Toutes voiles dehors !

11 juin 2019 - Par Marie-Ève Garon

EN MATIÈRE D’AMÉNAGEMENT DE TERRASSES ET DE COURS EXTÉRIEURES, LES HÔTELS ET RESTAURANTS N’ÉCHAPPENT GUÈRE AUX TENDANCES QUI LES POUSSENT À PEAUFINER LEUR IMAGE AFIN DE CRÉER L’EFFET « WOW » TANT RECHERCHÉ PAR LE CONSOMMATEUR. RÉSULTAT : LES PROPRIÉTAIRES D’ÉTABLISSEMENTS COMMERCIAUX MISENT DE PLUS EN PLUS SUR LE DESIGN EXTÉRIEUR, QUI SE VEUT DÉSORMAIS UN PROLONGEMENT DE LA SIGNATURE VISUELLE PRÉSENTE À L’INTÉRIEUR DES MURS.

Bien que les tendances propres au résidentiel ne soient pas éloignées de celles qui influencent la sphère commerciale, il existe tout de même certaines différences et distinctions dont les gestionnaires d’hôtel et de restaurant doivent tenir compte lorsque vient le moment de penser aux espaces extérieurs. Matériaux, mobilier, éclairage, organisation des différentes aires, évaluation de la superficie, circulation, zones ombragées ou ensoleillées, végétation... pour chacun de ces chapitres, le recours aux conseils d’un professionnel est plus que recommandé.

Quel que soit le budget, l’important est d’établir ses priorités et de se questionner sur la direction qu’on souhaite emprunter, tant en matière d’ambiance et de style qu’en ce qui concerne la clientèle visée, le type d’aménagement et la fonctionnalité. Les spécialistes suggèrent fortement de se diriger vers de l’équipement haut de gamme, en tenant compte de quelques critères incontournables : la durabilité, la facilité d’entretien, l’ergonomie et un esthétisme qui devra être en cohérence avec le design intérieur. De plus, il est vivement conseillé de planifier l’aménagement extérieur de l’établissement deux à trois mois avant l’arrivée des beaux jours.

« Le fait que l’espace soit finement aménagé vient assurément bonifier l’expérience de la clientèle, mentionne Simon Saint-Pierre, président de l’entreprise d’aménagement paysager Regard Vert. En ce moment, les végétaux ont vraiment la cote. On joue sur la superposition des différentes textures pour apporter ambiance et chaleur à l’endroit. Il est facile d’imaginer l’effet de la diffusion d’une photo de terrasse très verdoyante sur les réseaux sociaux ! »

Côté jardin...

Au coeur de cette vague végétale, il faut notamment tenir compte du retour en force du potager, souligne Audrée Kemp Bélanger, fondatrice d’AKB Design. Par exemple, au Café Ricardo de Saint-Lambert, « on va retrouver un jardin de vignes en façade et des fines herbes en plate-bande ou en jardinière, qui sont utilisées dans la préparation des plats ». La designer note que les murs végétaux ainsi que les plantes en pot suspendu sont aussi très populaires. « On va privilégier les végétaux indigènes au Québec ou à la région, c’est-à-dire ceux qui poussent naturellement à cet endroit-là, parce qu’ils demandent peu d’entretien. » Les arbustes qui présentent un intérêt tout au long des quatre saisons, comme le buis, sont également à considérer puisqu’ils gardent leur teinte naturelle toute l’année.

Simon Saint-Pierre précise que « dans le commercial, on n’utilise pratiquement plus de plantes annuelles pour des raisons pratiques et environnementales, hormis celles qui sont mises en pot afin d’apporter des touches de couleur ». Il ajoute que les paysagistes vont privilégier les vivaces (la majorité des variétés sont en mesure de survivre à une saison chaude et sèche), ainsi que les végétaux et les graminées qui nécessitent peu d’entretien.

... et côté cour

Le mobilier extérieur commercial se veut tantôt classique, tantôt moderne et contemporain, avec des lignes pures et assez droites. Plusieurs établissements optent pour des matériaux durables et faciles d’entretien et misent sur un design chic et élégant. Les tons neutres (gris, blanc, beige et noir) sont à l’honneur, tant dans le mobilier qu’en matière d’accessoires. Les accents de couleur sont ajoutés avec parcimonie.

Les pots surdimensionnés, les plantes artificielles haut de gamme et les chauffe-terrasses sont aussi très prisés par les gestionnaires de restaurant et d’hôtel. En ce qui concerne les foyers extérieurs et systèmes de chauffage d’appoint, ils ont intérêt, selon nos experts, à être intégrés au plan d’aménagement du paysagiste. Au sol, les matériaux durables nécessitant peu d’entretien (pavé, béton estampé) ont la faveur des professionnels. Les dalles hexagonales, les jeux de pavé (en chevrons) utilisés pour délimiter les différentes zones ainsi que le damier en noir et blanc comptent parmi les favoris de l’heure.

Sur la terrasse

Chaises

Bien que les tendances actuelles tendent vers le cordage, l’aluminium et la coquille, les restaurateurs et hôteliers sont encouragés à sélectionner un matériau durable et facile d’entretien. Selon Marc-André Lacroix, directeur de la succursale Jardin de Ville à Québec, le rotin synthétique représente une excellente option : il va se conserver longtemps et sa fibre peut être réparée. Le polypropylène est également un matériau de choix.

