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Simon Smotkowicz : « Il faut donner aux chefs de bonnes raisons de se rassembler »

 
7 juin 2017 | Par Pierre-Alain Belpaire

Fortement impliqué depuis de longues années au sein de la Fédération Culinaire Canadienne (il fut notamment trésorier national), Simon Smotkowicz en est devenu président lors d’un vote tenu fin mai à l’occasion de la convention annuelle organisée à Calgary. Originaire du sud de la France, le chef débarquait au Canada en 1975. Passé notamment par les bannières Four Seasons et Delta Hotels, Simon Smotkowicz a ensuite dirigé durant 29 ans les cuisines du Palais des Congrès d’Edmonton. « Semi-retraité » depuis janvier dernier, le voilà qui s’engage pour – au moins – trois années à la tête de la CCFCC.

HRImag : Simon Smotkowicz, quels seront vos principaux objectifs à la tête de la Fédération Culinaire Canadienne ?

Nous devons entièrement retravailler l’image de notre association. Cela impliquera notamment de mieux aborder la jeune génération de chefs et cuisiniers, de jouer un rôle plus pertinent.

Comment comptez-vous y parvenir ?

Nous devons insister sur l’importance de la formation, du développement professionnel. C’est la raison pour laquelle nous réfléchissons à des programmes, gratuits, qui aborderont différentes thématiques. Il s’agira d’être pertinent : les chefs sont déjà tellement occupés. Mais il faut donner aux cuisiniers de bonnes raisons de se rassembler, redonner de la valeur au membership.

Vous dites également vouloir vous impliquer davantage au niveau local. Pourquoi ?

Ce n’est pas un souhait, c’est une obligation si nous voulons continuer d’exister. Nous sommes une fédération, un regroupement de 23 chapitres locaux, régionaux. On vient malheureusement de perdre ceux de Montréal et de Québec. L’une de mes priorités sera de relancer ces deux chapitres. On ne peut pas estimer représenter le Canada si Québec et Montréal sont absentes.

Lors d’un atelier-débat organisé en décembre dernier, un cuisinier soulignait que « ce qui fait défaut, au Québec, c’est que les chefs ne se rassemblent pas, ne s’unissent pas, ne militent pas ». Comment expliquez-vous l’absence de cet esprit corporatif ?

Difficile à dire. Il y a un problème, ne nous cachons pas. Et plus encore au Québec que dans le reste du Canada. J’ai travaillé à Montréal de 1986 à 1988 : à l’époque, la FCC et la Société des Chefs, Cuisiniers et Pâtissiers du Québec étaient très actives et très influentes. Elles ont toutes deux énormément perdu de ce pouvoir d’influence.

Pourquoi ?

Une question de génération, sans doute. Comme je le mentionnais, il faut que les associations et fédérations professionnelles soient pertinentes si on veut que les chefs y adhèrent. Il faut que ce soit plus qu’un simple regroupement. Il est particulièrement difficile de convaincre les plus jeunes, les « milléniaux », de l’importance d’adhérer à un groupe si cette adhésion ne leur amène rien de concret.

En cette année du 150e anniversaire de la Confédération canadienne, comment définiriez-vous la cuisine canadienne ? Existe-t-elle ?

Oui, elle existe… même si la définir n’est pas une chose aisée. C’est une cuisine riche de nombreuses influences, mondiale, mais qui met en valeur des produits locaux. C’est une cuisine qui aime explorer, innover. Les jeunes chefs, notamment, s’amusent à varier les goûts, les textures, les couleurs. Je soulignerais aussi le fait qu’au Canada, les assiettes sont propres, travaillées, étudiées. Mais le principal point commun reste à mes yeux l’idée d’une cuisine locale, faite à partir de beaux produits régionaux.

(Crédit photo : CCFCC)

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