Steven Fortin : Au chevet de nos vignerons

15 mai 2019 - Par Pierre-Alain Belpaire

Le 7 mai dernier, le Palais des Congrès de Montréal accueillait la 15e édition des Grands prix de la relève en restauration, tourisme et hôtellerie, organisés par l’AQFORTH (Association québécoise de la formation en restauration, tourisme et hôtellerie). Partenaire de l’événement, HRImag vous propose de découvrir, durant toute cette semaine, les portraits de quelques-uns des lauréats.

Pour entamer ce portrait de Steven Fortin, honoré mardi dernier dans la catégorie Service de restauration et sommellerie, on a tenté de retracer et de résumer son parcours. On a griffonné, on a effacé, on a recommencé. Encore. Et encore. C’est qu’à 30 ans à peine, ce dynamique gaillard a déjà un cheminement professionnel des plus alambiqués. Et des plus passionnants.

Titulaire d’un diplôme en soins infirmiers, Steven Fortin commence sa carrière dans un CSSS de Trois-Rivières. C’est là, au cœur de la Mauricie, que ce natif de Thetford Mines rencontre « sa partenaire d’affaires et partenaire de vie », Elizabeth Ryan. « Un coup de foudre », résume-t-il. Lorsque la demoiselle se voit proposer un poste en Ontario, dans la station Radio-Canada de Sudbury, son amoureux n’hésite guère et boucle, lui aussi, ses valises.

Engagé comme infirmier auxiliaire dans une maison de soins palliatifs, le jeune homme commence, en parallèle, à s’intéresser à l’univers des vins et des alcools canadiens. « La LCBO a, très tôt, décidé de mettre en avant les produits ontariens, explique-t-il. Je me suis mis à en acheter, à tester, à comparer. Je me suis pris au jeu et j’ai multiplié les lectures et les recherches sur le sujet. » Convaincue du talent de son compagnon, Elizabeth l’invite à venir partager, en ondes, ses découvertes, coups de cœur et autres astuces. Et voilà que notre infirmier se transforme en chroniqueur vins ! « J’ai adoré cette expérience, ça a allumé quelque chose au fond de moi », confie-t-il.

Après trois ans et demi, le couple franchit à nouveau la rivière des Outaouais pour s’installer, cette fois, à Montréal. Si Elizabeth y intègre la grande maison radio-canadienne, Steven, lui, se retrouve quelque peu perdu. « Ce n’était pas prévu dans mon plan de vie, sourit-il. Et puis, moi, le gars de région, Montréal m’avait toujours fait un peu peur. Mais je me suis dit que je devais voir ça comme un nouveau chapitre. » Ravi de ses premiers pas dans l’univers des raisins, tanins et autres plaisirs vinicoles, le voilà qui s’inscrit donc en sommellerie au sein de l’École des Métiers de la restauration et du tourisme de Montréal (EMRTM). « Je pensais avoir de sérieuses connaissances, mais j’ai rapidement réalisé que je ne savais rien », concède-t-il humblement.

Profonde admiration

Persuadé de ne pas être « un gars de concours », Steven Fortin comprend également assez vite qu’il ne souhaite pas évoluer dans l’univers de la restauration. « Mais avec un diplôme en sommellerie, si tu ne veux ni être conseiller à la SAQ ni travailler en restauration, il faut que tu te bouges pour trouver ta voie ! » Une formation en entrepreneuriat à HEC Montréal et de longues discussions avec des propriétaires de vignobles l’amènent à fonder, en février 2018, le Sommelier Nordiq. Son objectif : mettre en valeur le travail de « nos » vignerons et faire le pont entre ces artisans et les consommateurs.

« Ce qui m’allume dans l’univers du vin, ce sont les gens, les producteurs, leurs récits, confie-t-il. Je me trouvais pas mal cool avec mon "petit" changement de vie après huit années de pratique. Et là, je tombe sur des avocats ou des ingénieurs, des passionnés qui ont tout lâché et se sont endettés de plusieurs millions pour tenter l’aventure de la vigne dans un climat aussi rigoureux que le nôtre. C’est là que j’ai décidé de tout faire pour les aider. J’ai une profonde admiration pour ces hommes et ces femmes. »

Convaincu de la qualité des vins québécois, Steven Fortin estime qu’il faudra désormais, pour qu’ils puissent franchir un palier, augmenter les quantités produites et parvenir à attirer un public plus large. « Et pour cela, il n’y a pas de secret : il faut améliorer la visibilité de ces vins. Il faut que le consommateur connaisse ces vignerons, qu’il reconnaisse leurs bouteilles sur les étagères. » Pour séduire de nouvelles clientèles et éveiller la curiosité du plus grand nombre, Steven Fortin et Elizabeth Ryan ont décidé de raconter les histoires de ces vignerons, à travers notamment de petites vidéos. « Le défi est grand, on sent par exemple que la Nouvelle-Écosse et l’Ontario poussent de plus en plus, mais je suis persuadé que s’ils travaillent ensemble, les producteurs québécois vont remporter leur pari. »

Sa décision de quitter ses habits d’infirmier, le sympathique lauréat ne la regrette nullement. « J’ai adoré ce métier, cet univers, assure-t-il. Mais je me souviens qu’avant, il m’arrivait souvent de calculer le nombre d’heures qu’il me restait à travailler dans ma journée. Maintenant, c’est fini. Je ne regarde plus l’horloge. »

(Crédit photo : Sophie Grenier Photographe / AQFORTH)

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