Rétention du personnel : Les restaurateurs font-ils ce qu’il faut ?

26 mars 2018 - Par Sylvie Baillargeon

En restauration, 80 % des travailleurs prévoient de continuer de travailler dans leur domaine durant les trois prochaines années, mais seulement 46 % d’entre eux pensent rester chez leur employeur actuel. C’est ce que révèle l’Enquête auprès des travailleurs de la restauration, réalisée à l’automne 2016 par le
Conseil québécois des ressources humaines en tourisme (CQRHT) et l’Association des restaurateurs du Québec (ARQ) auprès de plus de 1 000 travailleurs de la restauration. Toujours selon cette enquête, les principales raisons qui incitent les travailleurs à rester chez leur employeur sont :

  • l’ambiance de travail (59 %) ;
  • la passion du métier (54 %) ;
  • les horaires de travail (48 %) ;
  • le contact avec les clients (41 %) ;
  • le salaire (40 %).

Le contact avec les clients et le salaire ont été beaucoup plus souvent mentionnés par les travailleurs en salle à manger que par les travailleurs en cuisine.

Voyons maintenant comment les travailleurs ont évalué la performance des restaurateurs quant à ces éléments de rétention.
 
 

1. L’ambiance de travail

Ici, les restaurateurs font très bonne figure : 86 % des travailleurs ont l’impression de faire partie d’une équipe, 82 % estiment que les collègues s’entendent bien entre eux et 80 % que les relations intergénérationnelles sont harmonieuses. Finalement, plus de 70 % trouvent que leur supérieur immédiat réussit à bien faire travailler les gens ensemble.

De nouveaux défis en perspective...

Le maintien de cette bonne performance dans les prochaines années sera un grand défi, car la main-d’œuvre va se diversifier : moins de jeunes et d’étudiants, plus de travailleurs âgés, de nouveaux arrivants et de personnes éloignées du marché de l’emploi depuis plusieurs années. Les restaurateurs soucieux de continuer à offrir une bonne ambiance de travail vont devoir prendre des mesures concrètes pour veiller à ce que leurs milieux de travail soient inclusifs et accueillants pour tous.
 
 

2. La passion du métier

Les travailleurs de la restauration sont des gens passionnés par la cuisine et le service à la clientèle. En tout, 71 % sont satisfaits du sentiment de réalisation qu’ils retirent de leur travail. Pourtant, seulement 45 % disent recevoir du retour sur leur travail. Les nombreux commentaires recueillis lors de l’enquête laissent croire que les gestes et mots d’appréciation sont rares.

Nourrir la passion du métier...

Beaucoup de travailleurs ont noté les faiblesses des restaurateurs en matière de gestion des ressources humaines. D’autres voudraient profiter de plus de formation, non seulement pour s’améliorer dans l’exécution de leurs tâches, mais aussi, sinon plus, comme marque de reconnaissance ou comme façon de nourrir leur passion du métier. Le sondage révèle d’ailleurs que la rétention est plus élevée chez les travailleurs qui bénéficient régulièrement de formation.

 
 

3. Les horaires de travail

La satisfaction en lien avec la flexibilité des horaires est très élevée : 81 % des répondants trouvent leur employeur accommodant à ce sujet.

Attention aux 35-54 ans...

Une attention spéciale doit cependant être portée aux 35-54 ans, pour qui la conciliation travail-famille est particulièrement importante. Ne pas revoir ses pratiques en la matière pourrait avoir des conséquences négatives sur la rétention de ces employés fiables et expérimentés.
 
 

4. Le contact avec les clients

Pour 58 % des travailleurs en salle à manger, le contact avec les clients et la satisfaction de ces derniers sont des incitatifs à rester chez leur employeur. Ce taux n’est toutefois que de 18 % du côté des travailleurs en cuisine.

Faire rayonner la satisfaction des clients jusque dans les cuisines...

Comment faire pour que les manifestations positives des clients concernant le service à la clientèle et la qualité de la nourriture rayonnent davantage auprès du personnel en cuisine ? Après tout, n’est-il pas tout autant partie prenante de l’expérience du client ?
 
 

5. Le salaire

Seulement 57 % des travailleurs de la cuisine sont satisfaits de leur salaire. C’est 20 % de moins que les travailleurs en salle.

Les travailleurs en cuisine insatisfaits...

Les travailleurs en cuisine insatisfaits estiment que leur salaire n’est pas proportionnel à leurs tâches, formation, compétences et ancienneté. Certains souhaiteraient voir appliquer des échelles salariales conséquentes ; d’autres, le partage des pourboires avec les employés en salle.

Dans cette édition




PROPOSEZ UNE
NOUVELLE !


© HRI 2012-2019
Tous droits réservés.

HRImag est un média francophone (site Web et magazine papier) qui offre de l'information de pointe sur l'industrie des HRI (hôtels, restaurants et institutions.