LE COMMERCE DE LA RESTAURATION ALIMENTAIRE

Restaurateurs… Avez-vous réfléchi à ces changements démographiques importants avec lesquels vous devez désormais composer ?

L’activité marketing est une des 9 activités clés des entreprises de restauration alimentaire.

14 août 2012 - Par Christian Latour

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Depuis plusieurs années, le Québec vit des changements démographiques majeurs qui ont commencé à avoir des répercussions visible sur le commerce de la restauration alimentaire.

À l’instar de plusieurs autres pays industrialisés, le Québec connaît actuellement une croissance plus lente qu’avant de sa population et de sa main-d’œuvre ainsi qu’un vieillissement de sa population (revoir la pyramide des âges de la population du Québec : http://www.stat.gouv.qc.ca/statistiques/population-demographie/structure/pyramide_age.htm).

Selon les projections démographiques les plus plausibles, ces tendances lourdes devraient s’intensifier au cours des prochaines décennies.

De plus, la situation du Québec se distingue par la rapidité avec laquelle ces changements démographiques se produisent et par le peu de temps dont le Québec dispose pour s’y adapter.

Connaître le passé, comprendre le présent, anticiper les différents avenirs possibles

Je vous rappelle que selon l’économiste David K. Foot la démographie, l’étude des populations humaines, est l’outil le plus puissant — et le plus sous-exploité — dont nous disposions pour comprendre le passé et prédire l’avenir.

Même si le scénario démographique demeure hypothétique, il me semble que connaître l’ampleur et la dynamique du phénomène anticipé, c’est déjà se donner des outils pour agir.

Dans les lignes qui suivent, je vais donc vous présenter (dans le but de nourrir votre réflexion) les principales tendances démographiques qui caractériseront actuellement la société québécoise selon le scénario démographique de référence de l’Institut de la statistique du Québec. Ce scénario, publié en juillet 2009, repose sur les hypothèses les plus plausibles et tient compte des répercussions positives des mesures mises en place par le gouvernement du Québec dans le but d’améliorer la situation.

Je vais donc entre autres traiter des faits suivants :

1. La population du Québec augmente faiblement…

2. La population du Québec croît plus lentement que les populations du Canada et des États-Unis…

3. La population du Québec croît grâce à l’immigration…

4. La principale source de croissance de la population du Québec au cours des prochaines années sera l’immigration en provenance de l’internationale…

5. Les mouvements migratoires sont par contre moins favorables au Québec par rapport au reste du Canada…

6. Le Québec affiche un solde migratoire interprovinciale négatif…

7. Depuis 25 ans, la natalité a été plus faible aux Québec qu’au Canada et aux États-Unis…

8. Le nombre de naissances est de nouveau à la hausse au Québec…

9. La population du Québec vieillit rapidement…

10. L’espérance de vie est à la hausse au Québec…

11. Le nombre de décès va quand même continuer d’augmenter au cours des prochaines années…

12. La population en âge de travailler décroit à partir de 2013…

13. Le Québec va devoir composer dans les prochaines années avec beaucoup plus d’aînés…

Reprenons maintenant ces faits une réalité à la fois :

1. La population du Québec augmente lentement

Au 1er juillet 2009, la population du Québec comptait 7 828 879 personnes.

Depuis la fin de 2011, la population québécoise a franchi le cap des 8 millions d’habitants. En 2015 la population du Québec compte environ 8,29 millions d’habitants.

2. La population du Québec croît plus lentement que les populations du Canada et des États-Unis

L’une des caractéristiques importantes de l’avenir démographique du Québec demeure la faible croissance de notre population. À l’heure actuelle, la population du Québec croît d’environ 0,8 % par an.

La croissance de la population québécoise est, depuis de nombreuses années, plus faible que celle observée au Canada et aux États-Unis.

Selon les projections les plus plausibles, cet écart va se maintenir à long terme, ce qui aura pour effet de réduire le poids démographique du Québec par rapport au reste du Canada.

Au cours des 15 prochaines années, les populations du Canada et des États-Unis progresseront, en moyenne, de 1 % par an, comparativement à 0,6 % au Québec.

La faible natalité ainsi que les mouvements migratoires moins favorables ont contribué au fait que la population québécoise augmente plus lentement que celle du Canada et des États-Unis les deux principaux partenaires commerciaux du Québec.

3. La population du Québec croît grâce à l’immigration

Depuis 2000, les mouvements migratoires sont devenus la principale source de croissance de la population québécoise, passant devant l’accroissement naturel. En effet, en 2009, la population québécoise s’est accrue de 75 409 individus par rapport à 2008. Les mouvements migratoires ont contribué pour 57,7 % à cet accroissement démographique, alors que l’accroissement naturel n’y a contribué que pour 42,3 %.

4. La principale source de croissance de la population du Québec au cours des prochaines années sera l’immigration en provenance de l’internationale

Avec le tarissement prévu de l’accroissement naturel de la population à partir de 2029, l’immigration en provenance de l’internationale deviendra de fait la seule source de croissance démographique.

