web : restaurateurs.ca
- Sur Facebook : Association des restaurateurs du Québec
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- Sur LinkedIn : Ass. restaurateurs ARQ
 
 
Sur la photo : Rangée du bas : Claudine Roy, du restaurant Brise-Bise et de l’Auberge sous les arbres (Gaspé), vice-présidente, Vincent Arsenault, du restaurant Tomate Basilic (Montréal), président, Nathalie Lehoux, des Restaurants Pacini inc. (La Prairie), secrétaire-trésorière. Rangée du haut : Tony Priftakis, des restaurants Buffet des Continents (Gatineau), Lucie Normandin, des Franchises Cora Inc. (Sainte-Thérèse), Hugues Philippin, du Restaurant Chic Alors ! (Québec), Martin Lévesque, du Club de golf Pinegrove (Saint-Jean-sur-Richelieu), Alain Mailhot, président-directeur général de l’ARQ, Ludovic Delonca, du Groupe Europea (Montréal), Tony Di Lemme, du restaurant À la Vieille Cheminée (Saint-Léonard) et Claude Gauthier, du restaurant Le Castel 1954 (Trois-Rivières), président ex officio. Photo : Étienne Boisvert)

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