Le poids de la chaise doit aussi être pris en considération. Si certains choisiront la légèreté, d’autres s’assureront que la chaise est suffisamment lourde pour résister aux intempéries. Le choix dépendra, une fois encore, de l’évaluation des besoins de chacun.

Quelques points de règlements

Il existe une réglementation stricte concernant les structures fixes de grande taille sur les terrasses commerciales. Les gestionnaires doivent notamment s’assurer d’avoir un parasol qui se referme si la loi l’exige.

Selon la réglementation en vigueur, les éléments qui composent la terrasse doivent être limités aux tables, aux chaises, aux parasols et aux éléments de fermeture. Aucun élément ne doit dépasser de la surface autorisée de la terrasse (même dans les airs) ou nuire à la visibilité de la signalisation routière.

Le mobilier de terrasse devra être de qualité supérieure à celle de la résine de synthèse blanche et, dans la mesure du possible, harmonisé à l’ensemble des terrasses du tronçon, rappelle par exemple le règlement accessible sur le site Web de la Ville de Québec.

Tables

Ces dernières années, le teck a refait son apparition sur les terrasses de nos établissements, dans une version protégée qui en allège l’entretien. L’aluminium sera une valeur plus sûre : même si la surface de la table est sujette aux égratignures, elle ne rouillera pas et aura une durée de vie très longue. La table en aluminium sera d’ailleurs moins propice à être endommagée que la chaise fabriquée du même matériau qui, bien que peu coûteuse (autour de 100 $), risque d’être abîmée quand on l’empile. Si le budget le permet, la table en céramique est aussi recommandée.

Parasols et abris

Lorsque la situation le permet, on peut opter pour les abris à structure fixe de type pergola, pavillon ou Cabrio. Marc-André Lacroix signale que son équipe reçoit énormément de demandes en ce sens, car le parasol ne protège pas complètement des intempéries. « Par contre, les villes refusent fréquemment de telles installations, ajoute-t-il. Lorsque c’est possible, on peut créer quelque chose de vraiment intéressant. Par exemple, pour le restaurant La Bête du boulevard Laurier à Québec, nous avons élaboré une structure Cabrio comportant plusieurs toits séparés qui peuvent s’ouvrir de façon indépendante. »

Ces types d’installations offrent de nombreuses avenues puisqu’ils permettent de bien doser les zones d’ombre et de soleil en plus de protéger de la pluie et du vent. C’est un élément essentiel à considérer lorsqu’on aménage un espace extérieur commercial. Le parasol demeure malgré tout l’option privilégiée par la plupart des acteurs de l’industrie.

Section sofa/lounge

Pour le mobilier sectionnel et modulaire, une évaluation des besoins est, ici aussi, recommandée : le degré d’exposition aux intempéries influencera notamment le choix. La confection de coussins sur mesure et de housses protectrices est possible. Pour le commercial, le choix de matériau haut de gamme est particulièrement à privilégier si on veut que le mobilier tienne plusieurs années.

Barbecue et cuisine extérieure

Compte tenu de la durée de nos hivers québécois, bon nombre de restaurateurs et d’hôteliers hésitent à investir dans une cuisine extérieure, concept fort populaire chez nos voisins du Sud. « La cuisine extérieure commerciale est encore embryonnaire au Québec. Par contre, c’est vers là qu’on s’en va, affirme Patrick Goessen, directeur régional des ventes chez Doyon Després. L’entreprise Julien, spécialisée en cuisine haut de gamme, développe par exemple de l’équipement fort intéressant. »

Actuellement, sur les terrasses, les gestionnaires installent surtout des bars (dont certains sont portatifs), des machines à glace, des fumoirs et un nombre croissant « d’imposants barbecues de type commercial, notamment ceux de la marque Crown Verity ». Du côté des fumoirs, la marque Traeger représente, selon le directeur des ventes, un choix judicieux.

Les installations de type built-in grills (par exemple de marque Saber) gagnent aussi en popularité. « Il s’agit d’une base en pierre, en acier inoxydable ou autres matériaux, sur laquelle on installe une tête de barbecue. C’est très populaire aux États-Unis, et on voit cette tendance progresser ici. »

Une saison à l’extérieur

Selon Patrick Goessen, les raisons de cet engouement pour l’installation d’équipement de cuisine en terrasse sont multiples : se démarquer des autres, offrir une expérience à la clientèle qui inclut la dimension olfactive, améliorer la rapidité d’exécution, exploiter le côté festif ou la proximité avec le chef, etc.

Lorsque les beaux jours arrivent, les consommateurs québécois recherchent les endroits où ils peuvent profiter du soleil. Les propriétaires de restaurants et d’hôtels ont tout intérêt à avoir prévu le coup !

Et la lumière fut !

En matière d’éclairage, il faut se rappeler que l’ambiance ne doit jamais être créée au détriment de la sécurité. L’équilibre est aussi recommandé afin de ne pas surcharger l’espace. Pour Audrée Kemp Bélanger, d’AKB Design, le professionnel privilégiera, par exemple, des sources lumineuses indirectes installées haut dans les arbres et qui projettent la lumière vers le bas ou, à l’inverse, qui partent du bas et vont éclairer le tronc de l’arbre jusqu’en haut. L’insertion de lumière sur les contremarches ajoutera de l’ambiance tout en assurant la sécurité de la clientèle.

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