Le Québec a accueilli 44 500 immigrants internationaux en moyenne par année pour la période 2004-2008. En 2008-2009, le Québec a pu compter sur l’entrée de 45 735 immigrants internationaux.

Dans le cadre du plan stratégique du Ministère de l’immigration et des communautés culturelles rendu public en octobre 2008, le seuil minimal à atteindre dès 2010 a été relevé à 52 400 immigrants internationaux par an.

Le scénario de référence de l’Institut de la statistique du Québec repose sur l’hypothèse que le nombre annuel d’immigrants internationaux serait de 47 500 immigrants à partir de 2015. Avec une émigration nette de 7 500 par an, le solde migratoire international s’élèverait à 40 000 individus par année.

5. Les mouvements migratoires sont par contre moins favorables au Québec par rapport au reste du Canada

« Les bilans migratoires constituent une précieuse source d’informations. Certaines zones se dépeuplent alors que d’autres deviennent à la mode. Comme la consommation dépend beaucoup de la taille de la population, de son âge, de son niveau d’étude et de ses caractéristiques ethniques, culturelles et religieuses, cette information est très utile. » — Kotler (1999, p. 90)

Le Québec accueille par contre une part de l’immigration internationale canadienne inférieure à la proportion de sa population dans le Canada et profite donc relativement moins de cette source de croissance démographique.

6. Le Québec affiche un solde migratoire interprovinciale négatif

Le Québec affiche un solde migratoire négatif à l’égard des mouvements de population avec les autres provinces canadiennes, et ce, depuis le début des années 1960.

La main-d’œuvre québécoise demeure attirée par les occasions d’emploi qu’offrent les autres provinces canadiennes et, de plus, de nombreux immigrants quittent le Québec pour s’installer dans le reste du Canada dans les années qui suivent leur arrivée au Québec.

7. Depuis 25 ans, la natalité a été plus faible aux Québec qu’au Canada et aux États-Unis

Depuis le début des années 1980, la baisse de natalité a été plus forte au Québec qu’au Canada et qu’aux États-Unis. Ainsi, en 2000, le taux de natalité du Québec atteignait un creux à 9,7 naissances pour 1 000 habitants, alors que les taux canadien et américain se chiffraient respectivement à 11,0 et à 14,7.

Le Québec a connu, depuis 25 ans, une fécondité plus faible, avec 1,54 enfant par femme en moyenne, comparativement à 1,63 au Canada et à 2,0 aux États-Unis.

Fait encourageant, le taux de natalité du Québec est en hausse depuis 2000, et ce, de manière plus prononcée qu’au Canada et qu’aux États-Unis. La politique familiale mise en place par le Québec semble porter fruit.

8. Le nombre de naissances est de nouveau à la hausse au Québec

Depuis 2005, on observe au Québec une augmentation des naissances qui va de pair avec une hausse de la fécondité, elle-même favorisée par la mise en place d’une politique familiale plus généreuse.

En 2008-2009, on a observé 88 600 naissances, le niveau le plus haut depuis 1995. Ce niveau devrait se maintenir au cours des 15 prochaines années, selon l’Institut de la statistique du Québec qui prévoit une moyenne de près de 86 000 naissances par an d’ici 2025.

Après avoir atteint un creux à 1,45 enfant par femme en 2000, l’indice synthétique de fécondité des femmes québécoise grimpait à 1,74 en 2008, soit le niveau le plus élevé depuis 1975.

L’Institut de la Statistique du Québec émet l’hypothèse que l’indice synthétique de fécondité se maintiendra autour de 1,65 enfant par femme à partir de 2013.

Toutefois, malgré cette amélioration de la natalité, le nombre de naissances demeurera insuffisant pour empêcher un ralentissement de la croissance de la population québécoise à moyen et long termes.

Les démographes ont estimé que l’indice synthétique de fécondité qui assurerait le renouvellement de la population du Québec serait de 2,1 enfants par femme.

9. La population du Québec vieillit rapidement

La population du Québec vieillira à un rythme plus rapide au cours des 15 prochaines années alors que les nombreux baby-boomers, nés entre 1947 et 1966, franchiront progressivement la barre des 65 ans.

Un indice du vieillissement de la population est la proportion qu’occupent les 65 ans et plus dans la population totale :

√ en 1995, 11,8 % de la population du Québec avait plus de 65 ans ;

√ en 2010, la proportion des Québécois âgés de 65 ans et plus sera de 15,4 % ;

√ en 2025, elle atteindra 22,8 %.

En 2000, le degré de vieillissement des populations québécoise, canadienne et américaine était similaire, puisque près de 12,5 % de leur population était âgée de plus de 65 ans. Le vieillissement accéléré de la population québécoise par rapport aux populations voisines fera que le Québec aura une proportion plus élevée de personnes de 65 ans et plus à l’avenir.

On observera un écart grandissant entre la part projetée des 65 ans et plus au Québec et celles prévues au Canada et aux États-Unis, qui seraient respectivement de 20,2 % et de 18,0 % en 2025.

