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Véronique Rivest

Que la meilleure gagne

Jamais une femme n’a obtenu le titre de Meilleur Sommelier du Monde. Aucune non plus ne s’est classée parmi les quatre finalistes depuis la première édition du concours mondial en 1969. Après avoir été sacrée Meilleur Sommelier du Québec, puis Meilleur Sommelier du Canada, Véronique Rivest étudie maintenant à plein temps en vue du prochain Concours du Meilleur Sommelier du Monde, qui doit se tenir cette année. De retour d’un voyage en Espagne, la pétillante jeune femme nous ouvre une porte sur sa vie et ses passions.

 
1er mars 2007

« À 40 ans, je me suis dit que j’étais assez vieille pour décider de ce que je faisais, lance Véronique Rivest d’entrée de jeu. Le printemps dernier, après sept ans passés comme sommelière et gérante du restaurant Les Fougères, j’ai réalisé que le vin n’était plus au coeur de mon travail. J’ai donc décidé de démissionner du poste de gérante. » Un allégement de tâche qui lui a donné un sérieux coup de pouce pour remporter le titre de Meilleur Sommelier du Canada. Un succès dû sans doute aussi à une insatiable curiosité, à une mémoire exceptionnelle, à un langage articulé et, bien sûr, à de longues heures d’études.

Métier : Sommelière
Objectif : Remporter le titre de meilleure sommelière du monde

Journaliste et enseignante à ses heures, Mme Rivest voue une grande passion aux langues, ce qui est sans nul doute un atout dans les concours de sommellerie, lors desquels on doit souvent réaliser les épreuves dans sa langue seconde. Dès l’âge de six ans, la sommelière parlait le français, l’anglais et l’allemand. Née d’un père canadien-français et d’une mère allemande, elle a vécu la plus grande partie de sa vie dans l’Outaouais, région où elle a été exposée aux deux langues officielles du pays. Pendant sept ans, elle a aussi habité en Alsace, en raison de ses études en langues. « J’ai rencontré là-bas celui qui allait devenir mon mari, glisse-t-elle. Il est actuellement mon fan numéro un. »

« En 1989, j’ai déniché un boulot chez un viticulteur en Alsace, continue la jeune femme. C’est là que s’est confirmée ma passion. J’aimais déjà tout ce qui se rapportait à la gastronomie et au vin. Là-bas, j’avais toujours le nez fourré dans la cave avec l’oenologue ». Son intérêt pour la sommellerie ne fait que grandir et l’amène à participer pour la première fois au concours du Meilleur Sommelier du Québec en 1996, où elle arrive en seconde place. Elle tente de nouveau sa chance aux concours subséquents où elle obtient respectivement la troisième et la seconde place, pour finir par remporter le titre en mars 2006, puis celui de Meilleur Sommelier du Canada en septembre dernier.

Reste l’étape palpitante du concours international, auquel elle consacre actuellement tout son temps, ayant cessé complètement son travail aux Fougères. À son retour de l’épreuve mondiale, peu importe le résultat, la mère de deux jeunes garçons aura plusieurs projets à mijoter : « Je n’ai jamais eu de plan de carrière, mais je rêve d’être étudiante à vie, avoue-t-elle. En tous cas, je ne crois pas retourner travailler à 100 % dans un restaurant. Je ne suis pas assez folle pour ouvrir un restaurant toute seule, mais j’aimerais peut-être avoir mon bar à vin. » Elle nous a aussi confié qu’elle aimerait beaucoup travailler un jour avec les enfants afin de stimuler leur goût, dont elle juge l’épanouissement menacé par l’uniformisation des produits alimentaires offerts actuellement à la consommation. Encore beaucoup d’action à l’horizon pour cette passionnée qui ne s’est jamais contenté d’un boulot de 9 à 5 !

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