Une hausse du salaire minimum « totalement déraisonnable », selon l’ARQ

17 janvier 2018 - Par Pierre-Alain Belpaire

Le salaire minimum passera, le 1er mai prochain, de 11,25 $ à 12 $ l’heure, annonçait ce mercredi matin le quotidien Le Soleil, précisant que jamais une augmentation aussi importante du salaire minimum n’avait été observée au Québec.

L’an dernier, lors de l’annonce de la précédente hausse (de 10,75 $ à 11,25 $), la ministre du Travail Dominique Vien avait indiqué que « si l’économie continuait d’afficher une bonne performance, le "taux général" du salaire minimum pourrait par exemple grimper de nouveau de 50 ¢ l’heure en 2018-2019, ce qui l’aurait porté à 11,75 $ », poursuivait Le Soleil.

Si la hausse est finalement plus élevée qu’annoncé, c’est que le gouvernement libéral a pour objectif de fixer un salaire minimum correspondant à la moitié du salaire horaire moyen au Québec d’ici 2020-2021. La croissance économique étant plus forte que prévu, « le salaire moyen pour l’année en cours sera plus élevé qu’anticipé. D’après le ministère des Finances du Québec et les instituts statistiques, il sera de 24,25 $ et non pas de 23,73 $, comme prévu. C’est ce qui expliquerait que le nouveau salaire minimum ne sera pas fixé à 11,75 $, comme on pouvait le croire, mais à 12 $ », soulignent nos confrères.

Le salaire minimum des employés à pourboire sera lui aussi réévalué le 1er mai prochain, passant de 9,45 $ à 9,80 $. Ici aussi, la hausse est bien plus forte qu’annoncé : l’an dernier, la ministre Vien évoquait une augmentation de 20 centimes en 2018.

« Guère étonnant »

L’annonce a évidemment provoqué de multiples réactions. Alors qu’elle estimait que la précédente augmentation n’était « pas déraisonnable », l’Association des Restaurateurs du Québec trouve, cette fois-ci, que la décision du gouvernement est « totalement déraisonnable ». « Une hausse de 50 centimes aurait déjà constitué un geste fort et une augmentation significative. Alors imaginez 75 centimes… », souffle François Meunier, vice-président Affaires publiques et gouvernementales de l’ARQ. L’organisation rappelle que l’annonce de ce matin vient s’ajouter aux hausses de taxes municipales et des coûts de denrées alimentaires. « On s’interroge sur la capacité des employeurs à assumer toutes ces hausses et rentabiliser leur entreprise dans les années à venir », poursuit François Meunier.

Le responsable estime toutefois que si l’ampleur de la hausse peut surprendre, la stratégie du gouvernement n’est « guère étonnante ». « N’oublions pas que nous sommes à huit mois des élections, rappelle-t-il. On sent une forte pression dans l’opinion publique pour imiter ce qui se fait ailleurs en termes de salaires. »

François Meunier note aussi que cette annonce intervient sans doute trop tardivement, alors que « nombre d’entrepreneurs se sont basés sur la hausse annoncée de 50 centimes pour planifier leurs budgets 2018. Et là, à trois mois d’avis, ils apprennent qu’ils vont devoir refaire leurs calculs. D’accord, le gouvernement ne s’était pas engagé formellement à geler cette hausse de 50 cents mais tout de même… »

Si 2017 fut marquée par quelques avancées importantes (pensons notamment à la modification du règlement sur les permis d’alcool), 2018 commence sur une bien mauvaise note pour les professionnels de la restauration. « Soyons réalistes : sur le plan financier, l’élimination des permis d’alcool ne compensera jamais cette hausse du salaire minimum », tranche François Meunier.

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