Ce vieillissement plus rapide de la population québécoise est attribuable à un baby-boom plus important, suivi d’une baisse de natalité plus marquée.

10. L’espérance de vie est à la hausse au Québec

L’incidence de la mortalité chez les Québécois a continué de diminuer au cours des dernières années. Le scénario démographique de référence repose sur l’hypothèse que l’espérance de vie progressera également à l’avenir.

11. Le nombre de décès va quand même continuer d’augmenter au cours des prochaines années

Malgré l’amélioration de l’espérance de vie, le vieillissement de la population québécoise va entraîner une augmentation des décès au cours des 15 prochaines années.

Pour 2008-2009, on comptabilisera 56 700 décès. En 2025, on prévoit plus de 75 000 décès, soit une progression de plus de 30 %. Au cours des 15 dernières années, les décès augmentaient à un rythme 2,5 fois plus lent.

12. La population en âge de travailler décroit à partir de 2013

La population âgée entre 15 et 64 ans donne une mesure approximative du bassin de main-d’œuvre potentielle. En 2008, au Québec, sur les 4,2 millions d’individus âgés de 15 ans et plus qui participaient au marché du travail, 98,2 % se situaient dans le groupe des 15 à 64 ans.
Seulement 75 000 individus de plus de 65 ans participaient au marché du travail québécois en 2008.

Selon le scénario démographique de référence de l’Institut de la statistique du Québec, la baisse de la population en âge de travailler, soit celle de 15 à 64 ans, s’amorcerait dès 2013.

Entre 2010 et 2025, le Québec verrait ce bassin de main-d’œuvre diminuer de 2,2 %, alors que ce même bassin croîtrait significativement aux États-Unis et au Canada, soit de 7,1 % et 6,8 % respectivement.

Pour sa part, la cohorte des 15 à 44 ans a déjà commencé à diminuer. En fait, depuis 1990, le nombre de personnes de 15 à 44 ans a baissé de 9 %. Le Québec fait donc déjà face à une contraction de l’afflux de travailleurs plus jeunes.

13. Le Québec va donc devoir composer dans les prochaines années avec beaucoup plus d’aînés

Le vieillissement inéluctable de la population québécoise signifierait que l’effectif constitué des personnes âgées de 65 ans et plus s’accroîtrait plus rapidement que les autres cohortes de la population selon le scénario démographique de référence de l’Institut de la statistique du Québec alors que l’on compte plus de 1,1 million d’aînés en 2009, ils dépasseraient les 2,0 millions après 2025.

Quant aux jeunes de moins de 20 ans, ils devraient voir leur nombre se maintenir autour de 1,7 million d’ici 2025.

Les démographes définissent ces deux groupes, soit les jeunes de moins de 20 ans et les aînés de 65 ans et plus, comme des personnes généralement « à charge ».

Le nombre de personnes « à charge » en proportion du nombre de personnes de 20 à 64 ans est désigné comme le rapport de dépendance.

D’ici 2025, selon le scénario démographique de référence de l’Institut de la statistique du Québec, une augmentation importante du rapport de dépendance démographique des 65 ans et plus est anticipée, alors que le rapport de dépendance démographique des jeunes n’augmentera que marginalement.

Le rapport de dépendance démographique des aînés atteindrait 40,7 personnes de plus de 65 ans pour 100 personnes de 20 à 64 ans en 2025, comparativement à 24,5 en 2010, soit un accroissement de 66 %.

Le rapport de dépendance démographique des jeunes passera pour sa part de 35,1 personnes âgées de moins de 20 ans pour 100 personnes de 20 à 64 ans en 2010 à un rapport de 37,4 en 2025.

Selon le scénario démographique de référence de l’Institut de la statistique du Québec, le rapport total de dépendance démographique serait en hausse constante d’ici 2025. Celui-ci prend en compte les jeunes et les aînés.

Au cours des dernières décennies, le Québec a profité d’une baisse du rapport total de dépendance démographique qui est passée de 86,9 dépendants pour 100 personnes de 20 à 64 ans en 1971 à un creux historique de 57,5 en 2005.

D’ici 2025, le rapport total de dépendance démographique augmenterait à 78,1 jeunes et aînés pour 100 personnes de 20 à 64 ans.

Conclusion

Le Québec est actuellement confronté à des changements démographiques d’envergure, ces changements seront encore plus marquants au cours des 15 prochaines années.

Le vieillissement et la croissance plus lente de la population iront de pair avec une diminution du nombre de personnes en âge de travailler.

En tant que citoyens ou commerçants, nous n’avons pas vraiment le choix, nous devons réfléchir et trouver les moyens nécessaires pour affronter notre réalité.

Tirer avantage de la situation

Pour vous préparer à faire face à cette réalité, voici 2 questions auxquelles je vous invite maintenant à répondre ?

Quelles seront d’après vous les conséquences de ces changements démographiques sur les restaurants du Québec ?

Êtes-vous en mesure d’identifier des opportunités et des menaces avec lesquelles vous devrez composer au cours des prochaines années ?

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MÉDIAGRAPHIE

Manuel de gestion-réflexion / Christian Latour ☺

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