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Prêts COVID : les PME demandent un délai pour rembourser

 
12 mai 2023 | Par Marie Pâris
Crédit photo: Life-of-Pix / Pexels

Le Compte d’urgence pour les entreprises canadiennes (CUEC), lancé par le gouvernement fédéral lors de la pandémie, accordait aux petites entreprises et aux organismes sans but lucratif des prêts sans intérêt pouvant atteindre 60 000 $. À l’approche de la date limite de remboursement de ces prêts, le 31 décembre prochain, un sondage de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) indique que 78 % des PME auraient de meilleures chances de survie si l’échéance était reportée. Les données de la FCEI montrent qu’environ la moitié (49 %) des PME ont toujours des revenus sous la normale.

« De nombreux propriétaires de PME font face à des défis multiples. Les taux d’intérêt élevés, l’inflation et les coûts et la pénurie de main-d’œuvre sont autant d’obstacles qui les empêchent de sortir la tête de l’eau, affirme Jasmin Guénette, vice-président des affaires nationales à la FCEI. Sans compter qu’ils doivent rembourser les dettes COVID qu’ils ont dû contracter pour survivre aux restrictions et mesures de confinement mises en place durant la pandémie. Le gouvernement fédéral devrait contribuer à alléger l’endettement pandémique des PME. Cela les aidera à investir dans leur personnel et leur entreprise. Sinon, nous craignons que de nombreuses PME soient obligées de fermer leurs portes. »

Selon des données de la FCEI, 30 % des propriétaires de PME souhaiteraient disposer d’une année de plus pour rembourser leur prêt du CUEC et 42 % préféreraient un report de deux ans. Seulement 10 % de ceux qui ont obtenu un prêt ont été en mesure de le rembourser entièrement. En outre, 47 % disent qu’ils y arriveront d’ici la fin 2023. Les propriétaires d’entreprise qui ne pourront pas rembourser leur prêt d’ici le 31 décembre perdront la portion subvention de 20 000 $ et devront payer des intérêts.

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20% des restaurants en échec de remboursement

Les secteurs les plus durement frappés par la pandémie sont notamment ceux de l’hébergement et la restauration. 83 % des entreprises ayant contracté un prêt CUEC sont en effet des restaurants avec service aux tables et 56 % des restaurants à service rapide, selon Restaurants Canada. Les dépôts de bilan dans les services alimentaires ont augmenté de 116 % depuis 2022 et l’association s’attend à ce que davantage de restaurants ferment leurs portes.

Les restaurants ont connu une baisse de 12 % de leur activité économique entre 2019 et 2022 par rapport aux autres secteurs d’activité canadiens. Ils sont avant-derniers devant le secteur des arts, des spectacles et des loisirs, qui a connu une baisse de 19 %. Presque tous les coûts opérationnels sont en hausse en raison de l’inflation ; le coût des services publics a augmenté de 6 %, celui des protéines de 9 % (bœuf), 11 % (fruits de mer) et de 13 % (poulet) et celui de l’huile de cuisson de 40 %. Les coûts de main-d’œuvre sont également en hausse.

Un sondage de Restaurants Canada a révélé que près de 20 % des restaurants qui n’ont pas encore remboursé le CUEC ne seront pas en mesure de le faire, en tout ou en partie. « Pour de nombreux restaurateurs, la date limite de remboursement du 31 décembre est tout simplement impossible à respecter, ce qui reflète l’état général de notre industrie, indique Olivier Bourbeau, vice-président Affaires fédérales et Québec pour Restaurants Canada. Les défis opérationnels post-pandémie, tels que l’inflation, les pénuries de main-d’œuvre et les obstacles à la chaîne d’approvisionnement diminuent davantage la rentabilité de ces entreprises et prolongent l’ensemble du processus de relance du secteur. »

Demandes de prolongation

Restaurants Canada demande au gouvernement fédéral d’adopter sa proposition de remboursement du CUEC qui figure dans le mémoire prébudgétaire fédéral de 2023 de l’association. Dans ses recommandations, elle demande au Parlement d’accorder aux petites entreprises en difficulté une prolongation de 36 mois pour le remboursement des prêts, selon un modèle de réduction du prêt-subvention.

« Des milliers de petits restaurateurs indépendants sont au bord du gouffre à cause de leurs dettes envers le CUEC. Nous demandons donc à la vice-première ministre de prendre des mesures concrètes en adoptant notre proposition de remboursement afin d’assurer leur survie, ajoute Olivier Bourbeau. Nous approchons de la haute saison estivale de notre secteur. Cependant, comme la moitié des entreprises de services alimentaires fonctionne actuellement à perte ou atteint tout juste le seuil de rentabilité et que 80 % d’entre elles font moins de bénéfices aujourd’hui qu’avant la pandémie, nombre de nos membres réfléchissent à la possibilité de rester ouverts et de continuer à s’endetter, ou de fermer leur entreprise et de déclarer faillite. Une décision relativement au CUEC avant la saison estivale est indispensable pour offrir aux petites entreprises une certaine prévisibilité. »

La FCEI a pour sa part recueilli la signature de plus de 19 000 propriétaires de PME, qui ont demandé au fil du temps des améliorations aux programmes d’aide COVID-19 et maintenant le report de la date limite du remboursement des prêts du CUEC. La FCEI a envoyé une lettre à la vice-première ministre Chrystia Freeland, et enverra à tous les députés fédéraux une version de cette lettre demandant au gouvernement de s’assurer que les PME disposent notamment de plus de temps pour rembourser leurs dettes.

Alors qu’il ne reste plus que quelques semaines avant que la Chambre des communes ne se retire pour l’été, le 23 juin prochain, la FCEI demande au gouvernement fédéral de reporter la date de remboursement des prêts du CUEC jusqu’en décembre 2025 ou au moins 2024, d’envisager l’augmentation de la portion subvention et de mettre en place un processus d’appel pour les bénéficiaires des prêts du CUEC qui sont maintenant jugés inadmissibles. « Il n’est pas trop tard pour qu’Ottawa agisse, appuie Jasmin Guénette. En raison de l’incertitude économique et du niveau élevé d’endettement, l’obligation de rembourser les prêts du CUEC d’ici la fin de l’année 2023 pourrait forcer de nombreuses entreprises à jeter l’éponge. »

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