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Une communauté de pratique pour l’alimentation durable

 
9 mars 2021 | Par Delphine Jung
Crédit photo: Myriam Baril-Tessier / Équiterre

Consommer local et bio, prioriser les circuits courts… Les institutions aimeraient pouvoir s’y mettre, mais elles se trouvent face à une montagne à gravir qui peut leur sembler infranchissable. C’est afin d’aider les institutions et les organisations à atteindre ces objectifs que l’organisme Équiterre a lancé une communauté de pratique.

Cette communauté de pratique rassemble deux grands cercles d’acteurs. D’un côté, 11 entreprises, institutions et organisations de milieux très différents, allant du milieu scolaire à celui de la santé en passant par la petite enfance. De l’autre, un comité de 17 experts. « Il regroupe des acteurs qui travaillent sur la question de l’approvisionnement des institutions, qui sont aussi eux-mêmes des acteurs de la chaîne d’approvisionnement ou des représentants des instances du territoire, comme la communauté métropolitaine de Montréal par exemple », détaille Murielle Vrins, gestionnaire du Programme alimentation chez Équiterre.

De nombreux freins

Personne ne se le cache, il existe encore de nombreux freins pour arriver à mettre en place une alimentation saine et durable au sein des institutions et des organismes. Selon Murielle Vrins, l’un des freins principaux est le manque de ressources. « On parle de ressources financières, mais aussi de ressources humaines. Il faut par exemple mobiliser du personnel pour trouver des fournisseurs, dit-elle. L’autre frein est la saisonnalité. »

C’est aussi ce qu’observe Alain Girard, professeur-chercheur à l’Institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec (ITHQ), qui est membre du comité d’experts de la communauté. « C’est sûr qu’il va falloir que les institutions et les organismes soient courageux car ils n’ont pas encore les bons outils, mais ça s’en vient. Ça ne sera pas facile, car le système mondialisé actuel est bien huilé. Si on n’a pas tel produit, on le cherche au Mexique et on le reçoit le lendemain. Les membres de la communauté devront changer leur façon de penser les menus pour y intégrer plus de produits locaux et de saison... »

Au CHU Sainte-Justine, à Montréal, le désir d’intégrer les produits locaux et bio dans la nourriture servie est présent depuis déjà plusieurs années. Les freins ne sont plus liés à l’approvisionnement, puisque Équiterre a justement permis à l’hôpital d’entrer en relation avec des fournisseurs québécois. « Dans le réseau de la santé, l’approvisionnement fonctionne par contrat. Maintenant, la prochaine étape pour nous, c’est d’amener les produits locaux dans ces contrats pour que ça permette à tout un ensemble d’institutions de bénéficier de ces produits à bas coût », explique Josée Lavoie, nutritionniste et coordonnatrice des activités d’alimentation à Sainte-Justine.

Prise de conscience

Murielle Vrins observe malgré les défis une réelle volonté de la part des institutions et organisations à tendre vers une alimentation durable et écoresponsable. « Il y a un engouement depuis quelques années et il s’est accentué avec la pandémie. C’est aussi de plus en plus facile de trouver des distributeurs locaux », croit-elle. La pandémie a en effet mis un coup de projecteur sur la dépendance alimentaire du Québec. Cet automne, le gouvernement Legault soulignait justement que la province était loin d’être autosuffisante sur le plan alimentaire ; 157 millions de dollars de mesures axées sur de la robotisation du secteur, l’automatisation de la production alimentaire et des campagnes d’information favorisant l’achat de produits du Québec avaient alors été promis.

Selon Murielle Vrins, les avantages à participer à cette communauté ne sont pas négligeables. « Grâce à la force collective, la communauté permet de fédérer les acteurs pour les pousser à innover en adoptant des pratiques exemplaires. À travers la communauté, l’objectif est d’éviter la multiplication de pratiques isolées, mais plutôt de sentir la force d’un groupe. Les institutions peuvent s’entraider et échanger des informations », détaille-t-elle.

Pour Josée Lavoie du CHU Sainte-Justine, la participation de l’hôpital à cette communauté de pratique va lui permettre de partager ses acquis : depuis quelques années, l’hôpital a beaucoup augmenté la part de ses produits locaux et bio dans la nourriture qu’elle sert. « On veut désormais partager ce qu’on a appris, montrer à d’autres établissements que c’est possible d’intégrer des aliments locaux et biologiques et aussi aller plus loin », explique la nutritionniste.

L’adhésion à cette communauté est gratuite, souligne-t-on à Équiterre, mais l’engagement de la quantification (part des produits locaux dans la globalité des aliments achetés) ou la participation à des comités est demandé. « Par exemple, on attend un travail d’engagement dans différentes démarches d’approvisionnement local », indique Murielle Vrins. Pour l’instant, cette communauté n’existe qu’à Montréal, mais Équiterre compte bien la déployer sur tout le territoire du Québec et lancer une deuxième cohorte à l’automne 2021.

Pour suivre Équiterre :

Mots-clés: 06 Montréal
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